WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Entreprises / Actions / Stellantis / PSA / Carlos Tavares

Entreprises / Actions
Stellantis / PSA / Carlos Tavares

Une deuxième année à pleine vitesse pour Stellantis / Rentabilité hors norme et dirigeant hors pair

Stellantis termine une année 2023 impressionnante à bien des égards, rendue facile par une gestion des coûts optimale, combinée à une stratégie de prix toujours efficace. Et qui marque la confirmation du succès de la fusion tout en soulignant une nouvelle fois la qualité de son dirigeant.
Carlos Tavares, le patron de Stellantis - Photo by MARCO BERTORELLO / AFP
Carlos Tavares, le patron de Stellantis - Photo by MARCO BERTORELLO / AFP

Une année de tous les superlatifs. Tandis que les comptes annuels de Stellantis ne seront publiés que le 22 février prochain, il est d’ores et déjà acquis que le géant automobile aux quatorze marques dépassera ses records de 2022 sur tous les fronts. D’abord celui de la Bourse, puisque près de deux ans après sa naissance résultant de la fusion des groupes PSA Peugeot-Citroën (PSA) et Fiat Chrysler Automobiles (FCA), l’action Stellantis culmine à ses plus hauts historiques, au-dessus de 21 euros, sa progression de 60 % en 2023 étant la plus forte parmi toutes les valeurs du CAC 40 et du SBF 120 réunies.

Et tandis que sa capitalisation boursière de plus de 67 milliards d’euros la place au cinquième rang mondial du secteur derrière Tesla, Toyota, le chinois BYD et l’allemand Daimler, Stellantis devrait grimper au quatrième en termes de véhicules vendus, vu l’acquis du premier semestre (3,2 millions de véhicules) et la tendance observée au troisième trimestre. Soit deux places de gagnées par rapport à 2022, l’une sur l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, qui s’est entre-temps disloquée – ou du moins ne peut plus être considérée comme une entité à part entière, ses membres était désormais liés par des participations minoritaires -, l’autre sur General Motors. Tout un symbole pour Carlos Tavares, l’homme fort aux commandes de Stellantis après avoir piloté PSA, qui avait eu l’audace il y a dix ans d’affirmer tout haut qu’il serait "honoré de diriger un groupe comme GM", et ce alors qu’il n’était encore "que" le numéro deux de Renault.

 

Un point mort très bas

 

Il préside donc aujourd’hui aux destinées d’une entreprise franco-italo-américaine qui produit plus de véhicules que la firme de Detroit, à la capitalisation boursière de moitié supérieure, et qui fait partie des constructeurs automobiles les plus profitables au monde aux cotés de Ferrari et de Porsche, démontrant au passage qu’un mariage "entre égaux" peut réussir dans un secteur automobile où les échecs étaient devenus la règle, cf. la fusion Daimler-Chrysler et l’exemple Renault-Nissan.

Sa marge opérationnelle de 14,4 % en a fait tout bonnement le groupe automobile le plus rentable de la planète au premier semestre, devant Tesla, alors que l’emblématique constructeur californien faisait le choix de baisser ses prix dans un marché du véhicule électrique de plus en plus concurrentiel. Et qui n’effraie absolument pas un Stellantis en pleine accélération de sa stratégie d’électrification, dont la gestion des coûts et la capacité à mettre l’accent sur les marchés et les modèles les plus rentables, continue à le distinguer de la concurrence. Cette politique lui a permis d’abaisser son point mort à 33 % au premier semestre. Ce niveau, le plus faible du secteur, signifie que le groupe continuerait à gagner de l’argent même si ses ventes chutaient des deux tiers.

La marge devrait certes un peu refluer sur la seconde partie de 2023. Le consensus des analystes l’attend à 12,8 % sur l’ensemble de l’année. La hausse de 11 % du chiffre d’affaires au troisième trimestre a témoigné d’une dynamique toujours forte, soutenue par les volumes mais aussi toujours pas un effet prix favorable. Et la performance meilleure qu’attendu en Amérique du Nord (qui représente près de la moitié des ventes) où les marges sont plus élevées, est de bon augure.

 

Leviers

 

Et quand bien même une certaine normalisation pourrait intervenir l’an prochain sur les volumes et sur les prix, Stellantis "dispose encore de leviers majeurs afin de maintenir une performance best-in-class", souligne le cabinet Oddo BHF, à commencer par la poursuite des synergies de la fusion, mais aussi l’amélioration de la productivité le lancement de nouveaux produits, ou la signature de partenariats, comme celui conclu fin octobre avec le constructeur chinois Leapmotor. "La structure de coûts efficace de Stellantis permettra au groupe de maintenir une marge d’au moins 10 % et un flux de trésorerie sur les ventes d’au moins 3 %, même dans des conditions de marché plus difficiles caractérisées par une concurrence intense et des prix plus faibles", a souligné de son côté il y a quelques jours Standard & Poor’s, en relevant sa notation de long terme sur le groupe à "BBB + ".

Par ailleurs, la décision prise récemment par le groupe de revenir à son ancienne organisation commerciale par marque en France, en abandonnant l’organisation matricielle mise en place le 1er janvier dernier, qui avait coupé les directeurs commerciaux des marques des équipes sur le terrain, renseigne sur une chose importante. Stellantis a à sa tête un dirigeant capable de reconnaître rapidement ses – rares – erreurs. Ce n’est pas le moindre de ses atouts dans un marché automobile qui devrait continuer subir certains vents contraires en 2024.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article