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Russie ; Ukraine ; Pétrole ; Gaz ; Charbon ; Sanctions ; Exportations ; Importations ; Union européenne

Macro-économie / Taux / Conflit Russie-Ukraine / énergies fossiles

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Conflit Russie-Ukraine / énergies fossiles

ukraine Énergies fossiles : l’Europe a versé 57 milliards à la Russie depuis le début de la guerre

UKRAINE. Malgré les sanctions occidentales, les exportations russes de pétrole, de gaz et de charbon demeurent à des niveaux records et continuent de financer l’effort de guerre du Kremlin en Ukraine. Les importations d’hydrocarbures russes de l’Union européenne reculent peu, la baisse des volumes étant plus que compensée par la flambée des prix.
En avril et en mai, 68 % des livraisons de pétrole brut russe étaient effectuées par des navires appartenant à des sociétés européennes, du Royaume-Uni et de Norvège / Angelos Tzortzinis / AFP
En avril et en mai, 68 % des livraisons de pétrole brut russe étaient effectuées par des navires appartenant à des sociétés européennes, du Royaume-Uni et de Norvège / Angelos Tzortzinis / AFP

La guerre en Ukraine et les sanctions occidentales semblent ne pas avoir grandement affecté les exportations russes d’hydrocarbures, selon la dernière publication du Centre for Research on Energy and Clean Air (CREA) parue cette semaine. Entre le 24 février et le 3 juin 2022, les exportations de pétrole brut, autres produits pétroliers, gaz, GNL et charbon ont rapporté quelques 93 milliards d’euros à la Russie, l’Union européenne absorbant 61 % du total pour un montant de 57 milliards. Les trois plus importants clients de la Russie sont la Chine, qui dépasse l’Allemagne désormais deuxième, et l’Italie. La France, premier importateur mondial de GNL russe, se place au global en sixième position pour un montant total de 4,3 milliards.

 

Baisse des volumes, hausse des prix

 

Si les volumes d’importation ont connu une modeste diminution d’environ 15 % par rapport à la période précédant l’invasion, de nombreux pays et entreprises boudant les approvisionnements russes, à l’inverse, l’augmentation de la demande mondiale en combustibles fossiles contribue à la hausse des prix. Une véritable aubaine pour la Russie dont les prix à l’exportation sont en moyenne 60 % plus élevés qu’à la même période l’année dernière, même s’ils sont décotés par rapport aux prix internationaux.

La CREA s’est donc chargée du calcul pour le mois de mai 2022, en se fondant sur les statistiques officielles disponibles. La réduction des volumes vendus, d’une part, et des prix du pétrole certes plus élevés qu’auparavant mais tout de même plus faibles que dans le reste du monde à cause des sanctions, d’autre part, font perdre au total 200 millions d’euros par jour aux producteurs d’hydrocarbure. Ces derniers engrangent néanmoins 880 millions d’euros de recettes quotidiennes, en raison notamment de la hausse des prix moyens à l’exportation.

 

L’Inde : pays écran

 

L'Inde est devenue un importateur important de pétrole brut russe, achetant 18 % des exportations du pays. Or, une part importante du brut est ensuite réexportée sous forme de produits pétroliers raffinés, notamment vers les États-Unis et l'Europe. Il s’agit là d’une faille importante à combler dans les mois à venir.

Par ailleurs, le pétrole russe étant de plus en plus expédié vers des marchés plus éloignés, la capacité des pétroliers doit être plus importante que jamais. Il s'agit là d'une "vulnérabilité majeure" puisque de fortes sanctions à l'encontre des pétroliers transportant du brut russe limiteraient considérablement les possibilités de réacheminement des exportations russes. En avril et en mai, 68 % des livraisons de pétrole brut russe étaient effectuées par des navires appartenant à des sociétés européennes, du Royaume-Uni et de Norvège, les pétroliers grecs en transportant à eux seuls 43 %. Pour les livraisons à destination de l'Inde et du Moyen-Orient, la part était encore plus élevée (80 %).

Plus surprenant, la France, les Pays-Bas et la Belgique profitent des prix au rabais russes en achetant des cargaisons de pétrole brut et de gaz naturel liquéfié (GNL), disponibles sur les marchés au comptant. "Ces achats ont lieu en dehors des contrats préexistants et représentent donc toujours une décision d'achat active", soulèvent les auteurs du rapport.

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