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Coface voit le risque social et politique comme de plus en plus présent / L’indice associé est à un niveau préoccupant
Nul n’est à l’abri sur le front social et politique. Le baromètre risques pays et sectoriels de Coface pour le troisième trimestre est revenu sur le risque en la matière via son indice dédié. Celui-ci est publié depuis 2017 et n’épargne aucune catégorie d’économie. Il est affirmé dans la publication que même "en ce qui concerne les pays avancés, ces risques resteront d’actualité".
Un constat qui s’appuie sur des "revendications des salariés [qui] y connaissent un nouvel essor, motivé non seulement par les pressions sur leur pouvoir d’achat, mais également par les évolutions du monde du travail résultant de la pandémie de la COVID-19 ". Pour le spécialiste de l’assurance-crédit, ce sont désormais la "plupart des économies avancées [qui voient] ainsi leur score de fragilité politique et sociale s’installer à un niveau supérieur à celui d’avant la pandémie". La légère amélioration de cet indice l’an passé, est expliquée a posteriori uniquement par un rebond temporaire des conditions économiques consécutif à la fin de la pandémie.
Accumulation
Les dynamiques récentes sur le volet social et politique sont d’autant plus dangereuses qu’elles "se conjuguent avec des tensions politiques et sociales plus anciennes, et notamment une défiance grandissante à l’égard des institutions publiques, générée par la perception d’une stagnation, voire de l’érosion des niveaux de vie et de la protection sociale ". Notamment Outre-Atlantique où "le climat politique et social américain devrait continuer à se tendre à un an de l’élection présidentielle", Coface s’inquiète tant "des tensions liées au plafond de la dette au printemps dernier", ou l’épée de Damoclès d’un nouveau shutdown gouvernemental qui rappelle les "possibles répercussions économiques" de ces tensions.
Le climat et la lutte pour la transition énergétique qui en découlent ne rassurent pas non plus outre mesure les auteurs du baromètre, ces derniers "tendent donc à prolonger [leurs] avertissements concernant la montée des risques politiques et sociaux". Le réchauffement climatique pourrait en effet "intensifier la compétition pour l’accès et le contrôle des ressources, à commencer par l’eau, et pourrait, ainsi, contribuer à une multiplication des conflits à moyen terme".
Climat dégradé
Coface n’est pas pour autant plus rassuré sur les autres volets de la conjoncture et parle d’une "conjoncture globale [qui] est incontestablement meilleure qu’il y a un an, nous ne souscrivons pas pour autant à cette lecture très optimiste de la situation". Arguant notamment que de nombreux risques pourraient s’intensifier parmi lesquels la stabilité financière ou encore une " lutte contre l’inflation [qui] n’est pas encore gagnée, ni même entrée dans son (douloureux) dernier kilomètre : hors énergie, l’inflation reste bien supérieure aux cibles des banques centrales".
Le principal danger identifié par Jean-Christophe Caffet, économiste en chef chez Coface, est pour la macroéconomie à court et moyen termes puisqu’alors "que les niveaux élevés de profitabilité et de trésorerie des entreprises ont permis aux économies développées de faire face aux forts vents contraires ces derniers trimestres, l’accélération des défaillances observée depuis quelques mois sur fond d’étiolement des trésoreries, de dégradation des marges et d’accroissement des charges d’intérêt menace désormais la boucle vertueuse conjuguant faible sinistralité, résistance de l’emploi et désépargne des ménages". De quoi faire avancer à lui et ses équipes les risques sur les prévisions de croissance mondiale pour 2024 "demeurent donc essentiellement baissiers, notamment dans les pays développés".
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