Macro-économie / Taux / OPEP / pétrole / COP28 / transition énergétique
Macro-économie / Taux
OPEP / pétrole / COP28 / transition énergétique
L’OPEP annonce une demande record de pétrole en 2024 / La sortie des énergies fossiles n’est pas à l’ordre du jour du cartel pétrolier
"Le rôle du pétrole et du gaz naturel est essentiel dans le développement économique et la sécurité énergétique". L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) s’est certes félicitée cette semaine de " l’excellente organisation de la COP 28, de la participation record et des résultats consensuels et positifs". Pas question pour autant d’embrasser la thèse d’une sortie rapide des énergies fossiles. L’OPEP et ses alliés ont affirmé que si "le pétrole et le gaz représentent actuellement 55 % du bouquet énergétique", ils considèrent également que les deux énergies fossiles "conserveront une part majoritaire pendant les décennies à venir ".
Du côté de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), on est moins optimiste quant à la demande de pétrole tant présente que future : elle juge certes qu’elle devrait connaître une hausse en 2023 pour atteindre un total de 101,7 millions de barils par jour (mbj) mais elle rappelle également que "le sentiment sur le marché du pétrole est devenu résolument baissier en novembre et début décembre ".
Prix en berne
Un sentiment que l’on retrouve sur les marchés et les prix de l’or noir pour l’AIE, qui argue que "début décembre, ils avaient chuté d’environ 25 dollars le baril par rapport aux sommets atteints en septembre, pour atteindre leurs niveaux les plus bas depuis six mois". Les équipes de Fatih Birol, directeur exécutif de l’AIE, avancent également "qu’à l’heure où nous écrivons ces lignes, les prix à terme du Brent se négocient à environ 74 dollars le baril et ceux du WTI à près de 69 dollars le baril", ce qui place les prix bien en deçà de la barre symbolique des 100 dollars le baril.
L’AIE est donc assez peu optimiste quant à un retournement de cette conjoncture et estime même que "les preuves d’un ralentissement de la demande de pétrole s’accumulent". Le rythme d’expansion devrait ainsi "passer de 2,8 millions de barils par jour (mbj) en glissement annuel au troisième trimestre de 2023 à 1,9 mbj au quatrième trimestre", notamment puisque " la détérioration des perspectives macroéconomiques a entraîné une révision à la baisse de nos prévisions de croissance de la consommation mondiale de pétrole de près de 400 kb/j au cours des trois derniers mois de l’année", ce sont avant tout "l’Europe, la Russie et le Moyen-Orient [qui] sont à l’origine de la majeure partie de cet ajustement " et ce en raison de "l’impact des taux d’intérêt plus élevés [qui] se répercute sur l’économie réelle".
Électrique à l’horizon
Les deux institutions sont donc loin d’avoir les mêmes vues sur l’avenir de l’or noir, l’OPEP appelle à considérer que le "pétrole et le gaz restent essentiels pour atteindre les objectifs de développement durable (ODD) des Nations unies, en particulier l’ODD 7 qui vise à garantir une énergie abordable, fiable, durable et moderne pour tous" et qu’en conséquence "cela nécessitera des niveaux d’investissement accrus dans le pétrole et le gaz naturel".
Là où le cartel parle avant tout de "répondre à la demande future et garantir la stabilité du marché mondial ", l’AIE voit davantage à l’œuvre "le renforcement des normes d’efficacité et l’expansion du parc de véhicules électriques [qui] continuent de freiner la consommation de pétrole ". La demande en hausse de cette année est également jugée fragile, en raison de sa dépendance à 78 % à l’Empire du Milieu, de quoi lui faire dire qu’elle sera uniquement en progression de 1,1 mbj en 2024. Couplé à une augmentation de la production et à une baisse de la croissance, l’AIE argue que cela contribuera à compliquer "les efforts déployés par les principaux producteurs pour défendre leur part de marché et maintenir les prix du pétrole à un niveau élevé".
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