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Vivendi / Lagardère
L'épilogue heureux du rachat de Lagardère par Vivendi / Une opération transformante
C’est fait. Le bouclage annoncé mardi de l’acquisition de Lagardère par Vivendi clôt un feuilleton débuté en février 2022 lorsque le géant des médias avait lancé son offre publique d’achat (OPA) sur le propriétaire de l'éditeur Hachette, d'activités de "travel retail" et des médias Europe 1, "Le JDD" et "Paris Match". Et même avant, puisque Vincent Bolloré, dont le groupe familial contrôle Vivendi, était monté au capital de Lagardère dès le début de la crise sanitaire au printemps 2020.
Et si Vivendi n'avait à l'époque évoqué qu'un simple "placement financier à long terme", la véritable ambition était tout autre et aurait d’ailleurs pu aboutir bien plus tôt si l’autorité de la concurrence n’avait mis son holà, estimant à l’issue d’une enquête approfondie que ce rapprochement risquait de nuire à la concurrence dans le secteur de l'édition de livres et dans celui de la presse "people".
C’est pourquoi, pour mettre la main sur Hachette, numéro un de l’édition en France, Vivendi a dû céder Editis, le numéro deux, à l’homme d’affaires tchèque Daniel Kretinsky et l’hebdomadaire Gala au groupe Le Figaro, deux opérations tout juste finalisées à quelques jours d’intervalles.
Un chiffre d’affaires combiné de plus de 16,5 milliards d’euros
A ce jour, Vivendi détient donc environ 60% du capital de Lagardère et peut dès-à-présent pleinement exercer un peu plus de 50% des droits de vote. Et ce rachat de Lagardère enfin acté marque un véritable changement de dimension du groupe dirigé par Arnaud de Puyfontaine. Un coup d’œil aux données 2022 pro forma montre un ensemble au chiffre d’affaires augmenté de 70%, à plus de 16,5 milliards d’euros. Et aussi plus international, sachant que Lagardère est présent dans plus de 40 pays et réalise les trois quarts de son chiffre d’affaires hors de France.
Cette acquisition majeure étant maintenant réalisée, le prochain mouvement pour Vivendi devrait davantage concerner des cessions d’actifs. Le groupe se prépare en effet à se délester de sa société de billetterie See Tickets et de ses festivals, deux activités logées au sein de la filiale Vivendi Village. Un scénario confirmé le mois dernier à la suite de rumeurs surgies fin septembre, un mandat exploratoire ayant été confié à une banque en vue de trouver un acquéreur. Une intention qui n’est pas anodine dans la mesure où, comme le faisait récemment observer le cabinet Oddo BHF, "les cessions d’actifs consolidés sont rares chez Vivendi". Il n’y en a eu aucune depuis 2015, si l’on excepte la petite opération autour de MyBestPro en 2018. Si elle se concrétise, la vente des activités de billetterie et de spectacles/festivals marquerait donc "une rupture stratégique" aux yeux du bureau de recherche.
La vente de cet autre pan des activités musicales du groupe - depuis la distribution l’an dernier à ses actionnaires de 60 % du capital d’Universal Music Group – contribuerait à n’en pas douter à simplifier davantage le profil de Vivendi et pourrait marquer le prélude à un recentrage, voire un nettoyage du portefeuille. Notamment, l’éditeur de jeux vidéo sur mobile Gameloft n’aurait ainsi pas forcément vocation à demeurer dans un portefeuille articulé sur trois principaux piliers constitués par Canal+, Havas - qui tiraient seuls la croissance jusqu’à présent -, maintenant rejoints par Lagardère.
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