Entreprises / Actions / Atos / Sycomore / Léo Apotheker
Entreprises / Actions
Atos / Sycomore / Léo Apotheker
Le conseil d'administration d'Atos n’aime pas être déstabilisé / Le board pointe certaines incohérences de Sycomore
La passe d’armes entre Sycomore Asset Management et le conseil d’administration d’Atos promettait d’être vive en vue de l’assemblée générale du groupe programmée le 28 juin prochain. Elle tient ses promesses, alors que les deux camps se rendent coup pour coup depuis quelques jours.
L'entreprise avait déjà peu goûté la proposition du gestionnaire d’actifs de nommer Léo Apotheker comme président du groupe de services du numérique à la place de Bertrand Meunier, en poste depuis 2019.
Il n’a pas davantage apprécié les propos tenus par celui-ci au Figaro. L’ancien directeur général de SAP et de Hewlett Packard, jugeant "inadmissible " de "voir un fleuron comme Atos, avec ses activités technologiques de pointe, mettre dans une situation de danger aussi bien la souveraineté française que ses employés et ses clients ", en écho au bilan désastreux du board actuel pointé par Sycomore AM pour justifier son action.
De même, Léo Apotheker a emboîté le pas de la société de gestion sur le manque de compétence du conseil d’administration d’Atos dans le domaine technologique et numérique, jugeant "aberrant que le conseil d’Atos n’ait pas au moins un tiers de ses membres qui comprennent vraiment les métiers et les technologies". Des critiques qui épargnent le management que Léo Apotheker juge "très compétent", ainsi que la stratégie qui semble aller selon lui "dans la bonne direction".
Et ce tandis que Sycomore AM poursuit sa montée au capital d’Atos. Le gestionnaire d’actifs a informé l’Autorité des marchés financiers avoir franchi à la hausse le seuil de 3% du capital et des droits de vote.
En réponse, le conseil d’administration et son management se sont élevés mardi contre "les tentatives de déstabilisation et de dénigrement du groupe", non sans pointer l’incohérence de propos critiquant le fonctionnement du conseil d’administration tout en validant la stratégie et la qualité des dirigeants. Mais surtout, "un changement à la tête du conseil d'administration déstabiliserait le groupe et irait à l'encontre de son intérêt social ", a réagi Liz Tinkham, fraîchement nommée administratrice référente de l’entreprise.
Il est vrai que la société est mobilisée pour mettre en œuvre un redressement qui avance plus vite que prévu pour ce qui est des métiers historiques d’infogérance regroupés dans l’entité baptisée Tech Foundations. Des progrès qui d’ailleurs contribuent à alimenter les rumeurs de sa vente possible, alors que des discussions sur le sujet avec l’homme d’affaires tchèque Daniel Kretinsky remontent déjà à plusieurs mois.
Tandis que Sycomore AM déplore qu’une part importante des nouveaux administrateurs entrés au conseil depuis trois ans viennent pour la plupart du monde financier, cette prépondérance des financiers trouverait une certaine justification dans un scénario, loin d’être exclu, de cession de Tech Foundations, avec les banquiers comme principaux acteurs. Ce qui ne veut pas dire qu’une telle vente précipitée serait avisée étant donné qu’elle se ferait encore potentiellement avec une valeur négative à ce stade.
Et ce alors que le conseil d’administration cherche toujours à céder une part significative du capital d’Eviden, l’autre entité d’Atos, regroupant elle les activités en croissance, qui doit être introduite en Bourse au second semestre.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

