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L’Europe ne doit pas s’inquiéter outre mesure de l’IRA / Sa compétitivité énergétique est plus préoccupante
Le couple franco-allemand, composé de Conseil d’analyse économique (CAE) et le Conseil allemand des experts économiques (GCEE), est cette fois d’accord pour appeler à "repenser soigneusement la stratégie industrielle européenne". Les deux entités réunies au sein du Conseil franco-allemand des experts économiques (FGCEE) ont statué que "le niveau de financement global des divers programmes déjà lancés par l’UE pour atteindre les objectifs climatiques et faciliter la transition verte est comparable à celui de l’IRA".
Après avoir été agité tel une épée de Damoclès durant des mois, voilà qu’il est question de "l’IRA en lui-même [qui] est petit, tout comme le seront ses effets macroéconomiques agrégés". Certes, il est reconnu que certaines industries peuvent être davantage incitées à investir aux États-Unis plutôt que dans l’Union européenne (UE) grâce aux montants alloués, il n’en demeure pas moins que le travail du FGCEE n’a pas permis "d’établir un lien entre l’IRA et des risques importants pour l’UE". De quoi appeler à "éviter une course aux subventions avec les États-Unis et au sein de l’UE" et à se concentrer pleinement à l’amélioration de la compétitivité énergétique du Vieux continent.
Le véritable péril américain
L’IRA en tant que tel n’inquiète donc pas outre mesure les économistes français et allemands, c’est davantage à leurs yeux "les écarts de prix de l’énergie existants et importants qui risquent d’avoir un impact substantiel sur l’attractivité de l’Europe et la compétitivité de ses industries". Ils attendent des décideurs européens qu’ils s’attachent au "déploiement des sources d’énergie renouvelables afin de renforcer l’approvisionnement énergétique". Ils sont bien obligés de constater que leurs deux pays, censés être le moteur de l’UE ont choisi des voies différentes et espèrent "un soutien mutuel, notamment par le biais d’un système d’échange d’informations" entre Berlin et Paris.
Là où le combat d’Emmanuel Macron, pour faire bénéficier l’industrie nucléaire du même cadre de financement appliqué aux énergies renouvelables, rencontre peu d’échos outre-Rhin, il est notable de souligner qu’il est suggéré de désigner "les centrales nucléaires et les centrales à gaz à hydrogène comme des technologies de transition sur la voie du développement durable". Ce qui doit se penser dans un cadre plus global où les deux pays travailleraient en commun pour construire un marché de l’électricité européen plus résilient, à l’aune de la réforme des marchés européens de l’électricité. Le FGCEE considère qu’il est essentiel d’en faire "l’élément central de toute politique industrielle verte européenne, le marché de gros étant l’élément central de toute politique industrielle verte européenne". Plutôt que de se lancer dans une guerre concurrentielle avec Washington, les experts s’accordent sur l’importance de construire la souveraineté de la production d’énergie en Europe, que ce soit concernant la construction d’un appareil productif ou la sécurité des approvisionnements.
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