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Professions financières / directeurs financiers / externalisation / FTI Consulting

Professions financières
directeurs financiers / externalisation / FTI Consulting

Externaliser les services financiers, une fausse bonne idée ? / Des avantages qui ne font pas forcément le poids face à la sensibilité des données

Alors que l’année 2024 devrait encore mettre les directions financières à l’épreuve, une étude de FTI Consulting qui leur est dédiée remarque que l’externalisation des services financiers commence à gagner en popularité. S’il est vrai qu’elle permet de réduire les coûts et de s’attacher des expertises externes (permettant aussi d’avoir de plus amples marges de manœuvre en interne), reste que les données en jeu sont particulièrement sensibles. Et qu’en cas d’imprévu, les impacts peuvent se révéler difficiles à gérer.
(Photo by MIGUEL MEDINA / AFP)
(Photo by MIGUEL MEDINA / AFP)

Le programme des directions financières s’annonce chargé en 2024. Croissance économique qui ne devrait pas faire d’étincelles, risques géopolitiques, environnement technologique en pleine émulation… le dernier rapport sur les directeurs financiers (ou Chief Financial Officer, CFO) du cabinet FTI Consulting l’assure. L’année 2024 sera charnière.

Une étude qui met d’ailleurs en lumière un phénomène qui semble prendre son essor : celui de l’externalisation des fonctions de finance. "Les directeurs financiers semblent s’intéresser de plus en plus à l’externalisation dans le domaine financier, une stratégie qui peut offrir des avantages significatifs mais aussi présenter des risques potentiels", annonce-t-il.

 

Précision et conformité

 

Car de fait, dans un contexte économique incertain, l’externalisation permet au moins de réduire les coûts et d’améliorer dans certains cas la qualité des services. D’une part, cela permet de diminuer les coûts opérationnels et donc d’offrir davantage de flexibilité pour allouer les ressources avec plus d’efficacité. D’autre part, externaliser à des spécialistes d’un certain domaine permet aussi aux CFOs de mieux tirer parti de leurs propres connaissances sans avoir à en développer d’autres en interne.

"Cette spécialisation peut améliorer la précision, la conformité et l’efficacité des opérations financières. En outre, grâce à l’externalisation, les entreprises peuvent adapter rapidement leurs opérations aux exigences du marché sans avoir à étendre ou réduire leurs équipes internes", estime l’étude. Ce sont évidemment les tâches dites "de routine" qui sont pointées du doigt, à l’instar du traitement des salaires, de la gestion des impôts et des taxes ou encore de l’information et de l’environnement. Les trois principaux domaines de la finance externalisée s’organisent ainsi comme suivant : la comptabilité générale (à 33 %), le crédit et le recouvrement (30 %) et la comptabilité fournisseurs (30 %).

 

En fonction des revenus

 

Les tendances diffèrent bien sûr selon la stature des revenus de l’entreprise. Dans celles dont le chiffre d’affaires est compris entre 1 milliard et 5 milliards de dollars, la comptabilité générale est par exemple externalisée à 46 %. Chez celles dont les facturations excèdent 5 milliards de dollars, la proportion retombe à 34 %. Il est d’ailleurs intéressant d’observer que d’une manière générale, les entreprises générant le moins de revenus du panel (inférieurs à 100 millions de dollars) sont celles qui ont le moins recours à l’externalisation de leurs services financiers.

Pour autant, l’étude rappelle qu’externaliser ce type de service présente un inconvénient d’envergure : celui de compromettre des informations financières sensibles. Et dans la mesure où la protection des données serait inadéquate du côté des fournisseurs de services externes, la probabilité d’une fuite de celle-ci et de l’impact qu’elle aurait sur la réputation et sur les finances d’une entreprise augmentent significativement. Et puis, "la dépendance à l’égard d’entités externes peut potentiellement conduire à une perte de contrôle sur les finances et les opérations de l’entreprise, ce qui entrave la réactivité et l’efficacité d’une société", pointe le rapport de FTI Consulting.

 

Faire ses choix

 

À chaque entreprise, donc, de procéder à son propre arbitrage. Entre l’évaluation de l’importance stratégique de chaque fonction, de son alignement sur les objectifs de l’organisation, des coûts de transitions, c’est à une analyse coûts-risques-avantages classique qu’il faudra procéder, analyse le cabinet. De plus, lorsque les fonctions financières sont gérées en externe, "il peut y avoir une perception de perte de contrôle sur les transactions financières, ce qui pourrait affecter la capacité de l’organisation à maintenir une visibilité en temps réels sur ses données financières", souligne l’étude.

Pour remédier à cela, des accords contractuels définis et précisant les attentes en matière de respect de la vie privée, de conformité aux réglementations en vigueur et de sécurité de données devront être bien scellés en amont, remarque le rapport. Ce qui semble d’autant plus important que dans la zone EMEA, les risques de cyberattaques sont désignés par 74 % des répondants comme étant l’un des principaux défis auquel s’attendre en 2024.

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