Entreprises / Actions / Elior / Derichebourg / ferraille / OPA / Services à l'environnement
Entreprises / Actions
Elior / Derichebourg / ferraille / OPA / Services à l'environnement
Bénéfices records pour le ferrailleur Derichebourg / L’intégration d’Ecore a joué à plein
S’il est bien moins connu que les champions nationaux des services à l’environnement Veolia et Suez, le groupe Derichebourg fait beaucoup parler de lui ces derniers temps. Après avoir été récemment sous les feux de l’actualité à suite de sa montée au capital du groupe de restauration collective Elior, l’entreprise dirigée par Daniel Derichebourg vient de publier des résultats annuels records.
Son chiffre d’affaires réalisé sur l’exercice clos le 30 septembre s’est élevé à 5,3 milliards d’euros, en hausse de 45,9% par rapport à l’exercice précédent, et bien au-dessus des 4,9 milliards d’euros anticipés par le consensus FactSet. De même, le résultat opérationnel courant de 353,9 millions d'euros et le bénéfice net de 237,6 millions d’euros, en augmentations respectives de 34,5% et 36,6%, ont dépassé les anticipations de marché.
Cette performance historique doit beaucoup évidemment à l’acquisition à la fin de l’année dernière de son concurrent Ecore, qui a permis à Derichebourg d’asseoir sa position de leader de l’économie circulaire dans la transformation de déchets métalliques en matières premières issues du recyclage. Opération qui a concrètement ajouté 1,2 milliard d’euros de chiffre d’affaires. L’occasion de rappeler que le premier métier de l’entreprise est celui de ferrailleur et que l’entreprise familiale telle qu’on la connaît aujourd’hui avec ses deux divisions Environnement et Multiservices est aussi le résultat d’une précédente opération transformante réalisée en 2007 avec la fusion entre la Compagnie Française des Ferrailles (CFF) et Penauille PolyServices.
Deux semestres très différents
De fait, la forte croissance (+57,9%) des activités de Derichebourg de services à l’environnement sur l’exercice écoulé résulte largement du "fort impact de l’intégration d’Ecore sur neuf mois", notent les analystes de TP ICAP Midcap. Alors qu’ "en organique", hors apport d’Ecore, "les volumes de ferraille ont chuté de 12% en raison de la faiblesse de la collecte automobile au premier semestre et de la chute de la demande des aciéries au deuxième semestre", ajoutent-ils.
En termes de rentabilité aussi, le bond de 39,2% de l’excédent brut d’exploitation (Ebitda) courant de la branche Environnement sur l’exercice 2021-2022 est largement lié à Ecore. "Hors intégration d’Ecore et synergies associées, l’Ebitda serait resté stable par rapport à 2021, les fortes marges unitaires enregistrées durant le début d’exercice ont été compensées par l’inflation (énergie, salaires, maintenance) et la chute des volumes", poursuit TP ICAP Midcap. Avec une dichotomie marquée entre l'importante hausse des prix du premier semestre pour la ferraille et les métaux non ferreux et le recul observé au second.
Le nouvel exercice 2022-2023 a d'ailleurs débuté sous des auspices économiques compliqués. Le groupe évoque lui-même de premiers mois "qui se déroulent dans la continuité des derniers mois de l’exercice précédent avec des volumes impactés par des anticipations économiques sous contrainte, qui rendent les clients prudents sur leur niveau de stocks, a fortiori dans un contexte de coûts de l’énergie trop élevé". Un contexte marqué par "un ralentissement de la production industrielle et de l’acier principalement en Chine", note de son côté le cabinet Oddo-BHF. Pour autant, le groupe est toujours profitable, les coûts d’énergie sont couverts (mis à part le gaz) et les synergies d’intégration d’Ecore sont vouées à se renforcer.
Pas d'OPA sur Elior
Quant à l’activité Multiservices, Derichebourg mise sur sa dynamique commerciale pour continuer à faire progresser le chiffre d’affaires, qui avoisinerait le milliard d’euros, contre 941 millions d’euros sur l’exercice écoulé. Le groupe est confiant également que "la division absorbera (par les clients, par de la productivité, en réduisant les frais généraux) l’inflation salariale".
La question d’un rapprochement avec Elior reste, elle, en suspens. Rien ne filtre depuis la révélation de discussions avec Elior pour l’éventuel apport de cette branche Multiservices au groupe de restauration. "Il n’existe aucune certitude quant à l’issue de ces discussions et à la conclusion d’un accord ferme relatif à cet apport", rappelle Derichebourg, qui confirme au passage "ne pas avoir l’intention de déposer une OPA sur Elior".
A la Bourse de Paris, l’action Derichebourg, a gagné 3,9% jeudi, à 5,43 euros, portant son rebond à 39% depuis son point bas de fin septembre sous les 4 euros. Le titre accuse cependant toujours une baisse de 46,5% depuis le début de l’année.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

