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Evenements / Philippe Guillemot / Vallourec / New Vallourec / Capital markets day

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Philippe Guillemot / Vallourec / New Vallourec / Capital markets day

exclusif Où en est le nouveau Vallourec ? / Philippe Guillemot a pris rendez-vous avec ses investisseurs

EXCLUSIF. Le Capital Markets Day de Vallourec, organisé cette semaine à Londres, aura permis au président-directeur général de Vallourec de présenter à la communauté financière les avancées réalisées pour redresser le groupe. Paliers franchis, réorganisation, perspectives d'activité, stratégie ESG et prochaines échéances : dans un entretien accordé à WanSquare, Philippe Guillemot revient sur la mise en œuvre du plan "New Vallourec".
Philippe Guillemot (DR)
Philippe Guillemot (DR)

Cela faisait dix ans que Vallourec n’avait pas organisé de journée investisseurs. Pour cette édition 2023 - et animée pour la première fois par le président-directeur général (P.-D.G.) Philippe Guillemot qui a pris ses fonctions en 2022 - c’est à Londres que le spécialiste des tubes sans soudure a décidé de retrouver la communauté financière. "Cette semaine a été importante pour Vallourec. Nous avons tenu notre premier Capital Markets Day (CMD) en dix ans, qui vient clore une période difficile pour le groupe. Après dix-huit mois passés à la tête de l’entreprise, je peux dire que nous avons déjà beaucoup accompli pour transformer Vallourec", souligne Philippe Guillemot, à l’occasion d’un entretien accordé à WanSquare.

Un évènement donc important pour l’entreprise comme pour ses investisseurs. D’une part parce qu’ils n’avaient donc pas eu rendez-vous de longue date. D’autre part parce qu’il aura été l’occasion de faire un point d’étape sur le plan stratégique du sidérurgiste "New Vallourec", mis en place à l’arrivée du P.-D.G. dans ses fonctions. L’objectif était alors clair. Faire renouer le groupe avec la rentabilité, ce qui nécessiterait de s’appuyer sur trois leviers : mettre fin aux pertes, privilégier la valeur aux volumes et réduire l’endettement. Et, surtout, rendre le groupe plus résilient et résistant aux éléments macroéconomiques extérieurs.

 

La profitabilité en ligne de mire

 

Plusieurs étapes ont déjà été franchies pour se rapprocher de cet objectif, avec notamment la fermeture des usines outre-Rhin. "Pourquoi l’Allemagne ? Depuis des années, le groupe n’avait cessé d’enregistrer des pertes significatives dans cette région, notamment en raison de la quasi-absence de marché Pétrole et Gaz ainsi que des coûts de production élevés, aggravés par la hausse des prix de l’énergie. Aujourd’hui, il n’y a plus de place pour des actifs incapables de générer de la profitabilité", explique Philippe Guillemot. "New Vallourec, c’est une nouvelle approche stratégique qui vise à privilégier la valeur par rapport aux volumes et non plus la course au volume pour le volume. Il s’agit désormais d’orienter nos capacités vers les produits de haute technologie à forte valeur ajoutée et que nous pouvons donc vendre à des prix permettant d’augmenter notre profitabilité", poursuit-il. Au terme de l’exercice 2022, le prix de vente moyen des tubes de Vallourec a par exemple progressé de 40 % sur un an.

L’empreinte industrielle du groupe est donc désormais simplifiée : la production se situe majoritairement aux États-Unis, en Chine et au Brésil. Une organisation davantage stratégique, qui permet aussi au groupe de se concentrer sur ses actifs les plus performants. "La fermeture des sites de production en Allemagne s’accompagne du transfert des volumes Pétrole et Gaz vers notre usine de Jeceaba au Brésil, dans laquelle le groupe avait investi des sommes importantes et dont le potentiel était jusqu’à présent sous-exploité. Nous déployons un plan d’investissement de 110 millions d’euros sur deux ans afin d’utiliser pleinement cet outil", indique le P.-D.G.

