Professions financières / Perella Weinberg Partners / Banque d'affaires / Orpea / Casino / Bpifrance / rallye / Europcar / procédure de sauvegarde accélérée
Professions financières
Perella Weinberg Partners / Banque d'affaires / Orpea / Casino / Bpifrance / rallye / Europcar / procédure de sauvegarde accélérée
Comment Perella Weinberg Partners se fait un nom dans le restructuring /
Des expériences et un réseau utiles aux cas les plus complexes
Derrière les grands dossiers de place que sont les groupes Orpea et Casino se cache un conseil que l’on n’attendait pas forcément : Perella Weinberg Partners (PWP). Avec un bureau parisien ouvert seulement en 2018, la firme anglo-saxonne commence à s’imposer en France dans la restructuration de dette, aux côtés des grandes institutions financières déjà reconnues.
Une indépendance garantie
Rien de surprenant pour autant. "D’abord un grand nombre de banques sont disqualifiées d’office sur le marché du restructuring pour la bonne et simple raison qu’il s’agit de banques 'prêteuses’ qui sont concernées par la dette bancaire de l’entreprise faisant l’objet d’une restructuration. Par ailleurs, ne pas avoir de salle de marché ou d’activité de placement de dettes nous évite d’être en situation de conflits d’intérêts sur les dossiers qui nous sont confiés", explique Philippe Capron, associé chez PWP, dans un entretien accordé à Wansquare.
Mais l’indépendance ne fait pas tout. "Ce métier nécessite à la fois un bon niveau d’accès aux acteurs du marché et de solides compétences techniques. En cela, les expériences très complémentaires des quatre associés de PWP à Paris sont un grand atout pour nos clients. Sans oublier que la firme a recruté à Londres de véritables spécialistes de la dette et de la restructuration, ce qui permet d’offrir à nos clients des conseils fiables à un moment critique de la vie de leur entreprise. Nous ne partions donc pas vraiment de zéro quand nous avons ouvert le bureau de Paris", fait remarquer Philippe Capron, qui exerça notamment, pour mémoire, les fonctions de directeur financier de Vivendi, puis de Veolia.
Une expérience qui parle d’elle-même
De fait, Cyrille Perard, qui a ouvert la franchise à l’automne 2018, vient de chez Goldman Sachs. David Azema, ancien président-directeur général de Keolis ou encore ex-patron de Vinci Concessions, passé chez Bank of America Merill Lynch, pour ne citer que ces postes, a eu, entre autres, à gérer au cours de sa carrière, la restructuration financière du projet de concession entre Londres et le tunnel sous la Manche avant de prendre les rênes d’Eurostar. Le dernier arrivé, Stéphane Richard, ancien président-directeur général du groupe Orange et ex-patron de Veolia Transports, connaît par cœur les préoccupations des dirigeants d’entreprise.
Au sein de l’équipe dédiée, Romain Lanier, managing director de l’activité conseil de PWP, basé à Londres, a passé six ans chez Morgan Stanley (dont cinq au sein du département de restructuration et de conseil financier), tout comme Tanguy Rivière, lui aussi managing director de PWP à Londres. "Nous sommes positionnés sur un marché qui est un petit écosystème où les mêmes conseils se retrouvent souvent sur les mêmes dossiers depuis des années. Nous avons donc bénéficié au début d’un petit effet nouveauté. Nous sommes aussi recommandés par certains prescripteurs tels que des cabinets d’avocats ou d’autres banques par exemple ", complète Romain Lanier.
Un mandat par an au début
Dans ce contexte, très vite après son installation à Paris, Perella Weinberg Partners décrochera un premier mandat, et non des moindres. Il s’agira, en 2019, de la restructuration de la dette de Rallye, maison-mère de Casino, "grâce à nos contacts avec l’actionnariat ", relate Philippe Capron. Conseil de la société Casino, ils travailleront sur les conséquences de la restructuration financière de Rallye (étalement sur 10 ans de la dette dans le cadre d’une sauvegarde) au niveau de l’enseigne.
