WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Professions financières / Weil Gotshal & Manges / Portrait / Avocat / Restructuring / Private equity / Journée de la femme

Professions financières
Weil Gotshal & Manges / Portrait / Avocat / Restructuring / Private equity / Journée de la femme

exclusif Comment le cabinet Weil se distingue sur le marché du restructuring / Une pratique historique et aussi féminine

EXCLUSIF. Si la restructuration des entreprises est l’une des marques de fabrique historiques du cabinet d’avocats d’affaires Weil Gotshal & Manges, la firme a su nommer à la tête de la pratique, aux côtés de Jean-Dominique Daudier de Cassini, deux femmes, Anne-Sophie Noury et Céline Domenget-Morin, qui vient de rejoindre le cabinet. Et les deux associées n’ont rien à envier à leurs confrères masculins, les plus beaux dossiers de place de ces dernières années leur ayant été confiés. Sans oublier que le bureau de Paris, qui vient de fêter ses 20 ans, est dirigé par une spécialiste du private equity, Emmanuelle Henry.
Emmanuelle Henry, Anne-Sophie Noury et Céline Domenget-Morin (©Weil Gotshal & Manges)
Emmanuelle Henry, Anne-Sophie Noury et Céline Domenget-Morin (©Weil Gotshal & Manges)

Dans l’univers des cabinets d’avocats d’affaires parisiens, Weil Gotshal & Manges détonne. D’abord, c’est le plus français des grands cabinets américains. Il est né de la fusion, en 2003, avec le cabinet français Serra, Leavy & Cazals, quand la plupart des autres firmes anglo-saxonnes ont le plus souvent décidé d’ouvrir un bureau à Paris.

 

Une spécialiste du private equity à sa tête

 

Ensuite, il est dirigé, depuis 2020, par une femme : Emmanuelle Henry, 53 ans, associée historique au sein du département Corporate. "Ma succession à Stéphane Chaouat, qui avait décidé de rejoindre le cabinet Quinn Emanuel pour prendre la tête de la pratique fiscale, s’est faite très naturellement. Notre cabinet a la particularité de ne pas être hiérarchisé, nous considérons que tous les avocats peuvent se saisir de sujets d’intérêt commun. Par ailleurs, j’étais déjà très impliquée sur des sujets de management tels que le recrutement ou la formation des collaborateurs", relate à WanSquare la managing partner.

Passée chez Siméon & Associés et Linklaters, cette HEC exerce dans le domaine du private equity, des fusions-acquisitions et le droit des sociétés. "Une pratique encore très peu féminisée et qui n’évolue malheureusement pas beaucoup sur le sujet ", constate-t-elle. Cela n’empêche pas pour autant quelques des plus grands fonds tels qu’Ardian, Providence, Permira, CVC ou encore PSG Equity de lui faire confiance pour leurs transactions. "Mais je m’intéresse aussi beaucoup au secteur public. Je fus par exemple le conseil de Bpifrance sur des aspects Corporate", souligne-t-elle.

 

Une nouvelle génération

 

Certes, dans un cabinet où sur 23 associés, seules cinq sont des femmes, Emmanuelle Henry pourrait alors faire figure d’exception. Et pourtant, Weil Gotshal & Manges possède aussi une autre particularité. L’équipe restructuring, la plus importante sur le marché français, composée de 15 avocats et dont le cabinet est l’un des pionniers à Paris, est pilotée par trois associés, dont deux femmes, ce qui est rare dans ce domaine financier.

Ainsi, aux côtés de l’une des "stars" de la pratique, l’ancien président de l’Association pour le Retournement des Entreprises (ARE), Jean-Dominique Daudier de Cassini, 67 ans, qui a effectué une grande partie de sa carrière chez Borloo & Associés - un cabinet de référence dans le domaine du droit de l’insolvabilité et des restructurations d’entreprises en France et dont il a dirigé le département restructuring en 1987-, officient donc Anne-Sophie Noury et Céline Domenget-Morin.