 

Une demande qui devrait rester soutenue

 

Outre ce plan stratégique visant à réformer l’entreprise et à dynamiser ses performances financières, Vallourec pourra à l’avenir bien sûrement également profiter de marchés porteurs dans le pétrole, le gaz et les nouvelles énergies. Sur les deux premiers points, l’entreprise souligne notamment des sous-investissements dans l'exploration et la production au cours de la décennie précédente, associés à des perspectives de demande de croissance continue au niveau mondial. De quoi entraîner une attente pour les activités historiques de Vallourec : l’Agence internationale de l’énergie a d’ailleurs annoncé, en début de semaine, entrevoir un pic de la demande pour l’ensemble des énergies fossiles (pétrole, gaz et charbon) dans les années à venir.

"Nous n’avons aucun doute sur le fait que le marché Pétrole & Gaz restera porteur pour nos produits dans les prochaines années", assure ainsi Philippe Guillemot. Pour autant, les nouvelles énergies auront aussi leur rôle à jouer dans le tonus de l’activité. "Nous nous attachons à diversifier notre offre de produits pour servir aussi les marchés des énergies nouvelles", souligne le P.-D.G. de Vallourec. D’ici 2030, le groupe souhaite que ce segment représente 10 % à 15 % du résultat brut d’exploitation.

 

Un hydrogène sécurisé

 

À ce sujet, le séminaire investisseurs aura aussi été l’occasion pour l’industriel de présenter pour la première fois son concept de stockage vertical de l’hydrogène. "Nous construisons un prototype, développé dans notre centre de recherche et développement du Nord de la France, qui permet de stocker l’hydrogène comprimé en grande quantité. Et, surtout, en sécurité", fait valoir Philippe Guillemot.

Un axe de sécurité qui se place d’ailleurs au cœur de la stratégie environnementale, sociale et de gouvernance (ESG) du groupe, notamment en ce qui concerne le pilier social. Sur la gouvernance, aussi, le "New Vallourec" a insufflé de nombreux changements. Le comité exécutif et l’équipe dirigeante ont été renouvelés afin de s’aligner plus particulièrement sur la nouvelle stratégie.

 

Des échéances à venir

 

Il reste l’environnement, évidemment. "L’objectif est simple. À l’horizon 2030, nous visons une réduction de 30 % de nos émissions de CO2 par rapport à 2021. Et d’ici à 2035, une réduction de 35 %. L’empreinte carbone de nos tubes est déjà la plus faible de notre industrie. Notre système de production intégré au Brésil y contribue sensiblement", précise le P.-D.G. L’acier qui y est produit l’est en effet à partir de ferraille recyclée ou fabriquée dans fourneaux alimentés par un bois issu des forêts du groupe. Également, l’électricité consommée dans les sites du pays est essentiellement d’origine hydraulique.

Le redressement semble donc enclenché et Vallourec garde le cap sur le futur. Un palier sera-t-il franchi en 2025 ? C’est en tout cas la date à laquelle le groupe envisage d’atteindre la dette nette zéro et de recommencer à distribuer des dividendes à ses actionnaires. Mais d’autres échéances sont à prévoir en amont. "Tout d’abord, l’exercice 2024 sera le premier à profiter pleinement de la nouvelle organisation industrielle de Vallourec. Nous maintenons par ailleurs notre objectif de réduire la dette nette à zéro en 2025 au plus tard et nous nous attachons à réunir les conditions nous permettant de distribuer des dividendes potentiellement à partir de 2025. Nous ambitionnons un ratio de retour sur investissement de 80 % à 100 % de la génération de trésorerie excédentaire, en ligne avec les ratios de distribution les plus élevés du secteur. À plus court terme et pour ce qui concerne notre développement dans le secteur des énergies nouvelles, la première échéance est dès la fin 2023. Nous saurons alors si notre démonstrateur à hydrogène fonctionne. Les premiers projets utilisant cette solution pourraient démarrer en 2025", prévoit ainsi Philippe Guillemot.

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