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Rhin; Berlin; délais de crédit

Macro-économie / Taux / Coface / Allemagne / paiements

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Coface / Allemagne / paiements

Dur retour à la réalité pour les entreprises allemandes / Les délais de paiements se dirigent vers leurs niveaux d’avant crise

Les aides gouvernementales de ces dernières années s’estompent et avec elles le quotidien des entreprises allemandes se rapproche de celui qu’elles connaissaient auparavant. En conséquence les données sur les retards de paiements se dégradent et regagnent peu à peu leurs niveaux de 2019.
Un défi de plus pour Olaf Scholz, le chancelier allemand. Nicolas Economou / NurPhoto / NurPhoto via AFP
Un défi de plus pour Olaf Scholz, le chancelier allemand. Nicolas Economou / NurPhoto / NurPhoto via AFP

Après la fin de la crise, vient le retour des retards de paiement. L’économie allemande n’échappe à ce phénomène induit par l’arrêt progressif des aides gouvernementales. Un constat rapporté par l’enquête Coface 2023 sur les comportements de paiement en Allemagne, un document qui constate tout particulièrement une forte dégradation en un an dans les secteurs de l’automobile, des transports. Ces derniers voyant les niveaux des retards de paiements déclarés dépasser ceux enregistrés en 2019.

Pour Coface le constat global est sans appel avec un " nombre d’entreprises déclarant des retards de paiement [qui] s’est normalisé et a augmenté pour atteindre une part de 76 % en 2023, nettement supérieure à celle de la période 2020-2022, mais pas aussi élevée qu’en 2019 (85 %)". La situation du tissu économique allemand serait donc toujours entre deux rives mais se rapprocherait inexorablement de celle côtoyée avant ces années d’aides gouvernementales.

 

Horizon bien sombre

 

Preuve en est que la situation ne devrait pas se normaliser de sitôt, alors "que les comportements de paiement restent relativement bons malgré cette dégradation, les entreprises sont très pessimistes quant à leurs perspectives commerciales". Tant par une perception de la situation actuelle qui est qualifiée de "particulièrement négative cette année, puisque seuls 13 % des participants pensent que leur situation est meilleure qu’en 2022, tandis que 41 % la perçoivent comme plus mauvaise ", que pour l’année prochaine avec 28 % d’entre elles qui "se préparent à des perspectives encore plus sombres" et uniquement "20 % des participants [qui] s’attendent à un redressement de leur entreprise".

La durée moyenne des retards de paiement communiquée par Coface s’inscrit dans cette optique ; elle a augmenté "pour atteindre 30,1 jours en 2023 (+1,4 jour par rapport à 2022), ce qui reste sensiblement inférieur à la moyenne prépandémique de 39,7 jours". Ce sont les entreprises du secteur financier "ont dû se montrer les plus patientes, avec un retard moyen de 39,2 jours ".

 

À double tranchant

 

L’économie allemande ne reste pas les bras croisés face à la détérioration de sa situation mais paradoxalement certains des choix posés privilégient la sécurité à l’attractivité. Un changement que les équipes de Coface voient en partie "comme le résultat des stratégies de réduction des risques des entreprises allemandes, qui tentent de réduire leur dépendance à l’égard d’un pays, d’un fournisseur ou d’un client ". Rien qu’en 2023, ce seraient près de " 12 % des entreprises participantes ont déjà opté pour le ‘derisking' (l’atténuation des risques), le secteur du textile étant le plus touché par ce phénomène. Au cours des trois prochaines années, 25 % des entreprises allemandes interrogées dans le cadre de notre enquête prévoient d’utiliser une stratégie de 'derisking’ pour leurs activités".

Petite surprise dans la publication, qui relève que la baisse de la demande chinoise "n’a été que rarement citée dans notre enquête comme une grande menace pour les activités d’exportation, malgré les performances décevantes de l’économie chinoise depuis le début de l’année". A contrario l’incertitude politique est actuellement considérée comme l’une des risques majeurs à l’export pour les mois à venir.

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