Dirigeants, gouvernance / Elior / Derichebourg / Gouvernance / nomination / Bourse
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La promotion de Bernard Gault chez Elior ne rassure pas les investisseurs
La stratégie de Derichebourg chez Elior ne convainc décidément pas le marché.
Déjà, en mai dernier, lorsque le spécialiste du recyclage de métaux, du traitement des déchets et de la propreté au sein des entreprises, avait annoncé à l’Autorité des marchés financiers (AMF) son intention d’augmenter ses parts de 4,9% à 19,6%, en rachetant 14,6% de titres auprès de Robert Zolade, co-fondateur du groupe et de Gilles Cojan, président du conseil d’administration du groupe, et faisant ainsi de Derichebourg le premier actionnaire d’Elior, l’initiative avait été mal accueillie en bourse. Ne comprenant pas les synergies espérées entre les deux entreprises, les investisseurs avaient délaissé le titre de la société de recyclage qui avait lâché 10% dans la foulée.
Ce lundi, à la suite de l’annonce de la nomination en tant que président-directeur général de Bernard Gault, jusqu’alors directeur général par intérim depuis le 1er mars 2022 après le départ surprise de Philippe Guillemot chez Vallourec, les marchés sont restés là encore dubitatifs. Ce matin, l’action Elior perdait toujours 4,29% à 2,10 euros. "Le reflet d’une incapacité du groupe à trouver un candidat externe", juge les analystes.
Il faut dire que Bernard Gault, 63 ans, avait lui-même déclaré, lors de la présentation des derniers résultats financiers, également au mois de mai, qu’il ne comptait pas conserver ses fonctions de manière permanente. Il était d’ailleurs jusqu’alors administrateur indépendant d’Elior.
Ingénieur de l’école Centrale et diplômé de Sciences Po Paris, il a débuté sa carrière en 1982 au sein de la Compagnie Financière de Suez. Fondé de pouvoirs puis sous-directeur, il participe alors à la gestion du portefeuille des participations industrielles et de services de la Compagnie. Il devient, six ans plus tard, banquier conseil pour la France et la Belgique dans la division "banque d’affaires" de Morgan Stanley, où il sera nommé notamment directeur général du bureau de Paris de la banque et dirigeant pour l’Europe de son fonds de private equity Morgan Stanley Capital Partners. En 2006, il co-fonde la société de conseils financiers et de gestion d’actifs Perella Weinberg Partners, puis dix ans plus tard, la société d’investissement Barville & Co.
Sa nomination à la présidence d’Elior est liée à l’arrivée de deux nouveaux administrateurs venus de chez Derichebourg : Daniel Derichebourg, représentant la société Derichebourg SA et Françoise Mahiou pour Derichebourg Environnement, en remplacement de Robert Zolade et de Servinvest, représentée par Sophie Javary. "A ces nouvelles fonctions, Bernard Gault devra assurer la continuité du plan de redressement des marges du groupes ainsi que piloter une revue des options stratégiques au sein du conseil d’administration " précise un communiqué de l’entreprise de restauration collective, ce qui laisse présager d’autres départs au sein de l’équipe décisionnaire.
Quant au rétablissement des marges, Bernard Gault a désormais fort à faire. Percuté de plein fouet par la pandémie qui a démocratisé le télétravail, à l’instar de son concurrent Sodexo, le spécialiste de la restauration collective a essuyé une perte nette massive de 483 millions d’euros sur son exercice 2019-2020, qu’il a réussi à ramener à 100 millions d’euros en 2020-2021. Compte tenu des fortes tensions inflationnistes, le groupe table désormais pour son exercice 2021-2022, le groupe table sur une croissance organique de son chiffre d’affaires d’au moins 16%, contre 18% annoncé précédemment et un bénéfice avant intérêt (Ebitda) ajusté autour de l’équilibre, contre une marge de 2 à 2,5% auparavant.
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