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Journée noire en Bourse pour Elior / Le redressement opérationnel de l’entreprise prendra du temps
Les débuts de la prise en main d’Elior par Derichebourg se révèlent mouvementés. Si les actionnaires du groupe de restauration collective espéraient des lendemains immédiats qui chantent, ils devront d’abord en passer par de la sueur, du sang et des larmes. Un mois tout juste après l’approbation en assemblée générale du rapprochement entre le groupe de restauration collective et le spécialiste du recyclage des métaux ferreux et non ferreux, le nouvel ensemble a lancé mercredi un avertissement lourdement sanctionné en Bourse, l’action Elior chutant de 22,8% à 2,98 euros.
L’entreprise a abaissé sa prévision de marge opérationnelle, désormais attendue vers le bas de la fourchette de 1,5% à 2% initialement visée. La raison ? Le contexte fortement inflationniste qui oblige le groupe à d’importants efforts de renégociation de ses contrats. Des renégociations, "parfois difficiles, particulièrement dans le secteur public en France", a expliqué Daniel Derichebourg, le nouveau président directeur général. En France, les collectivités locales sont peu enclines à accepter des hausses de prix au-delà des clauses d’indexation, malgré la décision du Conseil d'État en septembre 2022 qui en a autorisé le principe et les recommandations du gouvernement qui en ont encouragé la pratique.
Tout n’est pas noir cependant. Concernant l’intégration de Derichebourg Multiservices (DMS), l’objectif d’au minimum 30 millions d'euros de synergies d'excédent brut d’exploitation annuelles récurrentes à l’horizon 2026 est confirmé, une partie des synergies de coûts étant attendue dès la clôture de l’exercice en cours. Pour autant, les investisseurs sont circonspects quant au rythme auquel le groupe va pouvoir se redresser. "D'un point de vue purement opérationnel, nous pensons toujours que l'amélioration chez Elior sera plus lente que chez les concurrents, même avec l'intégration de DMS, avec un risque d'intégration relativement élevé à court terme", commente ainsi Oddo BHF.
Le bureau d’analystes estime "qu'il faudra probablement deux à trois ans pour redresser le groupe", redressement jugé encore "lointain et incertain" vu les nombreux faux pas stratégiques et opérationnels accumulés au cours des dernières années. Et ce dans un contexte de bilan sous tension. Le free cash-flow montre certes des signes d’amélioration. Il s’est établi à -15 millions d’euros au premier semestre 2022-2023, contre -96 millions d’euros l’an dernier. Mais l’endettement financier net reste considérable à 1,25 milliard d’euros à fin mars 2023, soit un ratio de levier d’endettement de 7,1 fois.
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