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Evenements / Benoit Bazin / Arnaud Montebourg / la banque postale / Dialogues de l'économie citoyenne / industrie / transition énergétique

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L’industrie discutée par Benoit Bazin et Arnaud Montebourg / Des désaccords et quelques points d'entente aux Dialogues de l'économie citoyenne

Première banque mondiale en matière de RSE selon Moody’s ESG Solutions, La Banque Postale a invité l’ancien ministre et le directeur général de Saint-Gobain à débattre d’industrie et de transition écologique et sociale. Si les origines de l’innovation technologique n’ont pas réussi à les mettre d’accord, ils se sont au moins retrouvés sur la nécessité de réindustrialiser la France et l’Europe.
Benoit Bazin (Photo by Eric PIERMONT / AFP) et Arnaud Montebourg (Photo by Joel SAGET / AFP)
Benoit Bazin (Photo by Eric PIERMONT / AFP) et Arnaud Montebourg (Photo by Joel SAGET / AFP)

La Banque Postale tient, ces 5 et 6 juillet, son édition annuelle des Dialogues de l’économie citoyenne. Un évènement qui réunit divers économistes, dirigeants d’entreprises, acteurs financiers et responsables d’institutions internationales avec un objectif : réfléchir aux grands enjeux des transitions environnementales, sociales et territoriales. Un domaine dans lequel la banque présidée par Philippe Heim peut par ailleurs se targuer d’une certaine connaissance.

En ayant obtenu la note de 74 sur 100 auprès de l’agence de notation extra-financière Moody’s ESG Solutions, La Banque Postale se maintient ainsi au rang de première banque mondiale en matière de responsabilité sociétale des entreprises (RSE). Mais la note concerne, pour la première fois, l’ensemble du groupe La Banque Postale, ce qui signifie que l’intégralité de ses filiales pourra se prévaloir de cette note.

 

Pour maîtriser le sujet

 

Dans le détail, la notation ESG couvre donc l’ensemble des trois critères environnementaux (pour laquelle le groupe a obtenu la note de 76 sur 100), sociaux (pour le même score) et de gouvernance (avec une note de 68 sur 100). Une manière donc d’asseoir sa légitimité dans le domaine de la RSE et de l’ESG, qui lui permet ainsi de réunir diverses personnalités autour de tables rondes pour discuter de ces sujets.

Et la première journée de l’édition 2023 aura, entre autres, été l’occasion pour l’ancien ministre de l’Economie, du Redressement productif et du Numérique de France Arnaud Montebourg, pour le directeur général de Saint-Gobain Benoit Bazin et pour l’économiste américain du climat Gernot Wagner de s’interroger sur les liens entre la réindustrialisation de l’Europe et la transition écologique.

Mais si les intervenants se sont tous trois accordés sur les liens fondamentaux qui lient l’industrie et transition écologique et sociale, leurs avis ont différé quant à l’origine des innovations qui pourraient le permettre. En effet, pour l’ancien locataire de Bercy, " […] certains disent que la décarbonation arrivera par les innovations technologiques. Même Jean Pisani-Ferry, qui est un libéral, a expliqué dans son dernier rapport que cela n’arriverait pas et que la transition s’opérera seulement par l’intervention de l’Etat. Mais à un moment où l’Etat est, en France, n’a pas tellement de légitimité et où les politiques européennes peinent à être mises en place… j’ai donné la feuille de route. Bon courage !", s’est-il ainsi adressé à Benoit Bazin.

 

La source

 

Pour le directeur général de Saint-Gobain, au contraire : "Face aux multiples défis auxquels nous allons devoir faire face et notamment ceux qui concernent le climat, l’innovation technologique dans l’industrie apparaît naturellement. Oui, l’innovation technologique vient de l’industrie et non pas de l’e-commerce. Quand nous avons fait face à la crise sanitaire, c’est grâce à l’industrie que de nouveaux vaccins ont pu être produits aussi rapidement. […] Nous avons une capacité à nous réinventer, par exemple dans le fait de raccourcir nos chaînes de valeur. Saint-Gobain a 800 usines dans le monde, nous ne construisons pas partout de la même manière. Cela s’organise localement, pour s’adapter au marché mais aussi parce que les matériaux ont un coût de transport. […] Par exemple, nous allons chercher le gypse dans les carrières de Seine-Saint-Denis pour approvisionner nos usines en Ile-de-France".

Benoit Bazin a également tenu à rappeler qu’outre son rôle à jouer dans la transition écologique, l’industrie avait également ses cartes à jouer en ce qui concerne un critère de l’ESG parfois plus oublié, soit celui du social : "L’industrie est même essentielle à la démocratie, car c’est le premier facteur d’ascenseur social. C’est elle qui fait la classe moyenne. Quand vous êtes ouvrier chez Saint-Gobain, vous pouvez devenir ouvrier supérieur, puis vous faire former par le groupe et devenir directeur d’usine".

 

L’IRA dans la danse

 

Un rôle, donc, à jouer pour l’industrie dans la transition sociale et écologique. Si les avis ont tendu à différer quant à l’origine des innovations qui permettront de décarboner le secteur et d’inventer celles qui accéléreront ce mouvement, ils se sont en tout cas rejoints sur la nécessité de lui redonner ses lettres de noblesse à l’industrie tricolore.

"Nous avons négligé l’industrie pour financiariser nos économies. Elle est pourtant vitale à la souveraineté de nos pays", a par exemple soutenu Benoit Bazin. Arnaud Montebourg a quant à lui souligné : "Le juge de paix, [en matière d’industrie, ndlr], est la balance du commerce extérieur. Nous sommes en déficit de 156 milliards d’euros alors que l’Allemagne est en bénéfice de 200 milliards d’euros".

Et le Vieux continent s’est, de plus, fait dépasser dans la course à la réindustrialisation (décarbonée) par les Etats-Unis et son ambitieux Inflation Reduction Act, soit un plan d’investissement public de plusieurs centaines de milliards de dollars. Et Gernot Wagner de souligner : "Internaliser les externalités à l’aide de subventions est toujours une conversation éminemment politique. […] Mais la politique européenne a aussi ses avantages : ils n’ont, par exemple pas de prix du carbone aux Etats-Unis. En Europe, les subventions peuvent être beaucoup plus ciblées. […] Dans tous les cas, c’est la planète Terre qui en sortira gagnante".

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