Entreprises / Actions / Capgemini
Entreprises / Actions
Capgemini
Capgemini est en train de réussir son « soft landing » / En attendant que l’IA générative produise ses effets
Tout n’est pas parfait dans la publication des résultats annuels du numéro un français des services du numérique. Mais que l’atterrissage de sa croissance se déroule légèrement plus en douceur que prévu, et surtout, que la manœuvre approche de la fin est sans aucun doute l’information qui prime sur toutes les autres. Elle explique d’ailleurs en grande partie pourquoi l’action Capgemini bondit mercredi de près de 5 % à la Bourse de Paris, à 216 euros, en tête des plus fortes hausses du CAC 40.
Comme prévu, la décélération progressive de la croissance du chiffre d’affaires de Capgemini, observée depuis le début de l’année, s’est poursuivie au quatrième trimestre. Un ralentissement auquel le groupe ne pouvait échapper compte tenu de la persistance des pressions macroéconomiques et du regain de tensions géopolitiques après des années 2021 et 2022 de croissance record.
Le point bas, c’est maintenant
Le chiffre d’affaires du groupe s’est établi à 5,62 milliards d’euros sur la période, quasi-stable (-0,2 %) à taux de change constants, affichant un rythme de décroissance de 0,9 % moins prononcé qu’attendu, comparé à la baisse de 1,3 % anticipée par le consensus des analystes. Mais c’est la trajectoire qui est intéressante. Si la décélération a été rapide depuis la croissance organique de 10 % du premier trimestre, passée à 4,7 % au deuxième, puis 2 % au troisième trimestre, le bout du tunnel n’est désormais plus très loin. Aiman Ezzat, le directeur général de Capgemini, est précis. Le point bas de la croissance aura lieu selon lui "au premier trimestre" a-t-il annoncé mercredi.
Un propos à lui seul rassurant pour des investisseurs qui n’aiment rien moins que l’incertitude. Et qui permet de relativiser des prévisions de croissance pour 2024 en demi-teinte. Celles-ci "sont naturellement prudentes", notent les analystes de Stifel. Capgemini anticipe pour 2024 un chiffre d’affaires dont la croissance se situerait entre 0 et 3 %, avec une contribution des acquisitions à cette croissance prévue entre 0 et 1 %.
Des marges et des cash-flow solides
Soit une croissance de 1 % au point médian, certes inférieure à celle de 2,6 % anticipée en moyenne par les analystes, mais le groupe dispose d’un réservoir de croissance encore difficilement quantifiable lié à l’intelligence artificielle. CapGemini a en effet annoncé en juillet dernier un plan d’investissement de deux milliards d’euros sur trois ans dans l’IA générative, "un enjeu fondamental pour toutes les grandes organisations", a rappelé mercredi Aiman Ezzat. Dans le cadre de cette feuille de route engagée il y a six mois, "nous continuons à renforcer nos équipes et à les faire monter en compétences, à investir dans des solutions, et à nous appuyer sur un vaste écosystème de partenaires technologiques tels que Microsoft, Google, AWS, Salesforce ou encore Mistral AI", a ajouté le dirigeant.
Le partenariat avec Mistral AI, la pépite de l’intelligence artificielle européenne qui a bouclé un second tour de financement de 385 millions d’euros en décembre dernier, date d’il y a quelques jours à peine. Capgemini compte pousser les grands modèles de langage développés par la start-up française auprès de ses clients à travers le monde. Sont notamment ciblés les secteurs réglementés et sensibles ayant des besoins précis, tels que les services financiers, l’aéronautique et la défense, les télécoms ainsi que le secteur public.
En attendant, les investisseurs peuvent se satisfaire d'une prévision de marge solide, comprise entre 13,3 % et 13,6 %, quand le consensus vise 13,4 %, et ce alors que le groupe a déjà fait mieux que prévu en la matière en 2023, avec un résultat opérationnel de 3 milliards d’euros. Sachant que les flux de trésorerie, le nerf de la guerre, ne ralentissent quasiment pas. Le free cash-flow a atteint 1,96 milliard d’euros l’année dernière, contre 1,85 milliard d’euros en 2022 et 1,78 milliard d’euros anticipé par les analystes. Et bien que la prévision pour 2024 d’un flux de trésorerie d’environ 1,9 milliard d’euros s’inscrive légèrement en deçà des attentes, "si l’on prend en compte les exercices 2023 et 2024, les perspectives de free cash-flow sont robustes ", souligne la banque Jefferies.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