Anne-Sophie Noury, 43 ans, est présente au sein du cabinet Weil depuis 2008, date à laquelle elle a débuté comme collaboratrice. Ancienne élève d’HEC, elle aussi, et du cabinet Linklaters, elle possède à la fois un profil financier et une formation juridique. "Un atout qui me permet de comprendre toutes les problématiques d’un dossier comme les besoins de financement, d’augmentation de capital au-delà de la restructuration seule. Cette formation m’offre une vision transversale des dossiers que j’ai à traiter ", nous explique-t-elle. Aujourd’hui, Anne-Sophie Noury est considérée comme l’une des praticiennes les plus éminentes en matière de restructuration sur le marché français et déploie son expertise dans le cadre d’opérations de LBO en difficultés, de procédures de sauvegarde, de redressement judiciaire et de liquidation, aussi bien en France que sur des dossiers transfrontaliers.

 

Les plus beaux dossiers de place

 

Pour preuve, ces derniers temps, elle s’est vue confier quelques-uns des plus beaux dossiers de place comme Orpea (en tant que conseil des administrateurs judiciaires), Casino (conseil de la société) ou encore Atalian (conseil des créanciers). "Ma pratique est passionnante car elle permet un lien très fort avec le dirigeant d’une entreprise qui vit une situation de crise", confie Anne-Sophie Noury.

Mais souhaitant renforcer la pratique du cabinet et lui apporter un aspect plus "créancier", afin d’"offrir à nos clients une force de frappe plus importante", indique-t-elle, l’avocate a proposé à Céline Domenget-Morin, alors associée chez Goodwin où elle dirigeait le département restructuring à Paris, de rejoindre Weil. Les deux femmes se connaissaient depuis longtemps et avaient eu l’occasion de se retrouver sur le dossier de restructuration de Vallourec. "J’étais moi aussi désireuse d’avoir une partenaire", confie celle qui est arrivée chez Weil il y a seulement quatre mois.

 

Des valeurs humaines

 

Diplômée de l’ESCP Business School, Céline Domenget-Morin, 46 ans, a hésité entre la finance et le droit. Au début de sa carrière, elle a même travaillé au sein de la banque d’affaires Lazard comme analyste financière. C’est en 2004 qu’elle fera ses premiers pas d’avocate chez Veil Jourde avant d’être promue associée quatre ans plus tard chez Bremond & Associés puis d’officier chez White & Case. "J’ai hésité à "lâcher la robe" pour devenir moi-même dirigeante d’entreprise mais ce métier m’apporte beaucoup d’adrénaline", assure à WanSquare celle qui n’hésite pas à organiser chaque jour des entretiens très matinaux avec ses clients pour faire un point sur leur dossier. "L’un des moteurs du restructuring est la notion d’urgence, de sauvetage. Il faut trouver rapidement la bonne solution pour l’entreprise en prenant en compte le contexte macro-économique dans lequel elle évolue. Cela permet de développer des intuitions. Humainement, ce métier est assez extraordinaire", poursuit-elle.

Si celle qui est membre du bureau de l’ARE s’attache à conserver la confidentialité de ses dossiers, "parce qu’une fuite dans la presse peut avoir des conséquences importantes sur l’écosystème de ses clients, et notamment s’agissant des grandes ETI ", quelques beaux faits d’armes peuvent lui être attribués. Elle a par exemple assisté un pool de banques françaises dans le cadre de la restructuration financière de Pierre & Vacances (procédure de sauvegarde accélérée intégrant la conversion en capital d’une partie du prêt garanti par l’Etat). Elle a également conseillé un autre pool de banques à l’occasion de la restructuration financière de Figeac Aéro, concomitamment à l’entrée au capital de Tikehau Ace Capital. Elle fut en outre le conseil de Stellantis dans ses négociations avec GEFCO dans le cadre de la fin de l’exclusivité ses activités logistiques de PSA, Citroën et Ford et dans la cession de sa participation minoritaire dans GEFCO à CMA CGM.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article