Publications, Résultats / EssilorLuxottica / optique / CAC 40 / résultats annuels / Francesco Milleri / Paul du Saillant
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EssilorLuxottica / optique / CAC 40 / résultats annuels / Francesco Milleri / Paul du Saillant
EssilorLuxottica signe un nouveau record de chiffre d’affaires, quelques efforts à fournir encore sur les marges / L'assemblée générale sera scrutée et le groupe s'y prépare
Tantôt considérée comme une valeur luxe, tantôt comme une "medtech" et parfois même comme opérant dans le secteur des services ou des biens de consommation… le groupe EssilorLuxottica peine à être rangé dans une catégorie par les analystes qui le suivent. Et pourtant, la stratégie de l'entreprise franco-italienne suit une ligne claire, articulée au plus près de son cœur de métier qu’est l’optique. Le modèle d’affaires intègre l’ensemble de la chaîne de valeur (de l’usine à la distribution) et se positionne sur plusieurs canaux de vente (en ligne, en réel, auprès des professionnels de santé ou en s’adressant directement aux consommateurs). Le tout sur un marché structurellement porteur. Près d’un tiers de la population mondiale ne corrige en effet aujourd’hui pas sa vision. Et face à son vieillissement et aux évolutions des modes de vie, le marché de l’optique pourrait jusqu’à tripler de volume d’ici à 2050.
De quoi créer de la valeur. Et de fait, EssilorLuxottica affiche une santé de fer. Le groupe co-dirigé par Francesco Milleri et Paul du Saillant a publié ses résultats annuels mercredi, après la clôture de la Bourse de Paris. Comme lors des deux exercices précédents, le chiffre d’affaires s’est apprécié de plus de 7 % à taux de change constants, à 25,4 milliards d’euros en 2023 : un nouveau record.
Les régions en développement ont été particulièrement dynamiques. La progression du volume d’affaires a atteint 9,9 % en Amérique latine et 14,3 % en Asie-Pacifique. Les zones les plus matures n’ont pas démérité, puisque l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique enregistrent une croissance de plus de 8 % sur l’année. Du côté de l’Amérique du Nord, qui porte l’essentiel des facturations (11,6 milliards d’euros), la croissance ressort toutefois plus mesurée, à hauteur de 4,2 % en 2023. Elle y a tout de même accéléré en fin d’année. Au quatrième trimestre, elle s’est affichée à près de 6 %, contre 2,1 % sur les trois mois précédents. "Un point clairement encourageant pour le premier semestre de 2024", estime le cabinet Oddo BHF.
Les marchés ne s’enchantent pas
Cependant, à la Bourse de Paris, le titre a ouvert dans le rouge : à 9 heures, il perdait près de 4 % avant d’effacer ses pertes pour revenir rapidement en territoire positif dès la fin de matinée. Une déception (somme toute relative) des marchés qui pourrait être mise en relation avec l’évolution de la rentabilité sur l’année 2023.
Il faut dire qu’EssilorLuxottica a placé la barre haut. Désormais installé à la neuvième place du CAC 40 et du haut de ses 86 milliards d’euros de capitalisation boursière, le groupe a vu la plupart de ses paramètres financiers s’apprécier de 50 % entre 2018 - année de la fusion entre Essilor et Luxottica - et 2022. Alors à l’horizon 2026, l’entreprise s’est fixée comme objectif de faire grimper son chiffre d’affaires de 5 % par année. Mais aussi que son résultat opérationnel ajusté atteigne de 19 % à 20 % du chiffre d’affaires. Des prévisions d’ailleurs réaffirmées à l’occasion de cette publication annuelle.
Mais cette année, la pression inflationniste a été conjuguée à des incidences défavorables liées aux taux de change des principales devises, ainsi qu'à des coûts à déployer pour soutenir de nouvelles initiatives. Parmi celles-ci, entre autres : la dernière génération des lunettes connectées Ray-Ban développées en partenariat avec Meta, ou encore l’annonce de l’acquisition de la start-up israélienne Nuance afin de proposer des lunettes permettant de soigner les pertes auditives légères ou modérées et, par la même occasion, de pénétrer le marché de l’audition. Le lancement est prévu pour le second semestre de 2024. Il y a aussi la dernière version des verres Varilux, celle de verres pour le contrôle de la myopie et la signature d’accords pour de nouvelles licences avec Jimmy Choo, Kodak et Moncler. La marge brute ajustée a ainsi atteint 16,09 milliards d’euros sur l’ensemble de l’année, soit 20 points de base de moins qu’en 2022 à taux de change constants. Le résultat opérationnel ajusté s’est quant à lui fixé à 4,2 milliards d’euros. Cela correspond à 16,9 % du chiffre d’affaires à taux de change constants, contre 16,8 % en 2022. Ce qui signifie donc qu’EssilorLuxottica devra accélérer sur ce plan au fil des prochaines années pour atteindre son objectif de 2026.
Pas d’inquiétude
Mais l’année 2024 devrait être témoin d’une progression davantage significative de la marge, en comptant sur les synergies offertes par l’acquisition du réseau de vente néerlandais GrandVision en 2021 et sur des effets mix et prix importants. "Certes, la société doit prouver qu’elle est en mesure de produire une augmentation plus visible de la marge mais tout considéré, elle n’a pas à souffrir de la comparaison [avec les autres valeurs luxe] au vu de la robustesse de sa croissance organique et de sa moins grande sensibilité au cycle", soutient Oddo BHF. Enfin, le résultat net, part du groupe, a atteint près de 3 milliards d’euros, soit une hausse de 9,4 %. À taux de change constants, toujours, sa marge progresse de 20 points de base, à 11,9 % du chiffre d’affaires.
En tout cas, pas de virage prévu quant à la stratégie. Parallèlement à la publication des résultats annuels, EssilorLuxottica a annoncé que le conseil d’administration avait décidé de proposer le renouvellement de tous ses administrateurs actuels en vue de la prochaine assemblée générale. Elle se tiendra à la fin du mois d’avril 2024. La durée de leurs mandats a cependant été échelonnée, ce qui permettra au conseil, à compter de 2026, "d’être partiellement renouvelé chaque année et entièrement renouvelé au terme d’une période de trois ans", a assuré le groupe.
Une assemblée générale qui devrait d’ailleurs être tout particulièrement suivie, a estimé la société d’analyse financière OFG dans son rapport annuel publié au mois de janvier, puisque l’intégralité des mandats du conseil d’administration arrive à échéance cette année. Voici les actionnaires, dont les salariés occupent la troisième place du podium, au moins déjà bien au fait de ce qui leur sera proposé.
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