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Banques / Ondra / Banque d'affaires / Orpea / Casino / Conforama / Verkor / Gilles Mentré / Jean-Wilfried Diefenbacher / Yann Dever

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Ondra / Banque d'affaires / Orpea / Casino / Conforama / Verkor / Gilles Mentré / Jean-Wilfried Diefenbacher / Yann Dever

exclusif Ondra se plaît à être discrète / Comment la jeune banque d'affaires fait son chemin dans le restructuring (très) complexe

EXCLUSIF. Moins connue que les grandes banques d’affaires de la place de Paris, Ondra a su, en seulement quatre ans d’existence, se positionner sur des opérations de reprise et de restructuring financier très complexes, réunissant bien souvent autour de la table les pouvoirs publics ou des investisseurs étrangers. Une complexité qui ne cesse d’animer les trois gérants-associés pour qui les seuls mots d’ordre sont loyauté et discrétion.
Yann Dever, Jean-Wilfried Diefenbacher et Gilles Mentré (©Ondra)
Yann Dever, Jean-Wilfried Diefenbacher et Gilles Mentré (©Ondra)

Cultiver la discrétion est un art que la banque d’affaires Ondra maîtrise. Il est rare que son nom apparaisse lorsqu’une opération de M & A ou de restructuring, sa spécialité, est rendue publique. Pourtant récemment, elle fut le conseil d’importants dossiers de place, tels que la restructuration de Casino (côté créanciers obligataires), d’Orpea (conseil des banques composant le groupement mené par la Caisse des Dépôts) ou de Pierre & Vacances Center-Parcs (coté créanciers obligataires non sécurisés). "Les grandes banques d’affaires classiques ont certes l’avantage de disposer de nombreuses équipes spécialisées mais cette organisation perd un peu parfois les clients qui ne savent plus vraiment qui gère leur dossier, sans compter que le souci de la discrétion est difficile à maîtriser dans de telle structure. Chez Ondra, nous sommes une petite équipe indépendante d’une vingtaine de banquiers répartis entre Londres et Paris", explique, lors d’un entretien accordé à WanSquare, Yann Dever, l’un des trois associés gérants d’Ondra à Paris.

 

Plus jamais une affaire Lehman Brothers

 

Il faut dire que la chute de la banque new-yorkaise Lehman Brothers, en septembre 2008, aura laissé des traces dans les esprits mais aussi chez les banquiers. C’est dans ce contexte que deux anciens de la banque américaine, l’ancien patron des fusions-acquisitions au Royaume-Uni, Michael Tory, et le Français Benoît d’Angelin, ont créé Ondra à Londres en 2008 pour miser sur le sur-mesure. "Il était important de revenir aux sources de notre métier, en apportant un conseil loyal et sans conflit d’intérêts aux clients qui ont besoin de confiance", poursuit Yann Dever qui a donc rejoint l’aventure dix ans plus tard pour ouvrir le bureau de Paris.

 

Un trio d’associés-gérants

 

Il était jusqu’alors associé-gérant chez Lazard depuis 2006, où il dirigeait le département restructuring et est passé chez HSBC. Il sera suivi, deux ans plus tard, par Jean-Wilfried Diefenbacher, ex-managing director chez HSBC à Londres et passé lui aussi chez Lazard à la fin des années 1990. "Je suis rentré en France en 2019 pour rejoindre le fonds d’investissement Triton. Dans le cadre de l’exécution d’une transaction, j’ai recroisé Yann. L’association s’est donc faite assez naturellement ", nous relate celui qui est spécialisé dans le conseil sur l’énergie et les ressources naturelles en Europe et en Asie.

L’ancien directeur de cabinet adjoint auprès de François Baroin au ministère de l’Économie et conseiller du président de la République, Nicolas Sarkozy, Gilles Mentré, reconverti dans la banque d’affaires (il fut lui aussi pendant sept ans associé-gérant chez Lazard) ferme le trio de dirigeants d’Ondra à Paris.

 

Des opérations longues et difficiles

 

Pour se différencier d’autres banques d’affaires, Ondra s’est donc positionnée sur des dossiers complexes. "À nos yeux, ces opérations sont plus intéressantes. Nous intervenons sur des opérations de M & A qui peuvent être liées à des contentieux, des fusions post-restructuration, des reprises d’entreprise en difficulté (stressed et distressed M & A), des restructurations financières", détaille Yann Dever. "Des opérations qui nécessitent des compétences techniques avérées ", ajoute Jean-Wilfried Diefenbacher.

Une technicité que le très discret groupe Mulliez semble apprécier. Il leur a, par exemple, confié en 2022 la vente de sa marque de mode Pimkie, durement touchée par la crise sanitaire. Des transactions longues et difficiles que la banque affectionne tout particulièrement, "telles que le rachat d’Aubert et Duval par Airbus, Safran et Tikehau Ace Capital auprès du groupe minier d’Eramet qui aura nécessité le feu vert des autorités de la concurrence françaises, européennes, et même chinoises ", rappelle Jean-Wilfried Diefenbacher.

 

Maitrise de la gestion des pouvoirs publics

 

Vu de l’étranger, mener des deals en France peut de fait sembler une épreuve. "Si la France est très attractive pour les investisseurs étrangers, il n’en reste pas moins que, contrairement à d’autres pays du monde, sa réglementation reste complexe. Le contrôle des concentrations et des investissements étrangers y sont, par exemple, très rigoureux sans compter les pouvoirs publics qui n’hésitent parfois pas à s’emparer d’un projet de rapprochement entre deux entreprises ", souligne-t-il.

C’est ainsi qu’Ondra Paris a conseillé, en pleine crise sanitaire, les deux actionnaires de But/CD & R ainsi que le conglomérat autrichien Lutz, propriétaire de But depuis 2016, dans le rachat de Conforama en graves difficultés financières. Une opération qui aura été contrôlée par l’Autorité de la Concurrence et par Bercy, qui avait autorisé un prêt garanti par l’État de 300 millions d’euros à l’enseigne pour surmonter la pandémie.

 

Savoir dire non

 

"Par ailleurs, nous avons conseillé l’entreprise minière sud-africaine Sibanye-Stillwater, historiquement positionnée sur l’extraction de l’or et du platine, et qui avait décidé de s’intéresser au lithium et au nickel utiles à la fabrication de batteries. C’est donc dans ce contexte que nous l’avons accompagnée dans le rachat d’une usine de raffinerie de Sandouville appartenant aussi à Eramet, ainsi que dans leur investissement stratégique dans le projet de gigafactory Verkor à Dunkerque", nous relate Jean-Wilfried Diefenbacher qui souligne la capacité d’Ondra à soutenir les investisseurs étrangers.

Des opérations qui auront mis plus de deux ans à voir le jour. "La loyauté à nos clients passe par le long terme. Mieux nous les comprenons et plus nous sommes pertinents dans nos conseils", poursuit-il, avouant même ne pas hésiter parfois à déconseiller un deal. "C’est une question d’éthique", fait-il observer.

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