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Bpifrance en accompagnateur des deeptech françaises / De l'importance de structurer un écosystème unique
Dans un écosystème où cohabitent des chercheurs, des entrepreneurs et des investisseurs, leur créer une grammaire commune apparaît comme un préalable à son essor. Alors à l’occasion de la présentation du bilan des quatre années du plan Deeptech de Bpifrance, Paul-François Fournier, directeur exécutif de l’innovation au sein de la banque publique d’investissement française, rappelle : "Notre crédo, ce sont bien sûr les financements, mais aussi l’accompagnement".
En 2022, 225 start-ups ont ainsi bénéficié du soutien des missions d’accompagnement de Bpifrance. Aussi, la communauté "Les Deeptech" compte désormais en son sein plus de 600 membres et la plateforme numérique Les Deeptech continue à favoriser la mise en relation et la visibilité des acteurs variés du milieu. "Les organismes d’accompagnement, de soutien et d’aide à l’innovation sont nombreux et les dispositifs parfois complexes. Si la mise en place d’un guichet unique est difficile dans la pratique, une plus grande coordination et lisibilité faciliteraient les démarches des porteurs de projets et entrepreneurs", résume ainsi à WanSquare Bertrand Baheu-Derras, avocat au cabinet Aramis, spécialiste de l’accompagnement des entreprises deeptech et healthtech et qui anime des ateliers juridiques pour la communauté Les Deeptech.
Des caractéristiques spécifiques
Si la dimension d’accompagnement de ces jeunes pousses apparaît donc particulièrement importante, c’est parce qu’elles ont des caractéristiques bien spécifiques. Dans leur gouvernance par exemple, ou encore dans leurs besoins de financement : "Les équipes de fondateurs des start-ups deeptech – qui rassemblent des profils souvent variés, tels que scientifiques, y compris chercheurs, et entrepreneurs – sont par la suite amenées à lever des fonds auprès des investisseurs. Plusieurs levées de fonds sont nécessaires au fil des années, les start-ups deeptech ayant des cycles de développement longs. Leur association au sein de la start-up, qui peut donc durer plusieurs années, nécessite d’être bien organisée, notamment en termes de gouvernance, d’engagements et de sortie", explique ainsi l’avocat.
Lors des ateliers qu’il anime, il relève de plus d’autres problématiques propres au secteur. Notamment au regard des technologies disruptives que ces sociétés développent, matérialisées par de forts verrous technologiques : "Plusieurs schémas existent. Soit la technologie innovante sur laquelle travaille la start-up deeptech est développée par ses propres fondateurs. Soit elle est issue d’un centre de recherche. Ces start-ups, spin-offs de centres de recherche, comprennent généralement parmi leurs fondateurs le chercheur inventeur de cette technologie innovante. Ce schéma qui associe des profils chercheurs et entrepreneurs implique alors l’octroi à la start-up deeptech d’une licence de brevet voire de savoir-faire par le centre de recherche qui en reste propriétaire, complétée souvent par des accords de collaboration de recherche entre les deux", souligne Bertrand Baheu-Derras.
Faciliter le transfert
Autre spécificité du secteur : il incarne un lien particulier entre le monde de la recherche et de l’entrepreneuriat qui nécessite, par ailleurs, d’être cultivé. "Le terreau universitaire français est mondialement reconnu, mais le savoir n’est pas assez relié à l’économie", pointe ainsi Paul-François Fournier. Grâce à la plateforme Les Deeptech, Bpifrance compte de ce fait renforcer la visibilité de la communauté. Et la dynamique se reflète déjà sur le monde académique. Près de la moitié des lauréats du concours i-PhD, lancé en collaboration par le gouvernement et Bpifrance, ont créé leur propre start-up. Le Deeptech Tour, qui rassemble des chercheurs, des doctorants et des étudiants sur les campus universitaires a quant à lui compté dix-neuf étapes sur l’année passée. "Les présidents d’université en font l’ouverture à chaque fois", se félicite le directeur innovation de Bpifrance.
La loi française vient elle aussi renforcer son soutien à ces transferts entre le monde de la recherche et le monde économique. "Plusieurs dispositifs, mis en place par la loi Allègre en 1999 et simplifiés par la loi PACTE en 2019, permettent aux chercheurs de participer à des start-ups travaillant sur des technologies issues de centres de recherche. Le plus connu, le concours scientifique, leur permet de consacrer jusqu’à la moitié de leur temps à la start-up, pour une période maximale de trois ans, renouvelable dans la limite de 10 ans. Les autres dispositifs leur permettent de créer une start-up, d’y détenir une participation au capital ou d’en être dirigeant", rappelle par exemple maître Bertrand Baheu-Derras. "Les centres de recherche sont [aussi] dotés de cellules ou structures de valorisation qui sont chargées de détecter et protéger les travaux de recherche fondamentale susceptibles d’être valorisés, de les porter à un certain niveau de maturation puis de leur donner des débouchés industriels, aussi bien auprès d’entreprises et groupes que de start-ups", poursuit-il.
L’année 2023 semble en tout cas être placée sous de bons auspices pour l’écosytsème deeptech. Entre l’annonce, par la ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche Sylvie Retailleau, d’un déploiement supplémentaire de 500 millions d’euros au plan Deeptech de Bpifrance et la levée de fonds record réalisée par le spécialiste du quantique Pasqal - qui a de plus annoncé la création de sa première usine - Paul-François Fournier conclut : "Tout cela nous galvanise pour continuer cette transformation".
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