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L’accord nucléaire entre Engie et la Belgique est bouclé / Dernière ligne droite avant le feu vert politique
Les choses suivent leur cours. Quelques mois après la signature au début de l’été de l’accord intermédiaire avec le gouvernement belge sur la prolongation de dix ans de l’activité de deux réacteurs nucléaires, la conclusion de l’accord final se rapproche. "L'accord avec Engie est conclu", a même annoncé ce week-end Tinne Van der Straeten, la ministre de l'Énergie d’outre-Quiévrain. Conclu mais pas encore en vigueur. "Les textes sont pratiquement finalisés et passent maintenant par le circuit d’approbation politique en vue d’une signature finale prochaine", confie-t-on chez Engie. Les 1500 pages doivent ainsi encore être soumises au gouvernement. Puis les textes qui le mettent en œuvre seront envoyés au Conseil d'Etat avant d'atterrir au parlement. Pour que l'accord soit considéré comme clos, il faudra ensuite que la Commission européenne donne son feu vert.
Ce processus qui va se dérouler au cours des prochaines semaines devrait ainsi permettre à l’énergéticien de signer l’accord en question d’ici la fin de l’année, conformément au calendrier confirmé début novembre par directrice générale du groupe, Catherine MacGregor. Dès lors, Engie pourra tourner définitivement une page ouverte en 2005 lors du rachat par Suez (un an avant sa fusion avec GDF, l’ensemble prenant le nom d’Engie en 2015) de la totalité du groupe Electrabel, premier producteur d’électricité en Belgique. Et même bien avant. Puisque ces centrales étaient à l’origine la propriété de Tractebel qui était, jusqu’en 1988 l’une des très nombreuses filiales de la société générale de Belgique, dont Suez avait pris le contrôle en 1988 au nez à la barbe du financier italien Carlo de Benedetti. Une époque où la question de la domination de l’atome civil dans le paysage électrique belge ne se posait pas.
Accélérer dans les énergies renouvelables
La sortie du nucléaire de la Belgique est une saga de 20 ans débutée avec une loi de janvier 2003. Une loi modifiée en 2013 et en 2015 pour prolonger la durée d'exploitation de 10 ans de plusieurs réacteurs. Et, tandis que le pacte énergétique belge de 2018 avait finalement acté cette sortie pour 2025, le bouleversement du marché de l’énergie provoqué par la guerre en Ukraine a changé la donne. Encore fallait-il convaincre Engie de poursuivre une activité qui ne fait plus partie de ses priorités, et dont il ne souhaite plus assumer seul les risques.
C’est tout l’objet de l’accord provisoire conclu cet été, qui a acté le principe de la création d’une structure juridique dédiée à cette activité détenue à parité par l’État belge et Engie, les deux unités nucléaires les plus récentes du pays étant prolongées jusqu'en 2035. Sur cette période, le modèle économique repose d’un côté sur un mécanisme dit de "Contrat pour différence", qui garantit à Engie un revenu fixe pour l'électricité produite et un prix stable pour le consommateur. Et de l’autre sur un montant de 15 milliards d’euros, payable en deux fois par le groupe, dont une partie au premier semestre 2024, pour solde de tout compte des coûts futurs liés au traitement des déchets nucléaires.
Pendant ce temps, Engie peut continuer à se concentrer sur ses priorités stratégiques. L’accélération de l’activité Renouvelables et la bonne tenue de ses activités de trading ont permis au groupe de relever début novembre ses prévisions 2023 pour la deuxième fois de l’année. La montée en puissance dans les énergies renouvelables s’opère conformément au plan de marché. Après la mise en service de 3,9 gigawatts (GW) de capacités renouvelables en 2022, le groupe revendiquait 7,6 GW en construction à fin septembre. De quoi conforter l’objectif de 4 GW de capacités installées par an en moyenne jusqu’en 2025.
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