Viendra ensuite, l’année suivante, le dossier Europcar (250 millions d’euros d’injection de fonds propres, 1,1 milliard de conversion de dette en actions et 225 millions d’euros de nouveaux financements), dans lequel PWP conseillera les banques de la titrisation de la flotte de véhicules. "Je connaissais Caroline Parot, aujourd’hui directrice générale de Technicolor Creative Studios et qui dirigeait à l’époque Europcar Mobility Group, depuis ses années chez Thomson où nous avions travaillé ensemble sur la restructuration financière du groupe ", indique Tanguy Rivière.
En 2021, PWP sera mandaté par Bpifrance dans le dossier Vallourec (300 millions d’euros de fonds propres, 1,33 milliard de conversion de dette en action, 169 millions d’euros d’abandon de créances et refinancement de la dette résiduelle). "Nous avions des relations de confiance avec Bpifrance, actionnaire de référence de Vallourec au moment de la transaction, et qui devait préserver ses intérêts dans le cadre de la restructuration de la dette du groupe. Connaissant bien l’entreprise, nous avons su convaincre Bpifrance de nous confier ce mandat", se remémore Philippe Capron.
Le défi Orpea
Des opérations d’envergure qui ont permis à PWP de se forger une sérieuse réputation, si bien qu’Orpea l'a choisi l’année dernière pour élaborer, structurer et négocier, aux côtés de son équipe de direction et de son conseil d’administration, une solution de recapitalisation.
Pour la place de Paris, il s’agira surtout du premier "gros" dossier appliquant en droit français la directive européenne "Restructuration et Insolvabilité" visant à réformer le droit des faillites et instaurant un plan de sauvegarde accéléré par voie d’application forcée interclasse. "Cette directive est une harmonisation au niveau européen, elle a été l’occasion pour nous de tirer parti de pratiques similaires que nous connaissions dans d’autres juridictions comme le Luxembourg, l’Angleterre ou la Scandinavie. En tant que praticien, cette nouvelle procédure n’était donc pas complètement nouvelle ", explique Romain. "Le fait d’avoir été conseil d’Orpea nous a permis de tester chacun des aspects de cette nouvelle procédure. Les banques co-écrivaient les mémos avec les conseils juridiques. Ainsi, nous avons pu bien comprendre toutes les facettes de cette procédure et préparer notre dossier devant le tribunal de commerce", ajoute Tanguy Rivière.
Un contexte économique propice aux nouveaux mandats
Une expertise qui permettra à PWP, ces derniers mois, d’être mandatée, cette fois-ci par le comité des créanciers non sécurisés de Casino, dans le cadre de la procédure accélérée du groupe ou encore, récemment, par le comité des créanciers obligataires d’Atalian. "Avec la directive européenne, les règles ont changé. Elles sont moins protectrices pour les actionnaires et pour les créanciers les moins privilégiés. A cela s’ajoute qu’en France, le souci primordial est d’assurer la survie intégrale de l’entreprise, en évitant son démantèlement, les intérêts des créanciers passant au second plan", rappelle Philippe Capron.
Au total, cette année, ce sont entre six et dix dossiers de restructuration que PWP aura eus à traiter au niveau paneuropéen.
Et compte tenu de la hausse des taux d’intérêt et de la difficulté grandissante des entreprises à refinancer leur dette, l’activité restructuring et conseil sur la dette de PWP ne devrait pas faiblir au cours de prochains mois. "Nous sommes déjà approchés pour de nouveaux mandats. Certaines entreprises, confrontées à la hausse des taux, ont aujourd’hui du mal à faire face à leurs charges d’intérêt, sans parler du remboursement de leur dette. D’autres sont encore dans le déni et refusent d’envisager le pire. Notre rôle est donc de les accompagner dans l’étude de scénarios alternatifs, afin de trouver des solutions en amont, comme des cessions stratégiques par exemple, ou un rééchelonnement de la dette existante (amend & extend, augmentation de la maturité de la dette, ndlr). L’anticipation est clé pour éviter le stade de la restructuration, c’est-à-dire la chirurgie à cœur ouvert ", assure Philippe Capron.
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