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Worldline cède enfin les terminaux de paiement d’Ingenico
Fin du suspense. Worldline a confirmé l’existence de négociations exclusives avec le fonds américain Apollo pour lui vendre TSS, l’activité de terminaux de paiement d’Ingenico. Les protagonistes se sont mis d’accord sur un montant en valeur de marché actuelle de 2,3 milliards d’euros : il se décompose en un versement de 1,7 milliard lors de la signature définitive, complété par l’octroi d’actions de préférences. Celles-ci commenceront à être comptabilisées 600 millions d’euros dans le bilan de Worldline à partir du moment où les objectifs du plan de relance de TSS seront atteints à 80%, mais dont la valeur sera portée à 900 millions si le seuil des 90% était franchi.
Worldline peut donc se retrouver exposé à TSS avec une participation au capital. C’est un élément qui assure un minimum d’alignement d’intérêt entre le vendeur et l’acheteur, très recherché par les fonds d’investissement lorsqu’ils réalisent des acquisitions. "La solidité et la qualité du plan de développement de TSS partagé entre les différentes parties ont conduit Worldline à vouloir rester associé à la création de valeur future aux côtés des fonds Apollo au travers de la détention d'actions de préférence. Ces actions, dont la valeur sera directement corrélée à la création de valeur future réalisée par TSS sous l'actionnariat des fonds Apollo au moment de sa sortie, reposent sur un principe d'alignement des intérêts entre Worldline et les fonds Apollo", indique d’ailleurs le vendeur.
Autre décision qui atteste de la poursuite de relations entre le pôle et sa maison-mère, TSS, qui sera dirigé par son responsable actuel, Matthieu Testot, et Worldline ont signé un partenariat commercial d’une durée de cinq ans.
La cession conduira Worldline à passer une dépréciation comptable d’environ 900 millions d’euros, un montant qualifié de "prudent", qui repose sur l’écart entre la valeur de TSS au moment de la vente et celle qui a été définie dans le bilan du groupe au moment du bouclage de l’acquisition d’Ingenico en février 2020 pour 7,8 milliards d’euros, avant la pénurie mondiale des composants électroniques provoquée par la crise sanitaire.
La vente à Apollo est une bonne nouvelle pour Worldline. Le prix obtenu est dans la fourchette haute des estimations des analystes. La vente referme un dossier qui n’a que trop traîné : le groupe avait déçu les investisseurs en octobre dernier en ne fournissant aucune précision sur l’avancée du dossier – il est finalement allé assez vite. Worldline va pouvoir aller de l’avant. Quasiment désendetté grâce à l’opération, le groupe sera totalement concentré sur les services de paiement (sans activité de hardware). Une nature de pure player qui facilitera également ses velléités de croissance externe. L’opération "procurera à la firme des liquidités supplémentaires pour de prochaines acquisitions (ce qui constitue un volet de sa stratégie de croissance) et prendre l’avantage sur son premier concurrent direct Nexi", relève également un analyste.
La cession de TSS met donc fin à un flux de nouvelles négatives pour Worldline ces derniers mois, entre les restrictions de déplacement imposées aux non-vaccinés décidées par les pays germanophones (qui représentent 30% de ses revenus), le parcours boursier désastreux de l’indien Paytm après son IPO (qui peut porter préjudice aux valorisations dans le secteur) ou encore l’annonce de l’arrivée d’Apple sur le marché des terminaux de paiement du futur.
Worldline est conseillé par UBS et BNP Paribas et le cabinet d’avocats Latham & Watkins. Apollo l’était par HSBC et la Société Générale, ainsi que par les cabinets Paul Weiss Rifkind Wharton & Garrison et Cleary Gottlieb Steen & Hamilton.
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