Macro-économie / Taux / croissance / PIB mondial / fmi / Pierre-Olivier Gourinchas
Macro-économie / Taux
croissance / PIB mondial / fmi / Pierre-Olivier Gourinchas
Le Fonds monétaire international relève sa prévision de croissance mondiale / La résilience de l’économie américaine fait la différence
"L’économie mondiale entame sa descente finale vers un atterrissage en douceur, avec une inflation en baisse constante et une croissance qui se maintient". Voilà le message qu’a souhaité faire passer Pierre-Olivier Gourinchas, chef économiste du Fonds monétaire international (FMI), à l’occasion de la publication du nouveau jeu de prévisions de l’institution de Washington.
Elle a révisé à la hausse de 0,2 point de pourcentage sa prévision de croissance pour le Produit intérieur brut (PIB) mondial en 2024 : elle devrait s’établir à 3,1 % (et à 3,2 % en 2025). "La projection de la croissance mondiale en 2024 et 2025 est inférieure à la moyenne annuelle historique (2000 – 2019) de 3,8 %, en raison du durcissement des politiques monétaires et du retrait de dispositifs d’appui budgétaire, de même que la faiblesse de la croissance tendancielle de la productivité", note toutefois le Fonds.
Pour justifier la révision à la hausse en 2024, Pierre-Olivier Gourinchas a indiqué que "l’activité mondiale [avait] bien résisté au second semestre de l’année dernière". Du côté de la demande, l’augmentation des dépenses privées et publiques a soutenu l’économie, malgré des conditions monétaires strictes. Concernant l’offre, l’augmentation du taux d’activité (participation au marché du travail), l’atténuation des tensions affectant les chaînes d’approvisionnement et la baisse des prix de l’énergie et des matières premières ont favorisé la croissance.
Dans le détail, parmi les plus grandes économies du globe, ce sont les États-Unis, soit un quart du PIB mondial, qui ont vu leur croissance être le plus révisée à la hausse (+0,6 point), elle devrait atteindre 2,1 %. La Chine et l’Inde, elles aussi, devraient croître plus rapidement que prévu (+0,4 point et +0,2 point respectivement pour s’afficher à 4,6 % et 6,5 %).
À l’inverse, "en raison du peu de confiance des consommateurs, des effets persistants des prix élevés de l’énergie, et de la faiblesse des investissements des entreprises et de l’industrie manufacturière compte tenu de leur sensibilité aux taux d’intérêt", la zone euro a connu des difficultés au second semestre 2023, de sorte que le FMI a révisé à la baisse de 0,4 point sa prévision pour 2024 (0,5 %). Le Fonds prévoit que le PIB français progressera de 1 % cette année (soit 0,3 point de moins que ce qu’il anticipait jusqu’alors).
A noter que les aléas entourant les prévisions du FMI en matière d’activité économique sont équilibrés, a fait savoir Pierre-Olivier Gourinchas (la probabilité de connaître une croissance inférieure au scénario central est la même que celle de connaître une croissance supérieure). "La désinflation pourrait survenir plus rapidement que prévu, en particulier si les tensions sur le marché du travail se relâchaient davantage et si les prévisions d’inflation à court terme continuaient de diminuer, ce qui permettrait aux banques centrales d’assouplir leur politique plus tôt", a pointé le Français, qui a également cité, comme aléa haussier, la possible augmentation des dépenses publiques au cours de ce qui est la plus grande année électorale mondiale de l’histoire.
A contrario, "les marchés semblent excessivement optimistes quant aux perspectives d’une réduction rapide des taux d’intérêt. Si les investisseurs devaient revoir leur position, les taux d’intérêt à long terme augmenteraient, ce qui exercerait une nouvelle pression sur les gouvernements pour qu’ils mettent en œuvre un assainissement budgétaire plus rapide qui pourrait peser sur la croissance économique", a déclaré Pierre-Olivier Gourinchas.
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