Macro-économie / Taux / Olaf Scholz / Allemagne / économie
Macro-économie / Taux
Olaf Scholz / Allemagne / économie
Allemagne : l'emploi ne facilite pas la tâche d’Olaf Scholz / Le chancelier se serait bien passé d’une hausse du chômage
Entre un mix énergétique à réinventer, un partenaire économique chinois en difficulté et désormais un marché du travail qui se détériore, Olaf Scholz, chancelier allemand, risque bientôt de ne plus savoir où donner de la tête. La résilience de l’emploi en Allemagne semble en effet s’étioler mois après mois : en un an le nombre de personnes au chômage a augmenté de plus de 150 000.
Une mauvaise nouvelle lorsqu’on sait que le record d’actifs atteint en 2023, avec 46 millions, n’a pas empêché une contraction de la consommation privée outre-Rhin. Carsten Brzeski, économiste chez ING, explique qu’il n’est pas à exclure "que la croissance de l’emploi s’est également produite dans les emplois à temps partiel et à bas salaire". Pour lui il faut bien avoir en tête qu’à "l’avenir, le marché du travail devrait s’affaiblir", arguant "qu’il a toujours été un indicateur retardé et non avancé". La baisse de la demande à l’échelle locale et mondiale s’y diffuserait donc lentement.
Rassurer
Olaf Scholz ne s’est pas pour autant montré résigné, à l’occasion de son discours marquant la nouvelle année. Il a rappelé que les prévisions les plus dramatiques pour 2023 ne se sont pas réalisées. Tout en affirmant sa confiance dans la capacité de l’Allemagne à surmonter les difficultés, il a cependant concédé que le monde était devenu "plus instable et plus rude".
Cependant ING semble décidément bien pessimiste pour ce qui est du volet emploi du problème allemand. En plus des problèmes déjà évoqués, il sera bientôt question de s’attaquer à "l’inadéquation croissante entre les postes vacants et les demandeurs d’emploi." Seule pointe d’optimiste dans les propos de Carsten Brzeski, la " dégradation du marché du travail devrait être progressive, de sorte que la croissance des salaires réels devrait rester positive en 2024".
Les mauvais augures sont bien plus nombreux néanmoins, que ce soit " les entreprises de l’industrie manufacturière et des services [qui] ont réduit leurs plans de recrutement depuis l’été, les faillites [qui] ont progressivement augmenté" ou "la transition structurelle [qui] est loin d’être terminée". Un point de vue qui était partagé dès la mi-décembre par Clemens Fuest, président de l’institut de recherche économique IFO, qui juge que "l’économie est faible, et nous attendons une reprise qui ne vient pas". Un redémarrage de la plus importante économie européenne qui reste incertain en raison des problématiques liées au budget, aux prix élevés de l’énergie ou encore à la très forte dépendance aux exportations vers la Chine et les États-Unis.
Dépendance
Symbole des défis à accomplir pour l’Allemagne, Clemens Fuest notait récemment que "l’indice du climat des affaires a sensiblement baissé. Les entreprises ont estimé que la situation actuelle de leurs affaires était nettement moins bonne". En parallèle il s’avère que leurs "carnets de commandes continuent de se dégrader dans l’ensemble". La situation est un peu meilleure en ce qui concerne le secteur des services, dans lequel le climat des affaires s’est légèrement amélioré récemment. Les acteurs du secteur se montrant " moins sceptiques quant à leurs perspectives pour les six prochains mois ". Loin de la morosité ambiante dans le secteur de la construction, où " l’indice du climat des affaires est tombé à son niveau le plus bas depuis septembre 2005 " et où près "d’une entreprise sur deux s’attend à ce que les affaires se détériorent encore dans les mois à venir".
Pour un Olaf Scholz qui a vu sa coalition survivre à une fin d’année compliquée, il vaudrait mieux que les difficultés extérieures ne s’ajoutent pas à celles intérieures. Il aura un œil attentif sur la situation chinoise, puisqu’au-delà des messages rassurants de Pékin il est pour l’heure difficile de savoir ce qu’il va survenir en 2024 pour l’Empire du Milieu. Les chiffres en date du début 2023 faisaient état d’échanges commerciaux avec la Chine qui représentaient près de 20 % du total allemand.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

