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Un millésime 2023 mi-figue, mi-raisin pour les fintech françaises / La baisse des levées de fonds est à relativiser au regard de multiples facteurs
Fin d’année oblige, l’heure est au bilan dans le secteur de la fintech. Et force est de constater que les entreprises spécialistes des innovations dans les services financiers n’auront pas vécu le meilleur de leur millésime. Au titre de l’année 2023, les fintech françaises n’ont levé "que" 1,1 milliard d’euros, soit une chute de 57 % par rapport à l’année précédente, rapporte le rapport annuel de l’Observatoire de la Fintech, paru en fin de semaine dernière.
En cause, la hausse des taux d’intérêt et le contexte géopolitique international peu propice à pousser les investisseurs à prendre des risques ou à déployer leurs liquidités. Pour autant, la tendance dans le secteur des fintech ressort comparable à celle de l’ensemble de l’écosystème French Tech, qui, selon le rapport annuel de l’Observatoire de la Fintech, a rencontré une baisse de 56 % du montant de ses fonds levés sur la période. "La tendance ne s’est pas départie de ce que l’on observe plus généralement dans la Tech", souligne Mikaël Ptachek, président de l'association, à l’occasion d’un entretien accordé à WanSquare.
Comparer le comparable
De fait, comme du côté de leurs pairs, les fintech tricolores ont principalement souffert d’un nombre de grandes opérations orientées à la baisse. Seul le spécialiste des cryptomonnaies, Ledger, a levé 100 millions d’euros en 2023. En 2022, sept "méga-deals" avaient été recensés. Logiquement, le ticket moyen par opération s’affiche lui aussi en retrait. Il a reculé de 52 % entre 2022 et 2023.
Mais plusieurs signaux encourageants restent à lire entre les lignes. D’une part, les comparaisons faites d’une année sur l’autre ne rendent pas forcément justice : 2021 et 2022 avaient été des exercices exceptionnels. "Si l’on enlève ces deux années-ci, la progression des levées de fonds en 2023 est linéaire par rapport à 2020 et aux années précédentes", précise Mikaël Ptachek.
Des fonds existants
Du côté de l’association professionnelle du secteur, France FinTech, même son de cloche. "La baisse observée en matière des financements doit être analysée en prenant en compte les tendances apparues depuis le début de la période pandémique", pointe son rapport annuel, publié le même jour. Le contexte d’incertitude induit par la crise sanitaire avait en effet poussé les entrepreneurs à prendre diverses mesures (campagne de maîtrise des coûts, élagage des activités les moins rentables, accent mis sur la monétisation des services), ce qui a permis d’allonger la durée de couverture des besoins de trésorerie des fintech françaises et conduit, logiquement, à de moindres besoins de fonds, explique France FinTech.
De plus, l’innovation a toujours le vent en poupe. Au titre de l’année 2023, l’Observatoire de la Fintech a comptabilisé 72 opérations de levées de fonds d’amorçage ou en série A. Soit plus de la moitié des tours de table réalisés. "Après des investissements massifs en 2021 et 2022 qui se sont plutôt dirigés vers les grandes fintech, les investisseurs ont maintenant tendance à revenir plus en amont sur le cycle de financement. Cela permet aussi aux fonds de diversifier leurs risques", analyse Mikaël Ptachek.
La consolidation est bien en marche
Autre signe positif, cette fois quant à la maturité du secteur, avec des opérations de fusions-acquisitions (M & A) qui se maintiennent à un rythme soutenu – presque une opération par semaine au cours de l’année 2023. "Les opérations de M & A ne se financent pas forcément grâce aux fonds levés, mais aussi grâce aux résultats des entreprises", remarque le président de l’Observatoire de la Fintech. Et pour preuve : les fintech ont acquis leurs pairs dans une proportion équivalente à celle des grandes entreprises qui cherchent à diversifier leurs activités. "Cette tendance au M & A s’explique aussi par l’âge des fintech, qui prennent en maturité", poursuit Mikaël Ptachek. De fait, l’âge moyen de ces entreprises acquises est de 10 ans.
Pour l’année prochaine, les tensions existantes pour les fintech comme pour l’ensemble de l’écosystème pourraient ne pas se dissiper avant plusieurs trimestres, anticipe FranceFintech de son côté. Mais le niveau d’activité devrait rester soutenu. "Même si les levées de fonds s’inscrivent en forte baisse, comme partout dans le monde, les fintech ont su prendre toutes les mesures utiles pour poursuivre le développement de leur activité et leur rentabilité. Leur marché se consolide tout en maintenant une bonne dynamique en termes d’innovation et de création de nouveaux usages", prévoit le président de France FinTech, Alain Clot.
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