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Jolt Capital renforce les ambitions de son quatrième millésime / Plus de moyens pour faire grandir les pépites deeptech européennes
Des moyens financiers étendus pour mieux récolter les fruits de ses investissements sur un secteur de la deeptech riche en opportunités. C’est la démarche choisie par Jolt Capital, société de capital-investissement indépendante spécialisée dans l’investissement de croissance dans les entreprises européennes de technologies avancées. Celle-ci vient de clôturer une extension de 100 millions d’euros de son fonds de quatrième génération Jolt Capital IV, portant sa levée à 371 millions d’euros au total.
Après un premier closing il y a un peu plus de deux ans, en septembre 2021, décision a été prise de revoir les ambitions à la hausse. Au fur et à mesure des investissements réalisés, "nous nous sommes rendus compte que certaines sociétés pouvaient supporter des investissements plus gros, sans que l’on ait besoin d’aller chercher d’autres investisseurs à l’extérieur, à condition de disposer de plus d’argent dans les fonds. Il s’agit de se donner plus de moyens pour se renforcer dans les meilleurs deals", explique à WanSquare Jean Schmitt, président et fondateur de Jolt Capital.
Cette augmentation d’un tiers de la taille du fonds marque une évolution de la stratégie. Il s’agissait initialement d’accompagner le démarrage de la croissance des entreprises, puis de les faire passer à un stade de développement supérieur en recherchant de nouveaux investisseurs. Jolt restait ensuite au tour de table, tout en laissant à d’autres le rôle de "lead investor". Mais au fur et à mesure de ses investissements, la société de private equity s’est rendue compte que cela revenait à partager beaucoup de valeurs avec d’autres investisseurs qui, eux, ne partageaient pas les risques.
Le fonds étendu engagé à hauteur de 40 %
"L’idée a donc consisté à rouvrir la souscription et de permettre aux investisseurs existants qui le souhaitaient et à certains nouveaux, de souscrire au fonds pour en augmenter la taille", poursuit Jean Schmitt. Sur les 100 millions, 60 % ont été apportés par les investisseurs existants, essentiellement des fonds souverains dans plusieurs pays, des fonds de pension, des assureurs et des family offices. Quant aux nouveaux, il s’agit aussi de family offices et d’un fonds souverain. L’extension de la levée du fonds a été réalisée sur une période relativement courte de neuf mois, entre l’annonce de la souscription en janvier et la fermeture en septembre de cette année.
Un processus de neuf mois qui n’a d’ailleurs pas perturbé le bon déploiement du véhicule. À ce jour Jolt Capital IV a réalisé six investissements dans des sociétés d’impact européennes à forte croissance, soit 40 % du fonds étendu investi à ce stade.
Parmi ces premiers investissements, il y a notamment Virta, société finlandaise qui fournit des logiciels de pilotage des bornes de recharge de véhicules électriques. Sur ce marché en explosion, Virta offre une technologie intelligente, qui permet à la fois de gérer ces bornes de recharges et de connecter les véhicules à un réseau électrique virtuel. "Imaginons que vous ayez 100 000 voitures connectées sur le réseau géré par Virta, vous avez l’équivalent de deux tranches de centrales nucléaires connectées en ligne", s’enthousiasme Jean Schmitt. Soit une activité qui "assez futuriste, à cheval entre la facturation classique d’un service et ce qui s’apparente à des virtual power plants", ajoute-t-il.
Autre exemple, Jolt a également investi dans la société grenobloise Microoled, spécialiste des micro-écrans qui servent principalement de viseurs dans des domaines aussi variés que la sécurité, la défense, le médical ou les technologies grand public comme les appareils photos et les jumelles. "Le destin d’une société comme celle-ci peut se traduire en centaines de millions voire en milliards de chiffre d’affaires, à condition de renforcer ses fonds propres pour l’aider à grandir", souligne le président et fondateur de Jolt.
Une question de souveraineté
L’objectif et le calendrier du fonds restent identiques après cette extension : investir au total dans une douzaine de futurs leaders mondiaux d’ici fin 2024, avec des tickets désormais compris entre 10 millions d’euros et 50 millions d’euros, soit une fourchette plus large que celle de 15 à 40 millions d’euros prévue à l’origine.
Et Jean Schmitt de rappeler que si l’Europe a su créer un tissu de sociétés logicielles et industrielles de deeptech européennes de 10 à 50 millions d’euros de chiffre d’affaires, notre continent doit apprendre à financer maintenant leur passage à l’échelle. "Nous avons besoin de fonds au-delà d’un milliard d’euros", souligne-t-il. Pourquoi un milliard ? "Parce dans un fonds d’un milliard d’euros, vous allez investir de 20 à 100 millions d’euros dans une vingtaine de sociétés. Et 100 millions, c’est ce que vous investissez dans une société que vous voulez voir atteindre entre 500 millions d’euros et 1 milliard de chiffre d’affaires". Soit une taille critique qui assurera leur pérennité.
"Il y a une prise de conscience de tous les pays, pas seulement des Français, qu’il faut faire grandir des sociétés chez soi. C’est une question de viabilité financière du pays, aussi une question de retour sur investissement de l’éducation, et une question de souveraineté", ajoute le Managing Partner.
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