Fintech / FinTech / Observatoire de la FinTech / Levée de fonds / M&A
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Les fonds levés par les fintechs françaises n'inversent pas encore la tendance / Tandis que le M&A bat son plein dans le secteur
Après la tempête, l’accalmie. Les levées de fonds des fintechs françaises se sont effondrées en 2023, en chutant de 57 % sur un an. Mais il semblerait, en ce début d’année 2024, que la casse commence à se limiter. Certes, les 630 millions d’euros levés par les entreprises innovant dans les secteurs financier, bancaire et assurantiel au cours des six premiers mois de l’année, pour 51 opérations, s’affichent toujours en recul par rapport aux 673 millions d’euros et 73 opérations enregistrés un an auparavant, recense l’Observatoire de la Fintech dans son étude semestrielle. Mais la raréfaction des financements "semble avoir atteint son point d’inflexion au premier semestre 2024 avec un retrait limité" de 6 % sur un an, note le rapport de l’association spécialiste du secteur.
Dans le détail, une seule opération supérieure à 100 millions d'euros a répondu à l’appel depuis le début de l’année : la levée de fonds de Pigment, de 134 millions d’euros, au mois d’avril. Ce qui n’appelle donc pas nécessairement d’inquiétude en comparaison à l’ensemble de l’année 2023, lors de laquelle un seul "méga-deal" (la levée de fonds de Ledger) avait été compté. Et pour l’instant, le cumul des dix opérations les plus importantes de 2024 atteint 445 millions d’euros, soit un niveau presque équivalent à celui de 2023.
Le B2B domine l’attention
Les métiers du B2B continuent quant à eux à tirer leur épingle du jeu. Pigment, Zama, Greenly ou encore Pennylane font partie des opérations qui ont été les plus remarquées lors du premier semestre. "Avec 76 % des fonds captés ce semestre par les levées dans le middle & back-office et les services aux acteurs financiers, le B2B avec notamment la finance embarquée, l’ESG et la cybersécurité, domine l’attention des investisseurs avec l’émergence d’une nouvelle génération de fintechs collaboratives, laissant marquer le pas aux secteurs plus concurrentiels tels que le paiement et l’assurance", explique le président de l’Observatoire de la Fintech, Mikaël Ptachek.
Et s’il y a bien un domaine dans lequel les fintechs françaises sont actives depuis le début de l’année 2024, c’est celui des fusions-acquisitions (M & A). "Le paysage du M & A en France a connu une effervescence sans précédent", lors des six premiers mois de l’année, souligne même l’Observatoire de la Fintech. Il faut dire qu’avec un total de 33 transactions, le premier semestre de 2024 se démarque comme le plus actif depuis 2015. Cela correspond à plus d’une opération par semaine. En 2022 et 2021, années d’euphorie dans la Tech en général, 48 et 56 opérations de M & A avaient été respectivement observées en année pleine. Et "contrairement aux idées reçues, les grandes entreprises ne sont pas les principaux acquéreurs dans le domaine des fintechs", poursuit l’Observatoire de la Fintech.
Une exception
En ce sens, le rachat par Crédit Agricole Consumer Finance de l’entreprise opérant dans les paiements fractionnés Pledg représente plutôt une exception. L’Observatoire de la Fintech relève un phénomène de concentration au sein même du secteur, comme en témoigne le rachat de Regate par Qonto ou encore celui de la néobanque banque dédiée aux professionnels de la Société Générale, Shine, par la fintech danoise Ageras. La grande majorité des acquéreurs - à hauteur de 80 % - reste néanmoins basée en France, tandis que l’âge moyen d’une fintech acquise tourne autour de 10 ans.
En parallèle, les éditeurs de logiciels ont intensifié leurs efforts pour intégrer de nouvelles technologies en adoptant des stratégies d’intégration verticales, tandis que la baisse significative des valorisations des fintechs au cours des derniers mois a permis à des PME de se positionner comme des acquéreurs stratégiques afin de diversifier leurs revenus au travers d’innovations technologiques. Plus généralement, "cette dynamique illustre la montée en puissance des M & A comme levier stratégique essentiel pour les entrepreneurs, qui doivent désormais maîtriser ces processus complexes pour optimiser leurs stratégies de croissance et de consolidation", commente l’Observatoire de la Fintech.
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