Macro-économie / Taux / COP28 / AIE / transition énergétique / Investissements / énergies fossiles
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COP28 / AIE / transition énergétique / Investissements / énergies fossiles
L’AIE hausse le ton à l’approche de la COP 28 / Le secteur pétrolier et gazier avance aujourd’hui en ordre dispersé
Un poids immense dans l’approvisionnement énergétique mondial et une contribution inégale à la transition énergétique : c’est le sévère constat posé par Fatih Birol, directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), sur le secteur du pétrole et du gaz. Ce dernier en plus de ne pas avoir des investissements à la hauteur de ses moyens, voit près de "60 % de ces investissements provenir de quatre entreprises seulement".
Pourtant les impératifs temporels pressent aux yeux de l’AIE, qui précise que " même dans le cadre des politiques actuelles, la demande mondiale de pétrole et de gaz devrait atteindre son maximum d’ici 2030 ". Puis, on verrait en cas de respect total par les gouvernements de leurs engagements en matière d’énergie et de climat, une "demande [qui] chuterait de 45 % par rapport à son niveau actuel d’ici à 2050". Pour concilier cela avec l’impératif d’émissions nettes nulles à la même date, il est martelé que la consommation de pétrole et de gaz doit baisser de "plus de 75 %".
Réallouer
Une solution au manque de financement de la transition énergétique est proposée par les équipes de Fatih Birol : rediriger les flux destinés à l’investissement dans l’or noir et le gaz. Un montant chiffré annuellement à 800 milliards de dollars et qui "représente le double de ce qui sera nécessaire en 2030 si l’on veut limiter le réchauffement à 1,5 °C". Les auteurs de la publication arguent qu’il est possible, en raison de la forte baisse de la demande d’un tel scénario qu’aucun nouveau projet pétrolier ou gazier conventionnel à long délai d’exécution" n'est "nécessaire ". Ils vont même jusqu’à imaginer la possibilité d’arrêter certains sites de productions suivant la vigueur du recul de la demande.
Tout n’est pas à jeter dans les sommes déjà allouées aux énergies fossiles, puisqu’il est envisagé que près de "30 % de l’énergie consommée en 2050 dans un système énergétique décarboné provienne de technologies qui pourraient bénéficier des compétences et des ressources" du secteur de l’industrie pétrolière et gazière. Sont cités pêle-mêle l’hydrogène, l’éolien en mer ou encore le piégeage du carbone comme pouvant bénéficier de cette expérience.
Ne pas s’entêter
Pour convaincre les dirigeants de changer de fusil d’épaule, rien de mieux que de leur parler valorisation selon l’AIE. Cette dernière esquisse un horizon dans lequel "le pétrole et le gaz devraient devenir des activités moins rentables et plus risquées au fil du temps". Côté chiffre, cela se traduirait par une " valeur actuelle des sociétés pétrolières et gazières privées [qui] pourrait chuter de 25 % par rapport aux 6 000 milliards de dollars actuels si tous les objectifs nationaux en matière d’énergie et de climat sont atteints, et jusqu’à 60 % si le monde s’engage sur la voie d’une limitation du réchauffement climatique à 1,5 °C". À ne pas vouloir s’engager dans la transition, elles pourraient donc en payer le prix fort très rapidement. Fatih Birol allant jusqu'à dire que " les progrès en matière d’énergie propre se poursuivront avec ou sans les producteurs de pétrole et de gaz. Toutefois, le voyage vers des émissions nettes nulles sera plus coûteux et plus difficile à parcourir si le secteur n’est pas à bord".
Pour éviter un tel désastre, l’AIE suggère "un changement radical dans la manière dont le secteur alloue ses ressources financières". Là où actuellement environ 20 milliards de dollars ont été investis dans les énergies propres en 2022 par l’industrie pétrolière et gazière, ce qui est uniquement 2,5 % du total de ses dépenses d’investissement, il faudrait pour parvenir à respecter les termes de l’Accord de Paris désormais y consacrer pas moins de 50 % de ces montants.
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