WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Macro-économie / Taux / Ben Page / Ipsos

Macro-économie / Taux
Ben Page / Ipsos

exclusif L’année 2024 vue par… Ben Page / Directeur général d'Ipsos

EXCLUSIF. WanSquare a demandé à des économistes et des dirigeants de grandes entreprises de livrer leur vision pour 2024 après une année 2023 marquée par le début de la désinflation, la multiplication des tensions géopolitiques, le boom de l’intelligence artificielle générative ou encore les premières retombées des resserrements monétaires sur l’économie réelle. Chaque jour nous publions leurs réponses aux questions que vous vous posez. Une série à lire, partager et conserver précieusement.
Ben Page - DR
Ben Page - DR

Quel est votre scénario de croissance en Europe et en France pour 2024 ?

 

Les données d’Ipsos montrent que les pays européens restent beaucoup plus pessimistes pour l’avenir que les États-Unis ou l’Asie. Par conséquent, conformément aux dernières prévisions de l’OCDE, nous anticipons une faible croissance économique en Europe et en France pour 2024.

Nos récentes études montrent également que les citoyens sont de plus en plus préoccupés par les questions géopolitiques, la fragmentation sociale et la baisse de leur pouvoir d’achat.

2024 sera la plus grande année électorale mondiale jamais connue, et une année clé pour la politique, avec plus de 2 milliards de personnes votant dans plus de 50 pays - y compris aux élections européennes. Il est fort probable que nous assistions à des changements du paysage politique.

Même si les économistes prévoient une décélération significative de l’inflation dans de nombreux pays au second semestre 2024, cela n’est pas encore visible pour les consommateurs (dans notre étude Prédictions 2024, 71 % des personnes interrogées en France craignent une augmentation de l’inflation l’année prochaine).

 

De quelle manière les trois risques géopolitiques (guerre en Ukraine, conflit israélo-palestinien et élections présidentielles américaines) sont-ils susceptibles d’affecter vos prévisions budgétaires pour 2024 et comment anticipez-vous leurs impacts sur vos activités ?

 

Nous sommes dans un monde de polycrises dominé par des incertitudes croissantes. Dans une certaine mesure, ces incertitudes stimulent la demande des clients en matière d’études de marché et de données fiables et exploitables leur permettant d’orienter leurs stratégies. Ipsos est parfaitement positionné pour soutenir ses clients face à ces défis en utilisant le meilleur de la science, de la technologie et de son savoir-faire. Mais bien sûr, comme toutes les entreprises, nous restons exposés au contexte macroéconomique global.

 

La remontée des défaillances d’entreprises vous inquiète-t-elle et notamment concernant votre secteur d’activité ?

 

Le secteur des études de marché est dynamique, et nous n’avons observé aucune faillite d’acteur majeur depuis longtemps. Parmi les petites sociétés de cette industrie, une volatilité permanente subsiste, ainsi qu’un processus de "destruction créatrice". En tant que leader mondial dans cette industrie fragmentée, et compte tenu de notre faible niveau d’endettement et de notre programme d’acquisitions, nous bénéficions de réelles opportunités pour contribuer à la consolidation du marché.

 

Comment anticipez-vous l’évolution de l’inflation dans vos différents métiers et le maintien ou l’amélioration de vos marges à plus longue échéance ?

 

Nous avons réussi à augmenter les prix pendant les pics d’inflation, en particulier en 2022. Compte tenu de notre présence dans 90 marchés, nous avons été en mesure d’anticiper cette vague. Bien sûr, les perspectives de désinflation signifient désormais que nos clients ont tendance à être plus exigeants lors des négociations tarifaires.

Au-delà de l’inflation, l’amélioration de nos marges repose principalement sur trois facteurs : la transition continue des méthodes de collecte de données, de l’offline à l’online ; un effet de mix de notre activité, en particulier si nous progressons plus rapidement dans des activités à plus forte marge comme notre plateforme DIY Ipsos. Digital ; et probablement le facteur le plus puissant : nos gains de productivité, via la rationalisation de nos opérations, tant avec de nouveaux outils de restitution d’enquêtes qu’avec les opportunités de l’intelligence artificielle (IA) générative. En conséquence, nous visons un résultat opérationnel de plus de 13 % en 2025 et d’environ 15 % à moyen-long terme.

