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Eric Coquerel réélu à la tête de la Commission des finances de l’Assemblée nationale / Une entente pour le moins inattendue avec le rapporteur général du Budget

Sans surprise, et ce malgré les souhaits de quelques députés de la majorité présidentielle de voir Eric Coquerel quitter la présidence de la Commission des finances de l’Assemblée nationale, le député Insoumis a été réélu ce lundi soir. Et alors que l’on aurait pu s’attendre à de belles passes d’armes entre l’élu de Seine-Saint-Denis et le rapporteur général du Budget, Jean-René Cazeneuve, que tout oppose, force est de constater que les deux parlementaires ont su travailler ensemble.  
Le rapporteur général du Budget, Jean-René Cazeneuve et le président de la Commission des finances, Eric Coquerel (Photo by Emmanuel DUNAND / AFP)
Le rapporteur général du Budget, Jean-René Cazeneuve et le président de la Commission des finances, Eric Coquerel (Photo by Emmanuel DUNAND / AFP)

Dans le collimateur des députés Renaissance depuis qu’il a refusé de déclarer irrecevable la proposition de loi LIOT sur l’abrogation de la réforme des retraites en mai dernier, certains élus de la majorité présidentielle rêvaient de le voir quitter la présidence de la prestigieuse Commission des finances de l’Assemblée nationale. Il n’en sera finalement rien. L’Insoumis Eric Coquerel a été réélu à son poste ce lundi soir. Rappelons que, depuis 2007, l’usage veut que la présidence de la Commission des finances de l’Assemblée nationale revienne à un membre de l’opposition.

 

A priori pas fait pour les finances

 

Lors de sa première élection, en juin 2022, rien ne prédestinait Eric Coquerel, 64 ans, député depuis 2017, à prendre la tête de cette commission. Même s’il en était membre durant la législature précédente, ses sujets de prédilection étaient davantage la défense des "quartiers" et la lutte contre l’islamophobie. Très proche de Jean-Luc Mélenchon, ce trotskiste a débuté sa carrière politique très tôt en participant dès l’âge de 14 ans aux manifestations contre la suppression des sursis militaires prévue dans la loi Debré en 1973. Il rejoindra en 1981 la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) puis le Mouvement républicain et citoyen en 2002 dont il deviendra secrétaire national. Il fondera et présidera le Mouvement pour une alternative républicaine et sociale (MARS) un an plus tard, avant de co-fonder le Parti de Gauche (PG) et d’en être le coordinateur.

Parallèlement à son parcours militant, ce passionné de voile - il est l’auteur de nombreux ouvrages tels que "Une solitaire autour du monde" avec la navigatrice Isabelle Autissier ou "Michel Desjoyaux l’enfant de la vallée des fous" - a dirigé en 1990 l’agence de communication maritime Seven Seas puis en 2002 l’agence Effets Mer, qu’il a toutes les deux créées.

 

Une opposition toute relative

 

Si certains élus le jugent incompétent à la tête de la Commission des finances, et notamment l’ancienne patronne des Renaissance, la ministre Aurore Bergé, force est de constater que le député de Seine-Saint-Denis, n’a pas chômé durant sa première année de mandat. Certes, l’on ne peut pas parler de "grand soir fiscal" mais l’on retiendra que c’est lui par exemple qui a rendu public un rapport de l’Inspection générale des finances sur les sociétés d’autoroute, dénonçant dans le même la gestion par l’Etat des contrats avec les sociétés concessionnaires.

Il a aussi été particulièrement actif s’agissant de la fiscalité des grands groupes. Il est en effet à l’origine de deux missions, l’une dite "flash" sur les superprofits et l’autre, "d’information", sur le différentiel de fiscalité entre entreprises. Pour cette dernière, il avait d’ailleurs co-conduit les cinq mois de travaux avec le rapporteur général du Budget, Jean-René Cazeneuve. Et malgré les divergences de points de vue concernant l’effort fiscal que doivent fournir les grandes entreprises - avant d’être élu député La République en Marche en 2017, Jean-René Cazeneuve a fait toute sa carrière professionnelle dans le secteur des nouvelles technologies en travaillant successivement chez Compaq, Cisco, Apple dont il a dirigé la filiale française et Bouygues Telecom en tant que directeur général adjoint -, les deux parlementaires sont tout de même parvenus à s’entendre sur pas moins de douze propositions communes, comme notamment le renforcement de la transparence fiscale des entreprises sur la localisation de leurs actifs incorporels, sur les aides publiques qu’elles perçoivent ou encore sur une extension de l’obligation européenne de reporting pays par pays aux entreprises dont le chiffre d’affaires est inférieur à 750 millions d’euros et à l’ensemble des activités hors de l’Union européenne. Une entente d’autant plus inattendue que le rapporteur général du Budget aurait estimé il y a peu "qu’Eric Coquerel fait son job plus que correctement ".

Reste à savoir désormais si les deux hommes s’entendront sur l’examen du projet de loi de finances 2024 qui débute. Pour l’heure, si Eric Coquerel dénonce des mesures de baisse de dépenses publiques qui selon lui "vont s’attaquer encore un peu plus au pouvoir d’achat des Français et notamment des plus défavorisés", Jean-René Cazeneuve a quant à lui défendu de son côté un budget 2024 "de responsabilité au regard l’assainissement des finances publiques et dans le même temps un effort unique exceptionnel sur la transition écologique".

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