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Getlink / Eurotunnel / Eleclink / résultats annuels
La diversification se traduit en records chez Getlink / Les performances d’ElecLink sont déjà au rendez-vous
Une stratégie de diversification qui paye. "En 2023, Getlink a atteint des résultats inégalés", s’est félicité ce jeudi matin Yann Leriche, directeur général du groupe.
L’année dernière, l’entreprise a franchi plusieurs records. Le premier est son chiffre d’affaires qui a atteint 1,829 milliard d’euros, du jamais vu pour Getlink. Le second est son excédent brut d’exploitation (Ebitda), qui s’affiche désormais à 979 millions d’euros, en hausse de 11 % sur un an. À noter également la croissance spectaculaire, de 30 % par rapport à 2022, du résultat net consolidé qui s’est établi ainsi à 326 millions d’euros. " Cette performance est le résultat d’une diversification réussie dans le monde de l’énergie tout en continuant à gérer nos infrastructures. Mais cela est dû aussi à notre volonté de placer toujours nos clients au centre de notre action ", a-t-il déclaré lors d’un point presse.
Un trafic encore inférieur à 2019
Dans le détail, Eurotunnel, qui fêtera ses 30 ans cette année, reste la locomotive du groupe avec un chiffre d’affaires en progression de 8 % à 1,121 milliard d’euros. L’Ebitda est quant à lui en légère baisse (-1 %) à 582 millions d’euros, du fait notamment d’un mix énergétique défavorable et de la pression inflationniste. "Notre facture énergétique a augmenté de 57 millions d’euros l’année dernière, soit un doublement du prix payé en 2022", a précisé la directrice administrative et financière de Getlink, Géraldine Périchon.
En cause, également, l’effet du dumping social de la part de ses concurrents maritimes, cela n’empêche pas cependant le taux de satisfaction clients de Getlink de progresser. "Le trafic passager n’est pas encore revenu à son niveau pré-pandémique. Nous sommes encore à environ 15 % en deçà des niveaux de 2019 ", a fait remarquer Yann Leriche.
Un premier succès pour ElecLink
C’est surtout la première année d’exploitation pleine d’ElecLink (interconnexion électrique entre la France et la Grande-Bretagne) qu’il faut souligner, le chiffre d’affaires atteignant 558 millions d’euros en 2023 (dont la moitié provient de la vente aux enchères), contre 420 millions d’euros un an plus tôt, tandis que son Ebitda s’élève à 368 millions d’euros.
Les performances d’Europorte restent quant à elles stables sur un an, l’activité s’étant montrée résiliente malgré les mouvements de grève de la SNCF rencontrés au premier trimestre.
Des Capex records
Ce faisant, Getlink dispose de 638 millions d’euros de trésorerie disponible. "Elle est en baisse de 76 millions d’euros par rapport à 2022 du fait de nos besoins en fonds de roulement sur Eleclink", a justifié la directrice financière. La dette nette du groupe s’est améliorée de 6 %, atteignant désormais 3,6 milliards d’euros. De quoi permettre au groupe de se montrer généreux avec ses actionnaires, un dividende de 0,55 centime d’euro par action (+10 % sur un an) sera proposé lors de l’assemblée générale du 7 mai prochain.
Mais l’année 2023 aura été marquée par un autre record, et non des moindres, à savoir le montant d’investissements engagés (Capex). Ainsi, 159 millions d’euros ont été injectés notamment dans la rénovation des trains de passagers et dans la préparation (réaménagement des terminaux et investissements numériques) à la future réglementation EES, le nouveau système de frontières intelligentes de l’Union européenne qui sera mis en service en octobre prochain.
De bonnes nouvelles en perspective
Dans ce contexte, Getlink aborde l’année 2024 avec confiance. Il faut dire que plusieurs indicateurs sont au vert. "Il s’agira d’une année de transition avec une réglementation qui va évoluer : les pouvoirs publics français et britanniques ont en effet légiféré sur les salaires des employés en mer, nous attendons les décrets d’application qui devraient nettement réduire l’effet de dumping social. Sans oublier que la taxe carbone européenne aux frontières dans le secteur maritime est entrée en vigueur le 1er janvier dernier ", a expliqué Yann Leriche.
Autre bonne nouvelle : au 19 février, 71 % de la capacité du câble pour 2024 étaient déjà vendues, soit 292 millions d’euros de chiffre d’affaires d’ores et déjà sécurisés. Pour cette année, l’objectif d’Ebitda est attendu entre 780 et 830 millions d’euros.
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