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délais de paiement / PME / France

Les PME restent en première ligne en matière de délais de paiement / Malgré une évolution encourageante, leur trésorerie est la plus pénalisée

Les délais de paiement continuent de se résorber. Une bonne nouvelle pour les entreprises françaises, même si les liquidités des petites et moyennes entreprises sont encore les plus touchées par les retards d’encaissement. Pour autant, elles font figure de meilleures élèves quant au respect de ces délais.
Euro (Photo by Torsten Sukrow/SULUPRESS.DE / SULUPRESS.DE / dpa Picture-Alliance via AFP)
Euro (Photo by Torsten Sukrow/SULUPRESS.DE / SULUPRESS.DE / dpa Picture-Alliance via AFP)

L’évolution est encourageante. Les délais de paiement ont été, en 2022, orientés à la baisse tout comme l’année précédente, indique le rapport de l’Observatoire des délais de paiement publié ce mardi. À fin 2022, les retards de paiement s’élevaient à 11,7 jours en moyenne contre 12,4 un an auparavant, rapportent en effet les données d’Altares utilisées dans l’étude de l’Observatoire. Et les "grands retards", soit ceux de plus de 30 jours, sont même retombés à leur niveau d’avant crise sanitaire, la proportion s’élevant ainsi à 6 %.

La réduction des délais de paiement a profité à l’ensemble des secteurs de l’économie, même si certains d’entre eux restent globalement plus concernés par la problématique. L’hébergement, la restauration, le débit de boissons et le transport-logistique présentent en moyenne un délai de paiement de 16 jours, contre 12 jours pour les autres secteurs. Et en fonction de leur taille, les entreprises sont là aussi à différencier.

Du côté des petites et moyennes entreprises (PME), notamment, qui font figure de bonnes élèves. En 2021, la part des PME et des entreprises de taille intermédiaire (ETI) ayant réglé leurs factures sans retard, c’est-à-dire en moins de 60 jours, a augmenté. En effet, 74 % des PME n’ont pas accusé de retard pour payer leurs fournisseurs en 2021. Une proportion supérieure à celle des ETI (à 53 %) et qui dépasse, de loin, celle des grandes entreprises. Elles n’ont été que 39 % à respecter le délai de 60 jours pour payer leurs fournisseurs sur la période.

 

Paradoxal

 

Bonnes élèves donc, même si elles sont en parallèle les plus pénalisées par les retards de paiement, explique l’Observatoire. En effet, le rapport estime qu’en l’absence de retards de délais de paiement, la trésorerie des PME se trouverait renflouée de 12 milliards d’euros, selon les chiffres de la base FIBEN. En revanche, pour les ETI, le déficit de liquidités lié aux retards de paiement ne s’élèverait qu’à 1 milliard d’euros. Une situation d’autant plus préoccupante pour les PME car en plus de représenter, donc, un manque à gagner de 12 milliards d’euros, le fait de s’affairer à recouvrer les créances demande de déployer des moyens supplémentaires.

Une problématique qui n’a pas échappé à la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), qui révélait d’ailleurs dans une enquête publiée en novembre dernier que parmi 2 428 dirigeants de TPE et PME interrogés, 38 % des répondants observaient une augmentation des retards ou des incidents de paiement de la part de leurs clients, par rapport à 2021. "Par ailleurs, il s’avère que des entreprises, notamment des grands donneurs d’ordres, ont créé des conditions administratives qui conduisent à une augmentation des délais de traitement des factures", observe le rapport. Et il souligne, à nouveau, qu’outre les conséquences de ces retards qui pèsent sur la trésorerie des PME, ils induisent une charge de travail supplémentaire pour les sociétés qui nécessite une nouvelle allocation des ressources humaines. Le tout, "pour une tâche qui ne devrait pas avoir lieu", pointe l’étude.

Des difficultés qui ne sont, par ailleurs, pas seulement créées par les grandes entreprises, indique l’Observatoire. Car les administrations ne sont pas exemptes de certains retards. "Il importe que le secteur public montre la voie" pour encourager les entreprises à adopter de meilleurs comportements en matière de délais de paiement, pointe le rapport. Si de nouvelles fonctionnalités ont par exemple été ajoutées à la plateforme Chorus Pro - la solution mutualisée de facturations pour les fournisseurs de la sphère publique - afin de faciliter le traitement des factures, le syndicat patronal l’assure : "Redonner confiance aux entreprises par le respect des délais de paiement doit être une priorité pour tous, de manière à inverser cette tendance qui crée une inquiétude et une suspicion des dirigeants à l’égard de leurs clients", fait valoir le rapport de l’Observatoire.

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