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Feuilleton de l'été / Portraits / Caroline Gibon / Thales

Feuilleton de l'été
Portraits / Caroline Gibon / Thales

exclusif Série d’été - ces jeunes talents qui construisent la France de demain / Caroline Gibon, directrice de l’Intelligence et de la stratégie RSE du groupe Thales

EXCLUSIF. Spécialiste du secteur aérien et de la transition énergétique, cette ancienne de la Direction générale de l’aviation civile a rejoint le secteur privé en début d’année. Le groupe Thales lui a, en effet, créé un poste sur-mesure au sein de sa nouvelle direction RSE. Sa mission : diffuser l’esprit environnemental dans toutes les activités de l’entreprise mais aussi chez ses fournisseurs.
Caroline Gibon, directrice de l’Intelligence et de la stratégie RSE du groupe Thales (©Thales)
Caroline Gibon, directrice de l’Intelligence et de la stratégie RSE du groupe Thales (©Thales)

L’on peut faire partie du secteur aérien et être distingué par le Carbon Disclosure Project pour son action en faveur du climat. Le groupe Thales, qui depuis plus de 20 ans, conduit une politique volontariste en matière de protection de l’environnement et de RSE (responsabilité sociétale des entreprises), le prouve.

Ce n’est pas pour rien que l’entreprise dirigée par Patrice Caine a adopté en 2020 sa raison d’être "Construisons ensemble un avenir de confiance". Mieux, l’entreprise a décidé d’aller plus loin en créant l’année dernière une direction RSE intégrée et placée sous la tutelle de la secrétaire générale de l’entreprise, Isabelle Simon. "Nous avions besoin de nous doter d’une organisation à la mesure de la montée en puissance des enjeux RSE. Jusqu’à récemment, ces sujets étaient traités par les entreprises surtout sous l’angle de la conformité aux différentes législations et réglementations et aussi dans une optique de communication citoyenne. Aujourd’hui, la situation n’est plus la même. Ces thématiques sont identifiées comme des priorités stratégiques", indiquait-elle au moment de l’instauration de cette nouvelle direction.

 

Un travail collectif à mener

 

C’est dans ce contexte que Caroline Gibon, ancienne de la Direction Générale de l’Aviation Civile (DGAC), a rejoint Thales en janvier dernier pour devenir directrice de l’Intelligence et de la stratégie RSE du groupe. "Il s’agit d’une création de poste. L’enjeu est que nous travaillions avec nos relais dans toutes les fonctions et les grandes business unit de l’entreprise pour créer et produire des solutions durables. L’idée est aussi d’aider nos fournisseurs à se transformer en les incitant à mesurer leurs émissions de CO2, ce qui est bénéfique pour l’ensemble de la chaîne de la valeur. Surtout, nous ne souhaitons pas seulement nous transformer, nous voulons aussi faire de notre politique un élément de différenciation face à nos concurrents", explique la femme de 34 ans, dans un entretien accordé à WanSquare, et que l’on sent pleinement impliquée dans sa mission malgré sa récente arrivée au sein de groupe. "C’est normal, c’est le reflet du dynamisme et du travail collectif mené dans l’entreprise sous l’impulsion de notre directeur général, Patrice Caine et de notre secrétaire générale, Isabelle Simon ", fait observer Caroline Gibon.

 

Une fibre environnementale

 

Elle a rencontré les équipes de Thales alors qu’elle était depuis janvier 2022 sous-directrice adjointe du développement durable de la DGAC. "Le développement durable m’a toujours énormément intéressée. Lorsque j’étais étudiante à Sciences Po, en 2007 nous avions créé avec un autre camarade ‘Sciences Po Environnement’. Nous avions réalisé le premier bilan carbone de l’école. Avec cette mission de la DGAC, j’avais l’occasion d’appliquer cette passion au secteur aérien qui représente au niveau mondial 3 % des émissions de CO2. Les problématiques ESG de l’aérien que j’ai eu à traiter étaient de deux ordres : le secteur est non seulement concerné par la décarbonation mais aussi par les nuisances sonores pour les riverains", relate celle qui est également diplômée d’un master de l’Ecole Polytechnique et de l’ENA (promotion Winston Churchill).

C’est ainsi que pendant un an, elle ira à la rencontre d’industriels pour établir une trajectoire de transition énergétique correspondant à la politique publique menée par l’Etat. "Ce n’était pas évident car cela pose des questions économiques et de concurrence internationale d’autant que l’exigence de l’Etat français ou de l’Union européenne en la matière n’est pas forcément la même que celle exercée par les autres pays, ce qui peut créer des distorsions de concurrence entre les entreprises", poursuit Caroline Gibon.

 

Une première ligne dès ses débuts

 

Au total, elle aura passé 5 ans au sein de la DGAC qu’elle a rejointe en 2016 après différents stages obligatoires effectués dans le cadre de l’ENA (Ambassade de la France en République tchèque, préfecture des Pyrénées-Atlantiques où vivait sa grand-mère et au sein du groupe Bolloré à la direction médias). "Il s’agissait d’un poste de régulation économique du secteur aérien et de gestion des contrats de concessions aéroportuaires. Cela résonnait avec mes études et ma spécialisation en finances et économie à Sciences Po. J’avais envie d’un lien avec le monde économique ", relate-t-elle.

De cette première responsabilité, elle retiendra sa participation au comité de direction finance de l’aéroport de Bâle-Mulhouse. "J’étais toute jeune, je représentais l’Etat français et j’étais présente lors des négociations des traités bilatéraux avec la Suisse. Par ailleurs, j’ai aussi collaboré à l’élaboration d’une réforme visant à créer une nouvelle autorité administrative qui fasse office de régulateur. Rôle que jouait jusqu’alors la DGAC et qui n’avait plus le droit de le faire à la suite d’une décision du juge administratif qui ne l’estimait pas suffisamment indépendante ", relate Caroline Gibon.

Un début de carrière intellectuellement très riche alors qu’en parallèle elle donne des cours à Sciences Po. "Je fus maître de conférences en économie pendant trois semestres pour des étudiants désireux de préparer l’ENA. Cette expérience m’a donné beaucoup de travail car il fallait préparer longuement les cours avant de pouvoir les dispenser mais a été très enrichissante", se souvient-elle.

 

Une femme de challenge

 

La seule infidélité qu’elle fera au secteur de l’aviation, au cours de sa carrière, sera son poste de directrice de l’ouverture à la concurrence des trains régionaux (TER) entre 2020 et 2022. "Nous étions incités à faire de la mobilité au sein de la fonction publique afin de nous améliorer professionnellement. La DGAC m’avait donc permise de suivre cette mission inédite qui reste malgré tout dans le domaine des transports même si le ferroviaire est vraiment un monde à part ", concède Caroline Gibon.

Pour cette mission, elle partira donc s’installer à Marseille. "Ce fut un sacré challenge car nous avons tout mené de bout en bout en deux ans. Et nous avons finalement réussi à attribuer deux contrats, l’un à la SNCF et l’autre à Transdev", se félicite-t-elle.

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