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Publications, Résultats / Elior / Derichebourg / Daniel Derichebourg / Bernard Gault

Publications, Résultats
Elior / Derichebourg / Daniel Derichebourg / Bernard Gault

Elior devient multiservices / Derichebourg prend le contrôle opérationnel de l’entreprise

En signant l’acquisition du pôle Multiservices de Derichebourg, Elior fait un pas salutaire vers l’allègement de son levier financier, tout en renforçant son modèle économique avec des activités plus rentables que les siennes. En contrepartie, Derichebourg va monter à 48,4% du capital du groupe de restauration collective dont Daniel Derichebourg prendra les commandes.
La tour Elior, siège social - Laurent GRANDGUILLOT/REA
La tour Elior, siège social - Laurent GRANDGUILLOT/REA

La revue stratégique lancée cet été par Elior a accouché du scénario attendu. Le groupe de restauration collective piloté depuis mars par Bernard Gault - qui va bientôt laisser sa place - devrait bel et bien acquérir l’activité Multiservices de l’opérateur de services aux entreprises et à l’environnement Derichebourg. Il en a fait l’annonce mardi, moins d’un mois après avoir confirmé des discussions en ce sens, et les investisseurs ont apprécié, l’action Elior gagnant plus de 4%.

Avec cette opération, Elior fait, il est vrai, d’une pierre deux coups. Son mode de financement par émission de nouvelles actions au profit de Derichebourg remédie à l’un des sujets de préoccupations majeurs du marché : l’endettement. Et d’autre part, le mariage des deux entités doit permettre d’accélérer le redressement de l’entreprise, notamment par l’effet des synergies attendues.

 

Baisse du levier financier

 

Sur le premier volet, la dette du groupe atteignait 1,2 milliard d’euros fin septembre, un niveau élevé, difficilement supportable au regard des faibles résultats qu'elle dégage, qui a conduit Elior à demander à ses banques – qui ont accepté - un assouplissement du test de son ratio de levier au 30 septembre 2023. A cette échéance, sa dette pourra représenter jusqu’à 6 fois son excédent brut d’exploitation (Ebitda), au lieu de 4,5 fois auparavant. Mais obtenir l’autorisation de dépasser les limites acceptables rassure moins que d’avoir la certitude de rester en dessous. 

L’acquisition de Derichebourg Multiservices (DMS) sera entièrement financée par l’émission d’actions Elior au prix de 5,65 euros. Ce qui fera mécaniquement monter la participation de Derichebourg dans Elior de 24,4% aujourd’hui, à 48,4%. Pour ce faire, l'expert en recyclage des métaux devra d’ailleurs obtenir de l'Autorité des marchés financiers (AMF) une dérogation à l'obligation de déposer une offre publique d'achat (OPA) sur les actions d'Elior. Mais surtout, la transaction, qui valorise DMS à 450 millions d’euros en valeur d’entreprise, permettra une "réduction significative du levier financier", a indiqué l’entreprise.

L’acquisition des actifs de DMS, sans dette, en échange d’une rémunération entièrement en actions, améliorera immédiatement le profil financier d'Elior en faisant passer le levier d’endettement de 8,3 fois à 6,2 à fin septembre 2022. Et si l’on se projette sur 2023, tandis que le consensus des analystes prévoyait avant l’opération un ratio de levier de 4,7 fois à fin septembre prochain, la dette nette devrait redescendre à 3,8 fois l’Ebitda selon un calcul préliminaire du cabinet Oddo BHF.

 

Un groupe plus diversifié

 

L’opération va aussi remodeler le profil opérationnel de l’entreprise. En intégrant DMS, Elior renforcera son offre de "soft facility management", qui caractérise les missions ne nécessitant pas de technicité forte, comme les services d’accueil ou de gestion du courrier, les prestations de nettoyage ou d’entretien des espaces verts. Également, le groupe sera désormais en mesure d’apporter de nouveaux services complémentaires à forte valeur ajoutée dans la sécurité, le "hard facility management" (efficacité énergétique, éclairage public) ainsi que dans des services de ressources humaines et d'intérim et la sous-traitance aéronautique.

In fine, si la restauration restera bien la principale activité du groupe, sa part dans le chiffre d’affaires passera de 90% aujourd’hui à 69%, tandis que les multiservices en représenteront 31% (au lieu de 10%). Et ce, alors que la marge d’Ebitda de DMS a dépassé 5% cette année, nettement au-dessus de celle d’Elior. Avec aussi, potentiellement, à la clé, "un fort potentiel de création de valeur avec des synergies estimées au minimum à 30 millions d'euros d'Ebitda en année pleine à l’horizon 2026", promet la société. Ce qu’il faudra néanmoins démontrer. A ce stade, ces 30 millions d'euros de synergies paraissent beaucoup au regard des 108 millions d'euros d'Ebitda péniblement dégagé sur l'exercice écoulé.

Cette diversification accrue ne devra pas non plus détourner Elior des efforts nécessaires au redressement de son activité de restauration collective, qui restera de loin son métier cœur. Il faudra plus que les progrès montrés lors de la récente publication des résultats de l’exercice 2021-2022 pour faire oublier les performances en retrait de ces dernières années, notamment vis-à-vis du concurrent Sodexo. Le groupe doit encore convaincre que l’objectif d’une marge opérationnelle supérieure à son niveau d’avant-Covid en 2024 ne sera pas un vœu pieu. La tâche en incombera désormais à Daniel Derichebourg, l’actuel PDG de Derichebourg, qui s’apprête à prendre les rênes d’Elior pour quatre ans.

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