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La France peut se coiffer du titre de "start-up nation" / Financements, innovation dans les achats, inclusion... quelques médailles européennes à son actif

La mise en œuvre de bonnes pratiques en matière de politiques favorables aux start-ups a été passée au crible de l’Europe Startup Nations Alliance dans son dernier rapport annuel. À égalité avec l’Espagne, la France fait figure de championne sur ce plan : le résultat de plusieurs trophées raflés dans certaines catégories et d’une bonne conduite à tout point de vue, plaçant ainsi l’Hexagone bien au-dessus de la moyenne générale.
(Photo by Xose Bouzas / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)
(Photo by Xose Bouzas / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)

La France est une bonne élève lorsqu’il s’agit de cultiver son terrain pour ses entrepreneurs. Car d’après la dernière étude annuelle de l’Europe Startup Nations Alliance (ESNA), l’Hexagone se place bien en la matière par rapport à ses confrères européens. L’évaluation de cette organisation, visant à positionner l’Europe comme un leader de l’innovation et de l’entrepreneuriat a publié son état des lieux de la mise en œuvre des "normes d’excellence de l’Union européenne pour les start-ups". Soit huit critères : la facilité à créer une start-up et à entrer sur le marché, la capacité à attirer et retenir les talents, les options d’achat d’actions, l’innovation dans la réglementation, dans les achats, l’accès aux financements, l’inclusion sociale et la manière dont la numérisation des interactions entre start-ups et autorités est facilitée.

Il ressort de tout cela que la France est loin d’être mal lotie : le pourcentage de mise en œuvre de ces différents standards y a atteint 87 % en 2023. Cela la place en première position, à égalité avec l’Espagne, des 21 pays de l’Union européenne couverts par l’étude - tandis que la moyenne s’affiche à 55 %.

 

Bien au-dessus de la moyenne

 

En cause, certains scores dépassant de loin ceux de ses voisins, à l’instar de l’inclusion sociale, de la diversité et de la protection des valeurs démocratiques. Alors que le pourcentage moyen de déploiement de ce critère ne s’élève qu’à 29 % en moyenne, il s’affiche à 96 % en France. Deux raisons à cela : il y a d’un côté les incitations et actions en direction des start-ups pour promouvoir la diversité et de l’autre les initiatives mises en place pour encourager les créateurs d’entreprises issus des milieux moins favorisés à passer à l’action.

À titre d’exemple, il est par exemple possible de citer le Pacte Parité, lancé en mai 2022 par la Mission French Tech, visant "à agir concrètement sur des problématiques structurelles sur les volets de gouvernance, management, recrutement, représentation et parentalité", explique-t-elle. Il y a aussi le programme "Entrepreneuriat pour tous" déployé par Bpifrance depuis 2019 grâce aux financements de l’État et de la Banque des Territoires. Il a par exemple permis d’accélérer plus de 2 500 projets d’entrepreneurs jusqu’en 2023. Au mois d’octobre dernier, le programme "Entrepreneurs Quartiers 2030" a pris le relais. Il sera doté de 456 millions d’euros sur quatre ans.

 

Financer et faciliter le reste

 

Autre point sur lequel la France se distingue : celui de l’accès aux financements. Le standard est déployé à 100 % dans l’Hexagone, comme en Belgique et en Espagne, au travers des fonds publics, de mesures d’allègement fiscales et du soutien aux investisseurs. La moyenne retombe quant à elle à 55 %.

Du côté de l’innovation dans les achats, la France se place aussi dans le haut du panier avec un score de 87 % (juste derrière la Lituanie, à 88 %), contre une moyenne à 62 %. C’est le résultat de la moyenne de quatre facteurs. Tout d’abord, celui de l’avantage offert aux start-ups et scale-ups dans les chaînes d’approvisionnement des acteurs publics ou des services d’achats des grands groupes. Sur ce plan, il est par exemple possible de citer l’initiative "Je choisis la French Tech", toujours portée par la Mission French Tech et ayant pour but de doubler le recours aux start-ups par les acteurs publics et privés.

 

Rester propriétaire

 

Deuxièmement, il y a le droit de la propriété intellectuelle et la capacité des start-ups à en être les maîtres. Un facteur important pour la croissance des jeunes pousses, rappelle l’ESNA : "Le transfert des droits à une société contractante peut avoir un effet dissuasif sur la participation des start-ups, dont les efforts intensifs pour développer des solutions innovantes doivent être sauvegardés et préservés". À ce sujet, les start-ups tricolores font d’ailleurs partie des figures de proue européennes des demandes d’enregistrement de brevets et de marques en Europe.

Ensuite, il y a le fait de favoriser les échanges de technologies. Et, enfin, de créer des ponts entre la recherche, le savoir, les entreprises et la commercialisation : un point critique pour le développement des solutions innovantes, rappelle l’ESNA, et tout particulièrement du côté des start-ups qui créent des innovations de rupture (les deeptech). Sur ce plan, le secteur peut au moins compter sur le soutien public, au regard du Plan Deeptech de Bpifrance ou, encore, de la création d’un programme dédié à ces start-ups par Bercy au mois de juin dernier, French Tech 2030.

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