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Comment l’Europe veut rapidement se débarrasser des fossiles russes
La guerre opposant la Russie à l’Ukraine dope les velléités écologiques de la Commission européenne. Bruxelles a proposé un plan (REPowerEU) pour réduire rapidement la dépendance qu’entretiennent les Vingt-sept aux énergies fossiles russes (charbon, pétrole, gaz), l’occasion d’accélérer la transition énergétique.
"Les choses vont donc dans le bon sens, mais il nous faut accélérer la cadence", a déclaré, en conférence de presse, Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, citant le fait que 26% du gaz importé dans l'Union européenne provenait de Russie en avril 2022, contre 40% en 2021. Aucune indication calendaire n’a été donnée sur l’abandon des combustibles fossiles russes, l'Allemande ayant seulement évoqué le fait qu'il fallait y parvenir "dès que possible".
D’une part, Bruxelles propose d’en passer par des économies d’énergie plus importantes. Le moyen le plus rapide et le moins coûteux en ces temps de crise énergétique, argue la Commission, qui prône de relever l'objectif de l'Union européenne en matière d'efficacité énergétique à l'horizon 2030 de 9% à 13%. Au sein d’un document publié par la Commission, on peut lire que les mesures les plus efficaces consisteraient à baisser le chauffage, l’éteindre dans les pièces inutilisées ou encore stopper les courants d'air.
Concernant la consommation de pétrole spécifiquement, la réduction de la vitesse sur les autoroutes serait particulièrement bienvenue (8 mégatonnes équivalent pétrole par an seraient économisées). Au total, l’ensemble des solutions proposées par la Commission permettrait de réduire à court terme 5% la consommation de gaz (13 milliards de mètres cubes) et de pétrole (16 mégatonnes équivalent pétrole). "Les États-membres sont également encouragés à recourir à des mesures fiscales pour encourager les économies d'énergie, telles que des taux réduits de TVA sur les systèmes de chauffage économes en énergie, l'isolation des bâtiments et les appareils et produits efficaces sur le plan énergétique", a indiqué Bruxelles.
D’autre part, la Commission recommande de donner un coup de fouet aux investissements dans les énergies renouvelables. C’est ainsi qu’elle propose un objectif juridiquement contraignant plus élevé visant à ce que 45 % de l'énergie de l'UE provienne de sources renouvelables d'ici 2030, en remplacement de sa proposition actuelle de 40 % dans le cadre du paquet "fit for 55" (réduction des émissions de gaz à effet de serre de 55% au moins en 2030 par rapport à 1990). Cela passera, entre autres, par l’accélération des procédures d'autorisation des énergies renouvelables.
En effet, aujourd’hui, cela peut prendre six à neuf ans pour faire aboutir la procédure d'autorisation pour un parc éolien. Un délai que la Commission voudrait réduire à 1 an au maximum. Par ailleurs, "nous proposons d'imposer des toitures solaires pour les bâtiments commerciaux et publics à partir de 2026 et pour les bâtiments résidentiels neufs à partir de 2029 ", a déclaré Ursula von der Leyen.
Enfin, la diversification des approvisionnements en combustibles fossiles est le dernier pilier de ce plan. "L'UE travaille depuis plusieurs mois avec ses partenaires internationaux en vue de diversifier les approvisionnements et elle a assuré des niveaux record d'importations de GNL ainsi qu'une augmentation des livraisons de gaz par gazoduc", a précisé la Commission. Récemment, les États-Unis, la Norvège, le Qatar, l'Azerbaïdjan, l'Algérie, l'Égypte, la Corée, le Japon, le Nigeria, la Turquie et Israël avaient été cités comme partenaires potentiels.
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