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Levées de fonds
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SiPearl et son microprocesseur novateur ont levé 90 millions d'euros / Des pointures de l'industrie soutiennent ce projet stratégique
"Il n’y a pas d’autre projet de ce type en Europe", a soutenu ce mercredi Philippe Notton, président-fondateur de la start-up SiPearl. A l'occasion de l'annonce du bouclage d'un premier tour de table de 90 millions d'euros, le patron assure : "Notre processus est universel, c’est un couteau suisse". Ledit projet se nomme Rhea et consiste en un microprocesseur, destiné au calcul de haute performance. Sa particularité ? Fonctionner en consommant moins d’énergie que ses pairs. "C'est une de nos propositions de valeur", souligne le dirigeant. Et, surtout, d’être compatible avec n’importe quel accélérateur tiers – intelligence artificielle, quantique ou encore processeurs graphiques -.
Grâce à ce processus novateur, la société a attiré 65 millions d'euros de capitaux frais de la part du Conseil européen de l'innovation (EIC), de Bpifrance au travers du fonds French Tech Souveraineté et d'industriels. La Banque européenne d'investissement a aussi souscrit à 25 millions d'euros d'obligations convertibles. En ce qui concerne les prises de participation des entreprises du secteur de l'industrie, SiPearl peut en tout cas se targuer de compter sur des poids lourds. La société compte notamment à son capital le géant français des services numériques Atos, qui a investi au travers de sa branche d’activités digitales, de big data et de sécurité Eviden, ou encore le fabricant britannique de microprocesseurs Arm.
Caution de fiabilité
Un véritable gage de confiance pour SiPearl, puisque la prochaine introduction en Bourse du britannique aurait pu le pousser à ne pas s’exposer en amont de l’opération. "De très grands nous parlent", s’enthousiasme ainsi le patron. Pour cet ancien de chez STMicroelectronics et Atos, qui cite par exemple les géants américains du secteur Nvidia ou Intel en leur qualité de partenaires industriels, l'attrait des pointures du milieu pour sa start-up est, à nouveau, à mettre en lien avec la rareté du projet Rhea. "Nous avons la maîtrise totale du code source. Il n’y a pas de back door, tout est auditable", poursuit-il.
C'est aussi grâce à cette particularité que l'Union européenne s'est intéressée à SiPearl dès son lancement. "Nous avons été amorcés par Bruxelles", se souvient Philippe Notton. Car à sa création, en 2019, la start-up a émergé avec le soutien du consortium European Processor Initiative (EPI). Au total, grâce à l'appui de l'EPI, de l'EIC et de la Région Ile-de-France, SiPearl a reçu 20,5 millions d'euros de subventions depuis sa fondation.
Simulation nucléaire
Si percevoir des subventions reste un type de financement avantageux, du fait de son aspect non dilutif, il prouve aussi l'importance stratégique du projet Rhea en termes de souveraineté nationale. "Pour simuler l'effet d'une bombe nucléaire dans le cadre d'un exercice militaire, il est nécessaire d'utiliser des supercalculateurs. Et ces derniers ont beau être des produits Atos, les microprocesseurs qui permettent à la machine de réaliser les calculs sont, eux, américains", illustre le dirigeant.
La crise du Covid et la guerre en Ukraine ayant d'autant plus renforcé la nécessité française de se doter de ce type de microprocesseurs, Philippe Notton se montre optimiste. "Il est rare pour une start-up d'avoir un marché à portée de huit milliards de dollars". A portée, en effet, puisque SiPearl n'y est pas encore. L'entreprise ne génère pour l'instant pas de revenu significatif, car son microprocesseur "européen" n'est pas encore commercialisé. "Nous sommes dans le secteur deeptech, la barrière à l'entrée du marché est immense pour un produit qui n'est pas encore sorti", rappelle le fondateur de la société. Mais fort de cette levée de fonds et prévoyant l'arrivée de nouveaux investisseurs d'ici la fin de l'année, SiPearl entend bien lancer Rhea début 2024.
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