WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne
investissements; Indonésie; Arabie saoudite

Macro-économie / Taux / Fonds souverain / Conseil de coopération du Golfe / transition énergétique

Macro-économie / Taux
Fonds souverain / Conseil de coopération du Golfe / transition énergétique

Les fonds souverains plus puissants que jamais / Les montants investis dans la transition énergétique en bénéficient

Le champ des possibles pour les Fonds souverains est proportionnel à leur puissance financière : le rapport annuel du spécialiste de la question Global SWF établit les actifs gérés par le secteur à un total de 11 200 milliards, en 2023. Une somme dans près de 40 % investie dans les économies respectives des différents fonds, laissant donc plus de la moitié disponible pour des investissements à travers le globe.
Yasir Al-Rumayyan, directeur du fonds public d'investissement d'Arabie saoudite en pleine discussion avec Charles III, roi d'Angleterre. Daniel LEAL / POOL / AFP
Yasir Al-Rumayyan, directeur du fonds public d'investissement d'Arabie saoudite en pleine discussion avec Charles III, roi d'Angleterre. Daniel LEAL / POOL / AFP

"À l’exception de 2008, l’expression ‘fonds souverain’ n’a jamais été autant recherchée sur les moteurs de recherche en l’espace de 12 mois". Diego Lopez, directeur général de Global SWF, est d’autant plus persuadé de la pertinence du rapport annuel publié par ses équipes que les fonds souverains n’ont que rarement été autant sous le feu des projecteurs. Le rapport annuel du Global SWF est également précieux à regarder étant donné que tous les fonds souverains ne se livrent pas cet exercice chaque année. Dans ce monde feutré, on observe que la moitié des dix premiers fonds ne dévoile pas le montant précis de leurs actifs sous gestion.

 

Figure de proue

 

La thématique annuelle identifiée par le spécialiste du secteur ne surprendra personne : la transition énergétique se met en place et les investisseurs souverains comptent bien avoir leur mot à dire. Global SWF en veut pour preuve la récente COP28, qui a vu les Émirats arabes unis lancer "un fonds d’investissement de 30 milliards de dollars axé sur le climat avec le soutien de BlackRock et de plusieurs fonds souverains". Les membres du secteur cherchent désormais " à s’exposer à tous les segments et à rendre les actifs noirs existants plus verts grâce à la décarbonisation".

Cette initiative est loin d’être la seule puisqu’il est également fait état dans le rapport que le GIC de Singapour (un des fonds souverains du pays) poursuit ses investissements dans l’énergie verte et y a déployé près de 3,2 milliards de dollars en 2023. Une volonté dans laquelle des investisseurs institutionnels l’ont rejoint, notamment en provenance du Canada. Aucun secteur de la transition n’échappe à l’appétit des investisseurs souverains que ce soit en Europe, où il est rapporté que "le fabricant suédois de batteries lithium-ion Northvolt a reçu le soutien de plusieurs fonds", ou bien dans les pays émergents où le fonds d’État indonésien INA a "lancé une initiative de fonds vert de 2 milliards de dollars, pour aider à positionner l’Indonésie en tant qu’acteur majeur sur le marché des véhicules électriques et à valoriser ses énormes réserves de nickel ".

L’Arabie saoudite ayant choisi quant à elle d’injecter des fonds dans les véhicules électriques et le fabricant Lucid, et ce dès 2018 avec pour objectif d’une production sur son sol national à compter de 2025. Cependant Global SWF argue qu’il ne s’agit pas du "seul fonds du Golfe à progresser dans ce domaine, puisque l’ADQ a financé un investissement du ministère des finances d’Abou Dhabi dans le fabricant chinois de véhicules électriques NIO Inc. pour un montant de 3 milliards de dollars en juillet et décembre 2023". Pour rappel Lucid et NIO comptent parmi les "cinq premiers fabricants mondiaux de véhicules électriques, avec Tesla, Li Auto et Rivian".

Les chiffres présents dans le rapport attestent que "les investisseurs souverains ont investi, une fois de plus, davantage dans les actifs dits verts que dans les actifs dits noirs en 2023, atteignant un maximum historique de 26,1 milliards de dollars dans le soutien aux entreprises liées à la transition énergétique". Ce qui y comprend aussi bien les sommes allouées aux énergies renouvelables, aux projets ayant trait au stockage de batteries et les véhicules électriques.

 

 

Golfe en tête

 

La puissance de feu financière des fonds souverains du Golfe se retrouve dans le chiffre avancé précédemment, étant donné qu’ils seraient "à l’origine de près de la moitié de ce chiffre" et qu’ils "recyclent les revenus des actifs noirs dans des investissements à impact vert, en particulier dans leur propre pays". Les fonds canadiens, européens, singapouriens et australiens sont également mis en avant comme mobilisant leurs ressources financières sur le sujet, même s'il s’avère que la prédominance des investisseurs du Conseil de coopération du Golfe (CCG) se confirme. Pour rappel, le CCG est composé de l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Qatar, le Koweït, Oman et Bahreïn.

Un ensemble d’États dont les actifs des fonds souverains "ont atteint un sommet historique de 4 100 milliards de dollars ". La somme, considérabl, pourrait encore croître, à en croire la publication, estimant que "d’ici 2030, le groupe des 19 fonds souverains du Golfe pourrait atteindre 7 600 milliards de dollars d’actifs", voire 11 200 milliards de dollars "si l’on y ajoute les fonds de pension et les banques centrales de la région Afrique du Nord et Moyen-Orient, ce chiffre pourrait atteindre 11 200 milliards de dollars". Si ces pays peuvent se permettre d’investir dans la transition énergétique, c’est en raison d’un "niveau élevé et durable des prix du pétrole : les fonds souverains du Golfe ont profité des bénéfices fiscaux et se sont remis plus rapidement que d’autres de la débâcle des marchés financiers en 2022", ajoute le rapport.

Cependant, les acteurs de la région sont loin d’avoir la même puissance à l’international, étant donné tous les projets et entreprises qu’ils mènent sur leur territoire national. Global SWF prend comme exemple le fonds public d’investissement d’Arabie saoudite, "le septième plus grand fonds souverain au monde avec plus de 700 milliards de dollars d’actifs", mais qui, "si l’on exclut toutes les dépenses qu’il effectue dans le Royaume, aurait une puissance de feu similaire à celle de Mubadala et Temasek, qui sont trois fois plus petits que lui".

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article