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La France devra investir moitié plus d’ici à 2030 pour la neutralité carbone / La rénovation énergétique des bâtiments et les véhicules électriques en première ligne
L’Hexagone va devoir déployer des dizaines de milliards d’euros supplémentaires s’il souhaite être fidèle à ses ambitions en termes de décarbonation. C’est l’un des enseignements du "Panorama des investissements pour le climat" que vient de publier le think tank I4CE (Institut de l'économie pour le climat).
Alors qu’en France, les investissements climat des ménages, des entreprises et des administrations publiques ont atteint 100 milliards d’euros en 2022, chaque année entre 2024 et 2030, il faudra investir 58 milliards d’euros de plus qu’en 2022, estime l’institut présidé par Jean Pisani-Ferry.
Une telle somme est nécessaire pour respecter le scénario provisoire de la nouvelle stratégie nationale bas carbone, qui vise à réduire les émissions brutes de gaz à effet de serre de 50 % d'ici à 2030 relativement au niveau de 1990. "Ces besoins constituent un minimum : notre estimation ne porte que sur les secteurs des bâtiments, des transports et de l’énergie, sans considérer les besoins de l’agriculture (en dehors de la méthanisation), de l’industrie, ni ceux de la recherche et développement ou encore de l’adaptation au changement climatique", précisent les chercheurs.
Dans le détail, les investissements dans la rénovation énergétique des bâtiments doivent augmenter rapidement pour atteindre environ 54 milliards d’euros en 2030, soit 32 de plus qu’en 2022. "Le scénario provisoire de la stratégie nationale bas‑carbone prévoit de rénover prioritairement les logements énergivores (F et G, dits passoires thermiques), d’éliminer tous les logements chauffés au fioul et de réduire le nombre de logements chauffés au gaz. Atteindre ces objectifs suppose un niveau de 900 000 logements rénovés de manière globale et performante en 2030", explique le think tank. Du côté des véhicules bas-carbone, les investissements doivent atteindre 39,9 milliards d’euros par an en moyenne entre 2024‑2030, soit 25,3 milliards d’euros de plus qu’en 2022.
D’après les premières données disponibles, les investissements climat devraient croître de 8% en 2023. L’augmentation se concentre dans le déploiement des véhicules électriques et hybrides rechargeables, qui progressent de 4,6 milliards d’euros. "Ce dynamisme s’explique par un plus grand réseau de bornes de recharge électrique, le soutien public à l’achat des voitures électriques, les mesures réglementaires, et l’allongement de l’autonomie des batteries", indique le rapport. Parmi les autres secteurs en hausse, on retrouve les panneaux solaires photovoltaïques, notamment en autoconsommation, et l’injection de biométhane.
"Le solaire photovoltaïque bénéficie de la loi relative à l’accélération de la production d’énergies renouvelables, qui réduit les délais d’instruction des projets, et crée une obligation pour les entreprises et les collectivités territoriales d’installer des panneaux sur leurs bâtiments et au-dessus des parcs de stationnement", rappelle l’étude.
Ailleurs, les montants investis stagnent ou sont en déclin. "Les investissements dans la rénovation énergétique des bâtiments progressent de 3 % seulement, après une croissance soutenue en 2021 et 2022. Le soutien public aux travaux entrepris pour les ménages évolue peu en 2023, et les nouvelles mesures réglementaires n’entraîneraient pas encore de dynamique à court terme dans le secteur. Dans l’éolien terrestre, les investissements seraient en baisse en 2023, en raison de freins structurels au déploiement de projets éoliens, notamment les procédures administratives et les recours en justice", lit-on dans le rapport.
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