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Sur les marchés / Investir Day / Euronext Paris / Montpensier

Sur les marchés
Investir Day / Euronext Paris / Montpensier

Les taux et la Chine décideront de la trajectoire des Bourses en 2024 / Après les découplages observés en 2023

Alors que 2023 semble vouloir s’achever de manière positive pour les marchés actions européens et américains, l’année écoulée aura montré certaines particularités, comme le découplage grandissant entre grandes et petites valeurs, phénomène amplifié outre Atlantique. Le scénario de l’année 2024 sera, lui, déterminé par la trajectoire des taux des banques centrales, et la politique de relance chinoise, un possible choc des matières premières lié à la géopolitique faisant figure d'épée de Damoclès.
Wilfrid Galand, directeur stratégiste de Montpensier Finance, et Delphine d’Amarzit, présidente-directrice générale d’Euronext Paris, lors de l'Investir Day 2023
Wilfrid Galand, directeur stratégiste de Montpensier Finance, et Delphine d’Amarzit, présidente-directrice générale d’Euronext Paris, lors de l'Investir Day 2023

Après une année 2022 cataclysmique, et à moins d’un accident toujours possible en décembre, 2023 semble partie pour se terminer sur une note positive pour les marchés actions de part et d’autre de l’Atlantique. Et ce malgré un paradoxe, puisque les taux d’intérêt ont monté cette année "à une vitesse jamais connue depuis 40 ans", a pointé Wilfrid Galand, directeur stratégiste de Montpensier Finance, qui s’exprimait mardi lors de l’Investir Day, l’événement dédié à l’investissement individuel du groupe Les Echos-Le Parisien au Carroussel du Louvre.

Plusieurs explications à cela. Tout d’abord, la réouverture de l’économie chinoise a suscité beaucoup d’espoirs en début d'année, sachant que l’essentiel de la performance des marchés actions en 2023 s'est faite au cours des deux à trois premiers mois. Deuxièmement, grâce au soutien apporté à l'économie américaine par le gouvernement fédéral, la consommation des ménages américaines s’est montrée très résiliente. "C’est ce qui explique que l'économie ait finalement bien tenu malgré cette hausse considérable des taux", a poursuivi Wilfrid Galand.

 

L’IA, un "game changer"

 

Pour faire mieux que se maintenir, les marchés ont aussi pu compter sur le très fort engouement autour de l’intelligence artificielle, porté par l’espoir que celle-ci change la face de l’économie. D’ailleurs, "il y a depuis quelques mois une augmentation de la productivité américaine qui peut rendre optimiste, laissant à penser que l’on observe peut être les premiers effets de cette révolution technologique qui commence à s'insérer dans l'économie", a également observé le stratégiste.

Une autre caractéristique de l’année boursière 2023 aura été le découplage entre les très grandes valeurs et les petites et moyennes valeurs : "1% des entreprises font 70% de la performance", a relevé pour sa part Delphine d’Amarzit, présidente-directrice générale d’Euronext Paris, qui s’exprimait aux côté de Wilfrid Galand. Le fait est qu’à l'intérieur des indices, la performance des valeurs aura été négativement corrélée à leur taille, alors qu'historiquement les small et midcap surperforment. Un phénomène encore amplifié aux Etats-Unis où les "sept magnifiques" (Apple, Microsoft, Amazon, Alphabet, NVidia, Meta, et Tesla) expliquent à eux-seuls la performance positive des indices américains.

Et la responsable d’Euronext Paris de pointer également la faiblesse du flux d’introductions en Bourse de l’année écoulée, sur la place parisienne notamment. La fenêtre favorable pour les IPO étant difficile à trouver en l’absence du signal très attendu de la fin de la hausse des taux des banques centrales, d’une part, et compte tenu d’autre part des crises géopolitiques qui se succèdent.

 

Des investisseurs américains structurellement "longs"

 

Au-delà également du fait que les marchés actions américains sont traditionnellement en avance sur le cycle économique, leur découplage relatif avec l’Europe tient aussi au fait que "le marché américain est le seul à disposer d'investisseurs structurellement longs (acheteurs) sur les indices", a souligné Wilfrid Galand de Montpenser Finance. Qu’il s’agisse de fonds de dotation ou de fonds de pensions, ces investisseurs structurellement longs sur le S&P 500 "ne désinvestiront jamais", alors que ce type d'investisseurs n'existe quasiment plus en Europe où ce système qui a longtemps reposé sur les assureurs "a été cassé", a-t-il ajouté.

Pour 2024, aux yeux du stratégiste, la première question à se poser est celle de la trajectoire des taux. Sachant que les Etats-Unis devraient selon lui se diriger vers une première baisse de taux "probablement dès la fin du premier semestre", l’économie américaine ne pouvant plus supporter encore très longtemps les taux élevés actuels.

Et, "deuxième élément auquel on doit réfléchir, est ce que la Chine peut tolérer une croissance qui l'amène à décrocher des États-Unis et à ne pas remplir sa mission de redevenir la première puissance mondiale à horizon 2049, correspondant à l’anniversaire de la naissance de la République populaire de Chine ?", s’est interrogé Wilfrid Galand, pour qui la réponse est non, ce qui amènera la Chine a relancer son économie. Et ce tandis que les Etats-Unis devraient continuer à soutenir leur économie en parallèle.

Ces raisons incitent ainsi le stratégiste à tabler sur un scénario "plutôt positif sur 2024", mais "avec une vraie interrogation sur la possibilité d’un choc des matières premières lié à un choc géopolitique", qui constitue selon lui, "la véritable question pour 2024".

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