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Macro-économie / Taux / Gel / dépenses publiques / déficit public

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Gel / dépenses publiques / déficit public

France : le gouvernement compte ses sous / Près de deux milliards d’euros supplémentaires gelés

En vue de tenir les engagements de la France en matière de finances publiques, Bruno Le Maire, ministre de l’Economie et des Finances, a proposé à la Première ministre Elisabeth Borne de procéder à un gel de 1 % supplémentaire des crédits du budget 2023, ce qu’elle a accepté. Un choix qui s’opère dans un contexte où les comptes du pays des Lumières sont scrutés de près.
Bruno Le Maire, ministre de l'Economie et des Finances, et  Elisabeth Borne, Première ministre - Bertrand GUAY / POOL / AFP
Bruno Le Maire, ministre de l'Economie et des Finances, et Elisabeth Borne, Première ministre - Bertrand GUAY / POOL / AFP

L’exécutif veut tenir parole sur les finances publiques. Hier, à l’occasion d’une réunion tenue à Matignon, Bruno Le Maire, ministre de l’Economie et des Finances, a proposé à la Première ministre Elisabeth Borne une augmentation des crédits mis en réserve dans le budget 2023, à hauteur de 1 % des crédits prévus dans la loi de finances (hors dépenses de personnel). La cheffe du gouvernement a accepté.

Cette mesure "doit nous garantir que nous tiendrons nos objectifs de finances publiques en 2023", en raison d’une "exécution du budget moins dépensière", a justifié Bruno Le Maire, auprès de l’AFP. Pour mémoire, le gouvernement prévoit que le déficit public de la France s’établira à 4,9 % du Produit intérieur brut (PIB) cette année, après 4,7 % en 2022. La dette publique, elle, devrait s’afficher à 109,6 % du PIB, contre 111,6 % l’an passé.

 

Dix milliards d’euros sous le coude

 

Dans le détail, ce sont 1,8 milliard d’euros qui vont être gelés. De sorte que cette somme "s’ajoute aux 5 % de crédits de l’État qui avaient déjà été gelés pour un montant total de crédits gelés de 10 milliards d’euros", a précisé le ministre des Finances.

Il s’agit selon lui d’une "mesure de précaution supplémentaire" car malgré une croissance qui se maintient de justesse dans le vert et un taux de chômage au plus bas, l’environnement reste "difficile", a-t-il avancé, faisant valoir que "nous devons être lucides sur la persistance de certains risques macroéconomiques", parmi lesquels le resserrement du crédit auquel sont confrontés ménages et entreprises, les taux d’intérêt qui poursuivent leur ascension ou encore la poursuite du conflit russo-ukrainien. "D’ici la fin de l’année, en fonction de la conjoncture, nous verrons s’il est nécessaire de procéder à un dégel ou non", explique-t-on à WanSquare du côté de Bercy.

 

Timing

 

"Cette décision constitue un signal nouveau en ce sens que les surgels étaient rares ces dernières années. En effet, l’on a assisté à une budgétisation plus sincère depuis 2018 tandis que la période pandémique a vu émerger de nombreuses lois de finances rectificatives", explique à WanSquare François Ecalle, ex-membre du Haut Conseil des finances publiques et fondateur de Fipeco, qui ajoute que "le signal que veut envoyer Bercy est celui de la fin du ‘quoi qu’il en coûte’".

Pour l’ancien magistrat à la Cour de Comptes, ce choix de Bruno Le Maire peut également être lu à l’aune de la volonté du ministre de la Transformation publique Stanislas Guerini de revaloriser les fonctionnaires. "Une augmentation de 1% du point d’indice représente un coût annuel d’environ 800 millions d’euros pour l’État et il atteint deux milliards d’euros lorsque l’on tient compte de l’ensemble des administrations publiques [Etat, opérateurs, administrations locales, administrations sociales, ndlr] ", rappelle François Ecalle.

Il convient de noter que le gouvernement prend cette décision alors que l’agence de notation S&P Global Ratings doit publier le 2 juin, probablement dans la soirée, sa nouvelle évaluation de la soutenabilité de la dette publique française.

Rappelons que l’agence de notation Fitch, elle, a décidé de dégrader la note de la France d’un cran fin avril (AA-). Pour autant, à Bercy, l’on réfute tout lien entre le choix fait par le gouvernement et l’annonce à venir de l’agence de notation américaine.

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