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Derichebourg voit les planètes se réaligner / Le pire est passé pour le recycleur de métaux
Le bout du tunnel est proche pour le recycleur de métaux Derichebourg. L’entreprise familiale, qui avait apporté il y a un an ses activités de services aux entreprises au géant de la restauration collective Elior, a subi de plein fouet la dégradation du cycle de la ferraille en cours de son exercice 2022-2023, clos fin septembre. Le fait est que les clients qui achètent au groupe ses ferrailles sont "électro-intensifs" et qu’ils ont été contraint depuis l’été 2022 à réduire leur rythme de production pour limiter l’impact de la flambée des prix de l’électricité sur leurs coûts. Une envolée des prix de l’électricité liée à l’explosion de ceux du gaz – via le mécanisme européen de fixation du prix de l’électricité – à la suite de l’invasion de l’Ukraine par la Russie.
Cette hausse des prix de l’énergie, concomitante à celle des produits alimentaires, a initié un cycle inflationniste qui a conduit les banques centrales à opérer une hausse historique des taux d’intérêt, celle-ci provoquant un ralentissement de l’activité économique. "Ce ralentissement a été précoce pour les secteurs finaux auxquels le groupe est exposé", a rappelé jeudi Derichebourg à l’occasion de la publication de ses résultats annuels. A savoir, l’automobile pour les approvisionnements de ferrailles et ventes de lingots d’aluminium, les aciers longs pour la construction et les infrastructures, et l’économie générale pour les métaux non ferreux.
Rentabilité sous contrainte
Conséquence, les volumes de ferrailles commercialisés par le groupe au cours de son exercice 2022-2023 ont reculé de 5,8 %. Le retrait de l’activité sous-jacente a été de l’ordre de 11,5 %, variation comparable avec celle de la production d’acier dans les grands marchés servis par le groupe. Corollaire de cette plus faible demande, le prix des ferrailles a chuté de 17 % par rapport à l’exercice précédent, période au cours de laquelle il avait atteint des records historiques. Il n’est pas surprenant, dans ce contexte, que le chiffre d’affaires de Derichebourg ait reculé de 16,7 %, à 3,6 milliards d’euros.
Sur le plan de la rentabilité, l’excédent brut d’exploitation (Ebitda) a chuté de 27,1 %, à 334,8 millions d’euros, soit une marge d’Ebitda de 9,2 %, en baisse de 140 points de base, "totalement en ligne" avec les attentes et "sans surprise sous contrainte", note le courtier TP ICAP. "A la contraction des volumes et des marges unitaires s’ajoute l’inflation notamment des coûts d’énergie au second semestre", ajoute-t-il.
Des prix qui remontent
La bonne nouvelle se situe dans les perspectives. Alors que les prix spots de l’électricité ont retrouvé un niveau supportable au printemps 2023, et bien que les premiers mois du nouvel exercice (2023-2024) s’inscrivent dans la continuité du précédent, "un palier support semble avoir été atteint dans les volumes", indique le groupe, pour lequel plusieurs planètes ont commencé à s’aligner.
Notamment, malgré la faiblesse de la croissance économique, les hausses récentes des prix des ferrailles, bien que limitées, traduisent un déficit de matières collectées par rapport au besoin des aciéries, en particulier pour le grand export. Et ce alors que "les prix unitaires remontent au moindre signe de reprise de la demande", observe TP ICAP.
De même, plusieurs outils de production investis au cours de l’exercice 2022-2023 vont entrer en production, contribuant à faire progresser la valeur ajoutée du groupe qui va aussi bénéficier à compter de janvier prochain de nouveaux prix de l’électricité en France. Celles-ci se traduiront par une économie de l’ordre de 15 millions d’euros en année pleine, à volumes équivalents. Sans oublier que Derichebourg bénéficiera également de l’amélioration des résultats d’Elior, dont il détient désormais 48,3 % du capital.
Une conjonction d’éléments favorables qui laisse à penser que le pire est sans doute passé. Ce qui se voit dans les prévisions de l’entreprise qui estime que son Ebitda devrait rebondir à plus de 350 millions d’euros pour l’exercice 2023-2024. Une prédiction manifestement jugée crédible : l’action Derichebourg a terminé la séance de jeudi en hausse de 4,4 % à 4,84 euros.
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