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Start-up / Bpifrance / deeptech / Nicolas Dufourcq / Paul-François Fournier / Innovation

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Bpifrance / deeptech / Nicolas Dufourcq / Paul-François Fournier / Innovation

Bpifrance revêt son costume deeptech / Financer plus en amont les start-ups créatrices de valeur

Le secteur créateur d’innovations de rupture a été mis à l’honneur par la banque publique d’investissement, ce mercredi, à l’occasion de l’évènement "La Deeptech voit Big". De quoi rappeler l’importance de cette filière pour l’Hexagone, soutien financier de Bpifrance à l’appui.
La deeptech voit Big (DR)
La deeptech voit Big (DR)

L’année 2023 est résolument placée sous le signe de la deeptech chez Bpifrance. Alors que les résultats semestriels de la banque publique d’investissement témoignaient, en début de semaine, que 72 % de ses investissements sur fonds propres en capital-innovation avaient été déployés vers ce secteur depuis le début de l’année, l’institution dirigée par Nicolas Dufourcq a aussi organisé ce matin, en marge de son événement annuel "La Big", son homologue réservé aux acteurs du milieu : "La Deeptech voit Big".

L’occasion, pour le directeur général, de rappeler les évolutions de la stratégie de la banque quant au financement de cet écosystème qui développe des innovations de rupture, à la croisée du monde de la recherche et de l’entrepreneuriat. "Nous avons changé de pied. Jusqu’ici, nous financions le chercheur quand il avait quitté sa blouse blanche et sa paillasse. Désormais nous remontons plus haut, nous allons dans les laboratoires et nous sommes en mesure de financer le moment créatif, cet instant où l’on est confronté à l’abîme et où l’on se demande quand est-ce que l’on va trouver quelque chose", a expliqué Nicolas Dufourcq.

 

Avec les pôles d’innovation

 

De fait, Bpifrance propose désormais par exemple la Bourse French Tech (BFT) Lab. Un nouveau dispositif lancé en juillet dernier, inscrit dans le "Plan Deeptech" de la banque et qui vise à soutenir les projets en amont de la création de la start-up. Dans le détail, cette bourse bénéficie à des projets deeptech ayant déjà recueilli un financement de maturation ou de prématuration sur le volet technologique.

La subvention est versée à la structure accompagnatrice du projet, qui doit de son côté obligatoirement être membre fondatrice d’un des 29 Pôles Universitaires d’Innovation (PUI). Les lauréats de cette politique financée par France 2030 ont été annoncés à la même occasion que le lancement de la bourse BFT Lab par la ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, Sylvie Retailleau.

 

Comme un plan Marshall ?

 

Et le "Plan Deeptech" de Bpifrance peut compter sur un allié de taille : celui de France 2030. En effet, la banque est un opérateur de ce plan public d’investissement doté de 54 milliards d’euros, dont la feuille de route sectorielle Bpifrance constitue l’une des pierres angulaires de son déploiement. Un plan France 2030 d’ailleurs comparable à "un véritable plan Marshall", a souligné le directeur exécutif innovation de la banque, Paul-François Fournier. Le "Plan Deeptech" de Bpifrance, lancé en 2019 par l’État avec une enveloppe initiale de 3 milliards d’euros a en effet vu ses financements être renforcés au fil de l’année 2022, au travers, donc de France 2030 avec 500 millions d’euros supplémentaires. Mais aussi grâce au Plan start-ups et PME industrielles, à hauteur de 2,3 milliards d’euros.

De quoi venir soutenir des projets innovants. L’évènement "La Deeptech voit Big" aura aussi permis à de jeunes chercheurs de venir présenter leurs projets sur la scène de l’Accor Arena du XIIème arrondissement de Paris. Parmi eux, Jeanne Le Peillet qui développe avec son projet Beink Dream un logiciel graphique en ligne transformant instantanément les brouillons réalisés à mains levées en visuels professionnels, Jonathan Phelipot qui projette de créer un compresseur de déchets intelligent et autonome en énergie à placer au-dessus des poubelles ou encore Nina Gazal, qui ambitionne de produire un nouveau matériau biosourcé à base de mycélium, une bactérie issue des champignons.

 

Un historique bien fourni

 

Si la deeptech peut se permettre d’occuper une place de choix dans les activités d’investissement de Bpifrance, c’est aussi parce qu'elle est florissante dans l'Hexagone. "La France est un pays extraordinaire du point de vue de l’inventivité scientifique", a rappelé Nicolas Dufourcq, en retraçant quelques-unes (parmi bien d’autres) des innovations de rupture qui avaient été créées par des ingénieurs, chercheurs ou inventeurs tricolores : le cinéma avec les frères Lumière, nombre de vaccins, l’automobile, le minitel… la liste est longue. "Nous sommes toujours cette France-là", a assuré le directeur général de la banque publique d’investissement, "mais moins maintenant que les innovations sont développées par les autres. Elles n’atterrissent pas assez dans notre économie", a-t-il poursuivi.

Et alors que les discussions parlementaires autour du projet de loi de finances 2024 débuteront la semaine prochaine et que ce dernier table sur un déficit budgétaire de 4,4 % du produit intérieur brut pour l’année prochaine, jugé optimiste par le Haut conseil des finances publiques, Nicolas Dufourcq a pointé : "Il faut plus d’économie, plus d’entrepreneurs. La France doit gagner plus d’argent et nous devons donc créer plus de valeur. […] Beaucoup de grands groupes sont partis d’une innovation deeptech".

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