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Professions financières / OCDE / AMF / investisseurs particuliers

Professions financières
OCDE / AMF / investisseurs particuliers

La jeune génération d’investisseurs fait trop confiance aux réseaux sociaux / Des risques de placements probablement sous-estimés

Alors que l’OCDE prépare pour le premier semestre 2024 un guide de stratégie d’éducation financière ciblant les nouveaux investisseurs particuliers en France à l’attention de l’AMF, pour qui leur protection est l’une des principales missions, une enquête réalisée par l’organisation montre que, mal informée par des canaux non officiels, cette catégorie d’investisseurs et notamment les plus jeunes d’entre eux, surestiment largement leur niveau de connaissances financières. Un écueil qui peut s’avérer très risqué.
Autorité des marchés financiers (Photo by Riccardo Milani / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)
Autorité des marchés financiers (Photo by Riccardo Milani / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)

Quel est le profil type des nouveaux investisseurs particuliers en Bourse en France ? C’est l’exercice intéressant auquel s’est prêtée l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) pour l’Autorité des marchés financiers (AMF) dans un rapport se concentrant sur ceux ayant investi pour la première fois depuis le début de la crise sanitaire, soit environ 800 000 personnes.

 

Les crypto-actifs très plébiscités

 

Il en ressort que la plupart des nouveaux investisseurs sont des hommes (64 %), de moins de 35 ans (56 %), Ils vivent dans des endroits comme la région parisienne par exemple et leurs revenus, leur patrimoine, ou leur niveau d’éducation sont supérieurs à la moyenne de la population française.

Ce qui les motive à investir en Bourse est le gain d’argent rapide, en tout cas pour la majorité d’entre eux (73 %). Ce faisant, ils ont un horizon de placement plus court que les investisseurs traditionnels, 66 % ayant investi pour moins de 10 ans contre 37 %, tout en privilégiant, pour 61 % les produits au risque et au rendement modérés.

Côté produits, les trois quarts des nouveaux investisseurs particuliers en détiennent plusieurs (76 %) avec une forte préférence pour les crypto-actifs (54 % du panel), "ce qui représente une moyenne beaucoup plus élevée que pour les investisseurs traditionnels (25 %) ", souligne l’OCDE. A noter que 11 % de cette catégorie détient uniquement des crypto-actifs. Pour le reste, le choix se porte principalement sur l’assurance-vie (33 %), les placements d’épargne retraite (29 %) et les actions d’entreprises cotées (24 %).

Toutefois, si l’appât du gain est important, l’on notera que ces boursicoteurs investissent peu. Ils ont en effet investi environ 6743 euros en moyenne en crypto-actifs, en financement participatif ou en Bourse depuis 2020, "ce qui est relativement faible par rapport à leurs revenus ou à leur patrimoine financier global ", a constaté l’OCDE.

 

Une culture financière plus que limitée

 

Mais là où l’AMF sait déjà qu’elle va devoir se montrer vigilante, c'est à propos du mode opératoire de ces nouveaux investisseurs pour placer leur épargne en Bourse. Si du fait de leur jeune âge, la plupart d’entre eux réalisent leurs transactions d’investissement via des moyens numériques, c’est aussi sur les réseaux sociaux qu’ils trouvent leurs informations de placement. "De nombreux jeunes nouveaux investisseurs ont commencé à investir parce qu’ils ont vu une offre sur les réseaux sociaux ou parce qu’ils s’intéressent à la finance durable. […] Les jeunes âgés de 18 à 25 ans ont tendance à rechercher des informations auprès de sources non officielles, telles que les réseaux sociaux et les influenceurs ", révèle l’OCDE.


Pire, 7 % de cette catégorie, et notamment ceux peu qualifiés ou dont les revenus sont modestes, ne recherchent même pas d’informations avant d’investir. "Un pourcentage relativement faible des nouveaux investisseurs a démontré comprendre certains concepts financiers clés, tels que la diversification des actifs (48 % d’entre eux ont répondu correctement), l’incidence de l’inflation sur l’épargne (51 %) ou le fait que le rendement passé d’un investissement ne reflète pas nécessairement son rendement futur (42 %). De même, la majorité de ceux qui investissent dans des produits très risqués, tels que les produits dérivés, les options ou les crypto-actifs, n’ont pas été en mesure de répondre correctement aux questions relatives à l’utilisation de ces produits ", déplore l’Organisation.

Un constat d’autant plus inquiétant que 67 % des nouveaux investisseurs particuliers sont persuadés d’avoir un niveau de connaissances financières plutôt élevé, voire très élevés. " Toutefois, nombre des nouveaux investisseurs sont susceptibles de sous-estimer le risque auquel ils sont confrontés ", prévient l’OCDE.

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