Macro-économie / Taux / François Villeroy de Galhau / Banque de France / financement de l'économie
Macro-économie / Taux
François Villeroy de Galhau / Banque de France / financement de l'économie
L’économie hexagonale peut s’appuyer sur son secteur bancaire / Légère alerte en ce qui concerne le financement de l’immobilier
"La contrepartie de la solidité du système bancaire, ce doit être le bon financement de notre économie". François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, a ouvert la conférence annuelle de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) en rappelant cette mission importante qui incombe au secteur de la banque et de l’assurance.
D’autant plus dans la période actuelle, comme l’a souligné le président de l’ACPR en martelant que les forces acquises ces derniers mois par les différents établissements, "doivent leur permettre, en période de ralentissement, d’assurer un financement sain de l’économie française ".
Un succès français
Ces bons résultats du secteur financier français ne tiennent pas au hasard selon lui, il y voit d’une part le fruit de la bonne gestion des établissements, et d’autre part les effets d’un "couple européen très sécurisant avec une réglementation exigeante (transposition de Bâle 3, dont on attend désormais l’équivalent aux États-Unis pour la majorité des banques) et une supervision unique et efficace grâce au MSU, établi sur le modèle reconnu de l’ACPR". Cet ensemble a vu sa pertinence être confirmée lors des déboires d’établissements outre-Atlantique, qui ont suscité un débat entamé depuis longtemps sur le Vieux continent.
Le gouverneur de la Banque de France n’en reste pas satisfait pour autant et juge qu’un "sujet en particulier reste cependant à compléter en Europe : la résolution." S’il juge que "l’Europe prévient mieux les crises bancaires ex-ante que les États-Unis ; il n’est cependant pas acquis qu’elle saurait aussi bien les traiter ex-post". Un examen critique qui concède que la disponibilité de la liquidité lors des crises reste un problème d’actualité ; pour y remédier il évoque la construction d’un cadre permettant la fourniture d’une "liquidité de l’Eurosystème pour la résolution". Une réflexion qu’il espère voir se pencher sur "la manière d’assurer la disponibilité effective des sources de financement existantes, dont les fonds de garantie des dépôts."
Des devoirs
Là où le président de l’ACPR observe que dans "d’autres pays, le secteur bancaire affiche une rentabilité et des profits encore supérieurs à ceux observés actuellement en France", ce qui ne manque pas selon lui de "susciter ailleurs des critiques et des surtaxes circonstancielles : il est heureux à mon sens qu’il n’en soit pas ainsi en France". Cependant il rappelle immédiatement les acteurs français à leur devoir affirmant que "la contrepartie de la solidité du système bancaire, ce doit être le bon financement de notre économie". Qui reste en grande partie assuré avec du côté des entreprises, un encours de crédits toujours en progression, de l’ordre de 3 % en glissement annuel en septembre. Dans le même temps les taux d’intérêt des nouveaux crédits restent en moyenne moins élevés que chez nos voisins (4,6 % en France en septembre contre 5,05 % en zone euro).
François Villeroy de Galhau n’est cependant pas insensible à la situation du crédit immobilier, reconnaissant le caractère sensible du sujet. Il décrit une France où "la production hors renégociations est tombée à un point bas de 9,2 milliards d’euros en septembre, un niveau quasi-identique à la moyenne mensuelle observée avant 2015 et la mise en place de la politique monétaire ultra-accommodante". Le cycle de taux explique selon lui une partie du ralentissement constaté, ce qui l’inquiète davantage c’est qu’aujourd’hui encore "il subsiste une interrogation répandue sur l’offre, et le fait que 'les banques ne prêteraient plus’. Cette suspicion, même si elle est exagérée, n’est bonne pour personne : ni pour les banques et leur image ; ni pour le secteur du logement, car elle peut contribuer à une autocensure des emprunteurs".
De quoi lui faire regretter, que cela contribue à ne pas éclairer "sereinement d’autres leviers d’action nécessaire du secteur : l’offre de foncier ; la prolifération des normes réglementaires ; un entrecroisement d’incitations fiscales et de subventions d’une complexité peu égalée ailleurs en Europe". Il a ainsi été question du Haut Conseil de Stabilité financière, qui continue à regarder la pertinence "d’éventuels nouveaux ajustements techniques, sous réserve qu’ils n’entraînent pas de hausse du risque de surendettement". Le gouverneur de la Banque de France a également argué qu’il lui apparaissait "nécessaire et d’intérêt collectif de mieux suivre les taux de refus" des banques. Une problématique sur laquelle il a confié être attaché à la prise en compte du plus grand nombre de sources et à la possibilité de l’ouverture d’une procédure amiable. Cette dernière "viserait les crédits immobiliers apparemment solvables et qui auraient donné lieu à refus, comme cela existe pour le crédit aux entreprises".
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