 

Considérez-vous la transition énergétique comme une contrainte et un facteur supplémentaire d’inflation ou comme une opportunité de transformation et d’adaptation de vos métiers ? S’agissant de l’entreprise que vous dirigez, quel est le montant de son coût d’ici à 2030 ?

 

La transition énergétique et climatique est tout simplement un impératif - pour Ipsos, pour les entreprises dans leur ensemble et pour le monde. La réduction de notre empreinte environnementale et carbone est un levier essentiel, tant en tant qu’entreprises qu’en tant qu’individus. Nous nous sommes engagés à atteindre zéro émission nette de carbone dans le cadre de l’initiative Science-Based Targets (SBTI). Bien sûr, ce sera un long parcours. Pour nous, comme pour la plupart des autres entreprises, cela nécessitera des efforts, des changements dans nos modes de travail, des innovations… Mais nous y parviendrons.

Il s’agit donc bien d’une opportunité. Nous travaillons de plus en plus avec nos clients pour soutenir leurs propres objectifs en matière de durabilité. Notre offre ESG se développe rapidement et couvre un large éventail de besoins commerciaux, de la stratégie à l’évaluation de la marque, en passant par l’innovation des produits et services et les tests publicitaires.

 

De quelle manière appréhendez-vous, dans vos métiers, les opportunités offertes par l’intelligence artificielle, les supercalculateurs et le cloud ? Estimez-vous optimale la sécurité de votre entreprise face aux risques cyber ? De quelle manière vous armez-vous contre ces risques d’un nouveau type ?

 

Chez Ipsos, nous mettons à profit un mélange unique d’Intelligence Humaine et d’Intelligence Artificielle pour stimuler l’innovation et fournir des informations uniques et centrées sur l’humain à nos clients. Notre Intelligence Humaine est basée sur notre expertise en ingénierie des prompts, en science des données et sur le caractère unique et la haute qualité de nos informations. Appliquée à l’IA générative, elle permet d’améliorer notre productivité et notre efficacité opérationnelle, d’innover et de lancer de nouvelles offres.

Par ailleurs, en exploitant les capacités de calcul des superordinateurs et la flexibilité du cloud, Ipsos peut traiter rapidement et de manière rentable de grandes quantités de données. Dans les études de marché, la qualité et la sécurité de ces dernières sont essentielles : Ipsos aborde donc la cybersécurité comme un sujet continu, en améliorant constamment les protocoles et en investissant dans des solutions basées sur l’IA, l’authentification à plusieurs facteurs, etc.

 

Il a été beaucoup question de la "grande démission " avec la crise sanitaire, mais aussi de l’apparition du télétravail notamment dans le secteur tertiaire - avec à la clé une baisse de la compétitivité -. Comment vous adaptez-vous aux nouveaux modes de travail, aux nouvelles contraintes et aux nouvelles exigences de vos collaborateurs de manière à attirer et retenir les meilleurs talents ?

 

La grande démission a été surestimée - le taux de départ de nos effectifs est resté à un niveau normal, et a même diminué récemment. L’objectif est de traiter les gens comme des adultes, et de leur donner de la flexibilité. Nous avons une politique de travail flexible qui comprend du travail hybride et des horaires aménagés. Elle permet aux employés de mieux maîtriser leurs horaires de travail et propose un mix à distance et de présentiel. Mais soyons réalistes, nous devons être ensemble dans les bureaux une partie du temps, notamment pour la culture d’entreprise, l’acquisition des connaissances, la formation et la collaboration. Il semble peu probable que nous revenions un jour à des horaires de travail de 9h à 17h du lundi au vendredi dans les bureaux, sauf dans certains pays comme la Chine. Nous cherchons donc à trouver le bon équilibre entre le travail à distance et une utilisation repensée des bureaux, tout en suivant le ressenti de nos collaborateurs au travers de nos enquêtes régulières.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article