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Banques / la banque postale / plan stratégique / résultats annuels / La Poste / CNP Assurances

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Pas de changement de cap pour Stéphane Dedeyan à La Banque Postale / La mise en musique d’une stratégie qui a convaincu

À l’occasion de sa première présentation des résultats annuels du groupe, le nouveau président du directoire de La Banque Postale a partagé sa feuille de route. Aucun revirement stratégique n’est ainsi attendu, le cap étant de poursuivre et de mettre en œuvre concrètement la stratégie imaginée et entamée par son prédécesseur, Philippe Heim. Objectif ? Équiper les clients avec une large gamme de produits capable à la fois de financer leurs projets mais aussi de les protéger.
Stéphane Dedeyan, président du directeur de La Banque Postale (©La Banque Postale)
Stéphane Dedeyan, président du directeur de La Banque Postale (©La Banque Postale)

Pour sa première déclaration officielle depuis sa nomination à la tête de la Banque Postale en octobre dernier, Stéphane Dedeyan a eu la tâche facile. Les résultats financiers de son groupe pour 2023 sont bons. Le bénéfice net s’est envolé de 36,2 % sur un an à 995 millions d’euros tandis que son produit net bancaire (PNB, équivalent du chiffre d’affaires pour la banque) est ressorti en hausse de 16,7 % à 7,26 milliards d’euros. "Une performance qui atteste d’une bonne stratégie tirée par le pôle Bancassurance France (et notamment CNP Assurances) qui représente 68 % du PNB des métiers ", a indiqué le nouveau patron de la Banque Postale.

 

Une performance remarquable de la BFI

 

De fait, les bénéfices de cette ligne de métiers ont bondi de 51,4 % par rapport à l’année précédente à 434 millions d’euros, pour un PNB en progression de 14,8 % à 5,393 milliards d’euros.

L’on notera également les performances de la banque de financement et d’investissement (BFI), seulement deux ans après son lancement. Certes, son bénéfice net est en recul de 2,8 % mais il s’élève tout de même à 207 millions d’euros. " Il faut rappeler que notre BFI trouve son financement dans les dépôts à vue et non sur les marchés. Il ne faut donc pas la comparer avec les BFI des autres grandes banques ", a commenté Stéphane Dedeyan.

 

Des dépôts à vue impactés par la hausse des taux

 

Quelques ombres au tableau sont cependant constatées, comme l’activité commerciale du groupe en banque de détail en France. Pénalisée par la hausse des taux d’intérêt, de l’épargne réglementée et par l’application du taux d’usure, celle-ci voit la production totale de crédits immobiliers chuter de 46 % sur un an, soit plus que le marché (-41 %) pour s’établir à 8,1 milliards d’euros en 2023. De plus, le crédit à la consommation est lui aussi en retrait, de 1 %, avec une production de 2,6 milliards d’euros l’année dernière, si bien que la marge nette d’intérêts du groupe s’est érodée (- 348 millions soit -17 %).

Et autre conséquence de la montée des taux, les dépôts à vue chutent de 6,3 % sur un an à fin décembre 2023, une baisse toutefois moins marquée que pour le marché (-12,2 %). Une tendance qui pourrait d’ailleurs perdurer cette année car même si les taux d’intérêt doivent légèrement baisser en 2024, le taux de l’épargne réglementée restera quant à lui inchangé jusqu’à janvier 2025, ce qui n’est pas une bonne nouvelle pour les ressources de la banque.

 

Pas de nouveau plan stratégique à l’agenda

 

Mais la première conférence de presse de l’ancien directeur général de CNP Assurances fut aussi l’occasion pour lui de présenter sa feuille de route. Et à ce sujet, pas de changement stratégique en perspective. Au contraire, l’objectif est le déploiement des ambitions de son prédécesseur, Philippe Heim. "Notre cap stratégique ne change pas. Nous souhaitons poursuivre notre ambition d’offrir la meilleure bancassurance à nos clients. Il s’agit donc aujourd’hui de la mettre en œuvre de façon opérationnelle afin de créer de la valeur ", a déclaré Stéphane Dedeyan.

Pour mémoire, si Philippe Heim n’est resté que trois ans à la tête de la Banque Postale, son bilan est, de fait, plutôt riche. C’est sous sa direction que le groupe a été profondément transformé dans l’optique de devenir un modèle européen de bancassurance. Un objectif qui se sera traduit par la prise de contrôle à 100 % de CNP Assurances et par l’acquisition de la société de gestion La Financière de l’Echiquier. Une stratégie qui profite aux finances du groupe aujourd’hui. "Cette stratégie nous enthousiasme", a confirmé le nouveau président du directoire de La Banque Postale qui voit désormais deux axes de déploiement.

 

Une offre multi-équipements

 

D’abord, le renforcement des fondamentaux dans la banque en s’appuyant à la fois sur le digital et sur son réseau territorial (17 000 points de contact dont 7 000 bureaux de poste) pour conquérir de nouveaux clients. "L’idée est d’accélérer l’omnicanalité de notre offre afin de rendre nos services encore plus accessibles. Aujourd’hui, le nombre de produits par client est inférieur à deux. Notre objectif est donc de les accompagner dans leurs moments de vie grâce à une offre multi-équipements (assurance, crédit à la consommation, compte bancaire, crédit immobilier) ", a expliqué le directeur général adjoint du groupe La Poste.

L’autre axe sera le développement des leviers de croissance et de diversification. "La BFI sera plus proche des collectivités locales et des entreprises tandis que la gestion de fortune en propre sera développée. En parallèle, CNP Assurances activera des relais de croissance supplémentaires en Europe et en Amérique et mettra davantage à profit son partenariat avec La Banque Postale ", a détaillé Stéphane Dedeyan, qui a annoncé vouloir, en outre, poursuivre les efforts d’efficacité opérationnelle entrepris par son prédécesseur (- 125 millions d’euros effectués en 2023), en engageant un nouveau plan d’économies de 200 millions d’euros pour 2024. Cela se traduira notamment par une réduction de 30 % du budget d’investissement dans les nouveaux projets informatiques et technologiques et le projet de cessation des activités de Ma French Bank.

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