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Elior / Derichebourg / Daniel Derichebourg

Elior donne de solides gages de son redressement / La reprise en main par Derichebourg s’avère efficace

En quelques mois à la tête d’Elior, Daniel Derichebourg a déjà remis d’aplomb la rentabilité opérationnelle du groupe de restauration collective, rassurant les marchés. Le désendettement n’en est toutefois encore qu’à ses débuts.
Le groupe Elior a renoué avec la rentabilité opérationnelle - Photo by Magali Cohen / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Le groupe Elior a renoué avec la rentabilité opérationnelle - Photo by Magali Cohen / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Longtemps très incertain, le redressement opérationnel d’Elior se dessine. Le groupe de restauration collective et de concessions, qui avait pris de plein fouet la crise sanitaire, commence à sortir la tête de l’eau. Repris en main par Daniel Derichebourg lors du rapprochement du groupe éponyme avec Elior en début d’année, l’entreprise affiche certes encore des comptes déficitaires. Mais la perte nette de 93 millions d’euros enregistrée sur l’ensemble de son exercice 2022-2023 clos fin septembre, marque une amélioration considérable par rapport à celle de 427 millions d’euros de l’exercice précédent.

Mieux, l’Ebitda ajusté, qui est l’indicateur de référence de la performance opérationnelle du groupe (en ce sens qu’il inclut les amortissements induits par les dépenses d’investissement inhérentes au modèle économique) est sorti du rouge, s’établissant à 59 millions d’euros, comparé à une perte de 48 millions d’euros un an plus tôt. Dans le même temps, le chiffre d’affaires de l'ensemble de l'exercice 2022-2023 a atteint à 5,2 milliards d'euros, en hausse de 17,3% à données publiées et de 11,2% en données organiques, dépassant l’objectif de 10% de croissance organique que le groupe s’était fixé.

Soit des résultats "pour une fois sans surprise et en ligne avec nos attentes", salue notamment le courtier TP Icap. Une situation qui tranche avec les déboires du début d’année et qui s’accompagne de perspectives pour 2024 qui tendent à conforter le scénario de redressement du groupe.

 

Changement d’approche

 

Pour son nouvel exercice 2023-2024, la société contrôlée depuis avril par le spécialiste du recyclage de métaux industriels Derichebourg table sur une croissance organique de son chiffre d'affaires comprise entre 4% et 5% et sur une marge opérationnelle (d’Ebita) ajustée d'environ 2,5%, contre 1,1% sur l’exercice écoulé. Et si la prévision de chiffre d’affaires peut sembler conservatrice, en comparaison, l'objectif de marge apparaît davantage "ambitieux à ce stade, bien qu'il puisse être atteint si le ralentissement de l'inflation se maintient au cours des prochains mois", observe pour sa part le bureau de recherche Stifel.

Dans leur conception, ces prévisions reflètent surtout un virage stratégique potentiellement salutaire. Reposant davantage sur la progression de la marge que sur la croissance, elles "témoignent d'une nouvelle approche commerciale centrée sur la sélectivité, la gestion du risque et la rétention des clients", comprend TP Icap. Le travail d'extinction des foyers de pertes dans la restauration collective porte ses fruits, le développement commercial s’accompagnant d’une rationalisation du portefeuille existant et des sorties volontaires de contrats dont le niveau de rentabilité est jugé insuffisant.

Parallèlement, dans les services, les bienfaits de l’intégration des activités de Derichebourg Multiservices (DMS) s'avèrent plus importants que prévu, contribuant au redressement de l'ensemble. Entre les activités d'Elior Services, spécialisées dans le nettoyage, l’hygiène et le soft facility management, et celles de DMS, tournées vers l’efficacité énergétique, les services RH et d'intérim et la sous-traitance aéronautique, les synergies de coûts ont été revues à la hausse à 56 millions d'euros à l'horizon 2026, contre 30 millions d'euros prévus initialement.

 

Désendettement prioritaire

 

Reste la question du désendettement, définie comme prioritaire. Et pour cause. Après son record de 7,1 fois atteint au premier semestre, le ratio de levier – soit le rapport entre la dette nette et l’Ebita ajusté – est redescendu à 5,4 fois fin septembre, soit un niveau reflétant une situation financière toujours tendue. Pour la prochaine échéance du 31 mars 2024, le groupe s’est ménagé une marge de manœuvre supplémentaire en obtenant un assouplissement du seuil à 5,25 fois (au lieu de 4,5 fois). L’objectif est de ramener ce ratio de levier autour de quatre au 30 septembre 2024 puis en dessous de trois en 2026. La trajectoire est bonne, mais "il faudra probablement deux ou trois ans pour redresser le groupe, dans un contexte de bilan pour le moment serré", résument les analystes d’Oddo BHF.

Toujours est-il que les premiers progrès accomplis sur le plan opérationnel et de la dette ont reçu un bon accueil en Bourse. Elior a bondi mercredi de plus de 6%, le titre regagnant près de 40% en un mois depuis les plus bas historiques autour de 1,5 euro touchés fin octobre.

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