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Coronavirus : quelles conséquences pour les DAF

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coronavirus Coronavirus : quelles conséquences pour les DAF ?

CORONAVIRUS. Sans surprise, les directeurs financiers sont bien plus inquiets pour la rentabilité de leur entreprise depuis que la crise liée à la pandémie a frappé. Leur principale crainte concerne les risques d'impayés, selon une étude menée par Euler Hermes.
La Défense
La Défense

Les directeurs financiers européens se sont trouvés en première ligne face aux difficultés qu'ont rencontré leurs entreprises, grosse ou petite, depuis le début de la pandémie. Euler Hermes a justement réalisé une étude sur le ressenti des DAF (en France, Royaume-Uni, Italie et Allemagne) quant à l’avenir. Si, en début d'année, deux tiers de ceux-ci prévoyaient une amélioration de la rentabilité et du chiffre d’affaires de leur société et 70 % se sentaient confiant ou optimiste, en particulier pour les grandes entreprises, tout cela a bien changé avec la crise.

L'épidémie et ses conséquences économiques ont ainsi eu un réel impact, notamment sur le moral des DAF. Alors qu’ils étaient 50 % à être confiants avant la crise, ils ne sont plus que 36 % à se dire optimistes. À l’inverse, les "stressés" ont doublé, passant de 19 % à 32 %, et les "craintifs" ont triplé, passant de 9 % à 23 %. En effet si comme le dit Fabrice Levy, DAF chez Uberall, "à un moment donné, tout va se normaliser. À cet instant, vous reprendrez votre stratégie pour l’exécuter tout simplement", il n’en reste pas moins vrai que la route reste longue, et cela influe fortement sur les préoccupations des DAF. Les auteurs envisagent "un retour au niveau de production d’avant la crise qui ne serait visible qu’à partir de 2022". Ils prévoient par ailleurs "une contraction du PIB mondial, estimée à ce jour à -4,7 % pour l’année 2020".

Toutefois, il reste des raisons d'être optimiste selon les directeurs financiers, et notamment le fait qu'ils pourront s'appuyer sur l'accélération des nouvelles technologies. Au cours de l'année écoulée, les répondants de l'étude ont affirmé qu'elles avaient eu l'effet positif le plus important, avant l'accès au financement et la croissance économique. Près de 78 % des directeurs financiers ont indiqué que les nouvelles technologies avaient eu un impact positif sur leur entreprise en 2019, et 73 % ont déclaré être très confiants quant à leur impact potentiel futur. Ce sentiment ne semble pas avoir changé : 75 % des DAF interrogés pots-Covid ont déclaré que les nouvelles technologies auraient un impact positif sur leur entreprise. 

Cependant, on note un changement dans leurs priorités : concernant les nouvelles technologies, "leur mise en place peut être temporairement retardée, au profit d’autres priorités de court terme. Avant la crise, la technologie numérique était considérée prioritaire dans le plan d’investissement des entreprises (pour 22 % des répondants)". Désormais, c'est le fonds de roulement qui est devenu la première priorité d'investissement, (30 % contre 21 % pour le digital après la crise). Ce n'est pas l'unique facteur, il faut aussi prendre en compte qu'il peut être difficile pour les entreprises de mettre en place des nouvelles technologies avec des flux de trésoreries limités, ce qui s'avère d'autant plus dur pour les PME.

En cette période post-Covid-19, la priorité des DAF, en matière de préoccupation, est de gérer les risques d'impayés. Ce risque s'est fortement aggravé avec la crise étant donné les nombres d'entreprise en difficultés financières. Eva Kienle, DAF chez SDAX listed business en Allemagne explique aussi un risque d'effet domino : "Si une entreprise fait faillite, très souvent, elle provoque la faillite d’autres entreprises. Prenons l’exemple d’un hôtel où les clients ne viennent plus. Alors il ne peut plus payer ses fournisseurs (prestations de nettoyage, fournisseurs d’alimentation…) et il n’a plus les moyens de payer son loyer. Cela aura des répercussions sur beaucoup d’entreprises, y compris les banques. Si une banque est trop petite et qu’elle subit des problèmes similaires avec d’autres clients, alors il est possible qu’elle-même fasse faillite. Le fait que les clients ne séjournent plus à hôtel, ce n’est pas uniquement un problème pour l’hôtel, mais pour toute la chaîne d’approvisionnement".

Dans cette priorité financière d'assurer les fonds de roulement, la plus grosse crainte des directeurs financiers reste les retards de paiement. Ils sont 65 % à signaler avoir fait l'objet au moins d'un impayé par semaine au cours des mois de mars et avril 2020. Cette situation s'étant aggravée puisqu'ils étaient 44 % avant la crise. Cette préoccupation touche aussi bien les grandes que les petites entreprises, les projets étant de différentes échelles. Tant que le fonds de roulement n'est pas a minima assuré aux yeux des DAF, la remise à niveau technologique des organisations risque d'être ralentie, en particulier pour les PME ne possédant pas autant de fonds que de grandes entreprises. Il serait donc nécessaire d'accompagner ces entreprises pour qu'elles puissent faire face à une éventuelle future crise ou deuxième vague, et ainsi assurer la continuité de l'activité économique le cas échéant.

 

 

 

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