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Macro-économie / Taux / I4CE / climat / Transition / dépenses publiques

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I4CE / climat / Transition / dépenses publiques

Climat : la sphère publique pourrait devoir grandement accroître ses dépenses / Un think tank évoque plus de 100 milliards d’euros par an en 2030

Tandis que les pouvoirs publics devraient dépenser 32 milliards d’euros en soutien de la transition climatique cette année (rénovation des bâtiments, transports et production d’énergie), l’institut 4CE juge que ce montant pourrait plus que tripler en 2030 si rien n’est fait pour qu’entreprises et ménages assument une partie de la note.
SEBASTIEN LAPEYRERE / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
SEBASTIEN LAPEYRERE / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Pour que la France atteigne ses objectifs en matière de transition climatique, les administrations publiques devront mettre plus ou moins la main au portefeuille. En vue de réduire de 55 % ses émissions de gaz à effet de serre en 2030 par rapport à 1990 et atteindre la neutralité carbone en 2050, la sphère publique (Etat et collectivités) française devrait dépenser 32 milliards d’euros cette année.

D’ici quelques années, ce montant pourrait être loin d’être suffisant. En effet, selon l’Institut de l’économie pour le climat (I4CE), pour combler le déficit d’investissement climat dans les conditions fiscales et réglementaires actuelles il y aurait besoin de dépenses publiques additionnelles de 71 milliards d’euros à l’horizon 2030.

Alors que la France est particulièrement contrainte en matière de finances publiques, le think tank précise que ce besoin supplémentaire en dépenses pourrait être revu à la baisse. Plus précisément, ce ne seraient plus 71 milliards d’euros qui seraient nécessaires mais 39 milliards d’euros. Il faudrait pour cela déployer diverses mesures. L’I4CE parle de "renforcer la réglementation, recentrer les aides sur les bénéficiaires les plus modestes, éliminer certaines dispositions fiscales favorables aux alternatives fossiles, s’appuyer sur les Certificats d’économies d’énergie ou les tarifs des services rendus pour les usagers". De sorte que le "besoin résiduel" d’argent public se concentrerait "alors dans les équipements publics, comme les bâtiments administratifs et scolaires" à rénover "les infrastructures de transports", en particulier le ferroviaire.

Concrètement, les subventions aux voitures électriques, via le bonus à l’achat, pourraient être remplacées par des "quotas de verdissement sur les flottes" des entreprises de locations longue durée, principaux acheteurs de véhicules neufs qui alimentent ensuite le marché de l’occasion, a indiqué Hadrien Hainaut, spécialiste des financements climat à l’I4CE. "En faisant porter sur elles l’obligation de verdissement, on accroît le nombre de véhicules en circulation" et "on transfère une partie de la charge d’investissement […] vers les ménages et vers les entreprises", a-t-il déclaré.

Dans le détail, selon les réformes réglementaires mises en place, l’augmentation des dépenses publiques serait la plus importante pour la rénovation des bâtiments (entre 16 et 40 milliards d’euros en 2030, contre 7 en 2023-2024), le ferroviaire (9 à 11 milliards au lieu de 6 actuellement) ou pour le verdissement du parc automobile (5 à 10 milliards contre 3), d’après les calculs de l’étude. "A l’horizon 2030, les marges de manœuvre autour des besoins de dépenses publiques sont importantes. Néanmoins, ils restent élevés à court terme, car les réformes envisagées pour les infléchir peuvent prendre plusieurs années", lit-on dans le rapport.

Le think tank rappelle que les objectifs déclinés dans la stratégie nationale requièrent des investissements dans l’efficacité énergétique, les renouvelables, les transports collectifs et le nucléaire. D’après l’estimation de l’I4CE fin 2023, ces investissements, évalués à 94 milliards d’euros pour l’année 2022, doivent atteindre 206 milliards d’euros d’ici 2030, soit une augmentation de 112 milliards d’euros (en euros courants).

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