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Pennylane se coiffe du statut de licorne / Un modèle d'affaires bien ficelé pour mettre la Tech au service de la comptabilité
Une nouvelle licorne, un tour de table mené par de prestigieux fonds d’investissement étrangers, le tout dans un secteur où on ne l’attendait pas forcément : l’année 2024 débute bien pour la French Tech, qui compte désormais la fintech Pennylane dans les rangs de ses start-ups valorisées à plus d’un milliard de dollars.
Cette "comptatech" a en effet annoncé, ce jeudi, avoir levé 40 millions d’euros en série C auprès de Sequoia Capital et DST Global. Un tour de table qui valorise donc Pennylane à plus d’un milliard de dollars et qui permettra à l’entreprise fondée en 2020 d’accélérer le développement de ses différents modules, d’investir dans l’intelligence artificielle (IA) et de déployer une stratégie de croissance externe avec des entreprises aux activités complémentaires. Sa plateforme, qui mêle un logiciel de production pour les experts-comptables et un outil de gestion financière pour leurs clients, permet à ses utilisateurs de générer des gains de productivité significatifs (en moyenne 15 % de temps gagné par dossier).
Un modèle collaboratif
En clair, la fintech facture aux cabinets d’expertise-comptable son outil de production et génère des revenus supplémentaires lorsque les cabinets équipent leurs propres clients de cette solution de gestion, qui inclut aussi un compte bancaire professionnel et une carte de paiement. "Il apparaît […] essentiel que les experts-comptables soient équipés d’un outil complet afin d’être armés face aux néobanques et aux solutions de comptabilité en ligne qui proclament remplacer purement et simplement toute une profession", a d’ailleurs souligné Arthur Waller, président-directeur général et co-fondateur de Pennylane, à l’occasion de l’annonce.
"C’est un modèle collaboratif, ce qui est judicieux pour l’entreprise : lorsque l’on vient en concurrence à des acteurs établis sur de nouveaux marchés, il faut investir massivement dans la publicité pour acquérir de nouveaux clients. C’est très consommateur, sur le plan du capital, et cela ne génère pas toujours de retour sur investissement dans l’immédiat parce que convaincre de nouveaux clients prend du temps. C’est aussi un avantage pour l’investisseur, puisque Pennylane a une base de clients solide avec 120 000 clients revendiqués et un modèle B2B qui est rassurant", fait aussi remarquer à WanSquare Mikaël Ptachek, président de l’Observatoire de la Fintech. De fait, en deux ans, Pennylane a multiplié par 40 le nombre de TPE et PME sur sa plateforme, au travers de l’adoption de son outil par plus de 2 000 cabinets.
Sur l’ensemble de la chaîne de la valeur
Un modèle d’affaires B2B et bien ficelé qui aura donc achevé de convaincre les investisseurs de Pennylane. "Ce qui est intéressant, chez Pennylane, est qu’ils remontent complètement la chaîne de valeur. Leur solution fluidifie la gestion de l’entreprise grâce un tableau de bord, à l’instar de ce que l’on peut déjà observer depuis quelques années sur le marché chez d’autres acteurs à l’international, comme Xero", observe aussi l’expert. La start-up s’est de plus associée à une de ses consoeurs, Swan, spécialisée quant à elle dans les solutions de paiement, afin de proposer, donc, un compte en banque professionnel aux entreprises qui utilisent sa solution. Un atout de taille pour séduire les clients, qui pour le prix d’un seul abonnement se voient offrir un ensemble de services. Mais aussi pour les investisseurs, avec une entreprise à cheval sur plusieurs secteurs.
La levée de fonds de Pennylane, synonyme d’un nouveau statut de licorne, vient en tout cas redonner un coup d’élan à un écosystème de la fintech qui a vu son hégémonie sur la Tech se réduire l’année passée, au profit des start-ups opérant dans l’intelligence artificielle ou de celles proposant des solutions oeuvrant à la transition énergétique et environnementale. Si le recul des financements y a été comparable à ce qui a pu s’observer dans l’ensemble de la French Tech, ce sont surtout les grandes opérations qui ont manqué à l’appel en 2023.
Saisir les opportunités
Et durant les années fastes de 2021 et 2022, les grands fonds étrangers aux poches remplies étaient toujours de la partie. Cette fois, "c’est une méga levée de fonds version 2024. Il y eu, de fait, une réduction des tickets d’investissement. Mais cette marque d’intérêt d’investisseurs américains et ce niveau de valorisation ressemblent à ce que nous observions en 2021 et 2022 dans le secteur", estime Mikaël Ptachek.
"Nous n’étions pas en recherche de financement, mais nous avons souhaité à nouveau saisir l’opportunité d’aller encore plus vite", a quant à lui souligné Arthur Waller. Les axes de développement sont donc bien identifiés et plus spécifiquement en ce qui concerne l’IA. Un chatbot sera notamment mis en place afin de restituer rapidement les données de gestion des clients. Il sera aussi envisagé de développer un centre d’opportunités pour détecter en amont les besoins spécifiques en conseil des clients.
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